Test de Kôna un jeu captivant Test

Test de Kôna, un jeu captivant


Test de Kôna

Kôna est un jeu vidéo d’enquête se déroulant au Québec et développé par des québecois. Succès lors de sa phase Early Access sur Steam, le jeu est désormais disponible sur PC et consoles. Ce titre indépendant a-t-il assez d’arguments pour nous faire affronter le froid glacial du Québec ? La réponse avec notre test.

Kôn-ami !

Dans Kôna, le héros se nomme Carl Faubert. Un privé, ancien soldat qui a fait la Guerre de Corée (25 juin 1950 au 27 juillet 1953). Habitué aux petits boulots, il est sur une nouvelle affaire. Nous sommes à l’hiver 1971 et nous allons vers le Lac Atâmipêk. Comme l’explique la voix off, cette affaire n’emballe guère notre détective privé. Mais il faut bien payer les factures. Il a rendez-vous avec un certain W.Hamilton, dans un magasin vandalisé. La communauté, dont W.Hamilton est un membre éminent, est victime de nombreux vols. Mais avant son arrivée Faubert est victime d’un accident de voiture. Il doit survivre avant d’aller à son rendez-vous. Un retard qui montre que la survie sera au cœur du jeu, et qui nous fait arriver sur les lieux d’un meurtre et non d’un acte de vandalisme. C’est ainsi que commence votre enquête !

Oui, VOTRE enquête. Kôna place le joueur dans un monde semi-ouvert et c’est au joueur d’explorer pour mieux comprendre ce qu’il s’y passe. Bien entendu, il y a une trame principale à respecter et il faut trouver 4 « informations » primordiales pour pouvoir avancer vers la fin du jeu. Mais c’est à vous de trouver ces infos. A vous de définir l’ordre par lequel vous attaquez cette affaire. A vous, aussi, d’oublier certains détails intéressants. Et à vous de survivre ! Il faut également prendre de nombreuses photos pour compléter votre journal et connaître tous les détails de l’affaire. Mais trouver toutes les photos soi même n’est pas une chose aisée !

Kôna vous demande avant tout de survivre. Le froid peut vous tuer et les événements peuvent vous rendre fou. A vous de trouver des feux pour vous réchauffer et des endroits où vous abritez. Sans ça, c’est le game over assuré ! La mort de froid ou la crise nerfs. Bien entendu, il faudra trouver certains éléments pour allumez les feux. Mais aussi trouver pas mal d’objets pour pouvoir comprendre, avancer et même débloquer des abris. Un peu de crafting et beaucoup d’exploration. Voilà ce qui compose le gameplay de Kôna. Les développeurs proposent avant tout un jeu à ambiance et un jeu d’enquête/survie. Il est d’ailleurs possible de finir le jeu sans tirer un coup de feu ou sans même utiliser une seule arme ! Alors certains joueurs trouveront le rythme un poil lent et qu’il y a un manque d’action… c’est sûr qu’il ne s’agit pas d’un Tomb Raider ou d’un Call of Duty. Kôna est plus proche d’un Sherlock Holmes que d’un jeu d’action. La vue en FPS n’est là que pour vous rendre l’immersion plus facile.

Car la force de Kôna c’est de proposer une histoire prenante et captivante. S’il y a un peu de fantastique, il y a surtout une enquête. Plus on avance plus on se demande ce qu’il se passe autour du Lac Atâmipêk. Les personnages de cette histoire font que l’univers est crédible et envoûtant. On veut découvrir la vérité et aller jusqu’au bout ! Malheureusement – autant vous avertir tout de suite, d’autant plus que c’est un point noir du jeu – la fin est décevante et semble bâclée. Les 10 dernières minutes ne servent pas à grand chose et peuvent même virer au calvaire.

Car oui, si Kôna a beaucoup de qualités, il a aussi ses défauts. Commençons par l’aspect technique du jeu. Outre quelques bugs techniques (des objets avec lesquels on ne peut interagir, des objets qui disparaissent de l’inventaire, trophée bugué, …) ce sont surtout les chargements qui sont lourds. Si le jeu est en monde semi-ouvert, il y a beaucoup de chargements. A chaque changement de zone, hop un chargement ! Et puis des chargements intempestifs, brutaux et un peu longuets. Aussi, le curseur de chargement étant blanc, il est facile de ne pas le voir dans la neige et de croire que le jeu a planté. Les aller-retours étant très nombreux, les chargements sont donc très fréquents. Vraiment dommage. Ça casse le rythme et cela peut repousser certains joueurs. Les checkpoints/sauvegardes automatiques se font parfois à de mauvais moments, mais heureusement il est possible de sauvegarder soi-même et de recharger les dernières sauvegardes. Ouf.

Fargo de bois.

Le gameplay n’oblige pas aux affrontements, mais vous pouvez vous la jouer John Rambo. La majorité du temps, ce sont des loups à affronter. Malheureusement les phases d’affrontements sont imprécises et pas très agréables. On sent vraiment que ce n’est pas le but premier du jeu. Aussi, la sélection des objets à examiner est parfois, elle aussi, imprécise. En fait, dès qu’il y a plusieurs objets dans un périmètre très restreint. Idéal pour rater quelque chose d’intéressant…

L’exploration est parfois problématique. Déjà, certains objets utiles peuvent disparaître de l’inventaire… et la nuit c’est délicat de retrouver son chemin ou des objets dans la neige. Si le jeu propose une carte, celle ci n’est accessible que dans un seul des deux véhicules proposés dans le jeu. De plus, sa consultation n’est pas pratique quand on conduit ou quand on marche. On ne peut avancer et maintenir son regard sur cette map. Une option mini-map aurait été utile. Aussi, tout ce qu’on peut trouver, découvrir n’est pas marqué (ou non sélectionnable une fois découvert). De quoi s’y perdre un peu. Dommage. Un manque de lisibilité, comme dans la roue des documents. Les document que l’on trouve sont tous stockés pour une consultation ultérieure. Une bonne idée… sauf qu’à la fin la roue devient à peine lisible.

Kôna, nouveau test des ophtalmologues !

Côté réalisation sonore, Kôna est un exemple. D’une part, ce narrateur (qui a de l’humour et juge parfois les actions de Carl) est de bonne qualité. Son accent québecois et ses conseils/avertissements peuvent s’avérer utiles. Il permet également de se plonger encore plus dans l’aventure. De même, l’ambiance sonore est excellente. L’univers est totalement crédible, rien que par cette « modélisation sonore du monde de Kôna ». Les musiques s’adaptent à ce qu’il se passe. Approcher d’un danger ou être dans une phase d’affrontement impliquera un changement du thème musical. Aussi, les musiques nous proposent des compositions locales, du groupe CuréLabel, renforcent le dépaysement et le réalisme de l’univers. L’ambiance est pleine de petits détails sonores qui plongent le joueur au cœur de ce voyage glacial et plein de mystère. Comme, par exemple, un carillon qui sonne au vent, le vent qui souffle dans les feuilles, etc… Une véritable réussite !

Enfin, terminons par la réalisation graphique de ce jeu. Kôna n’est pas un « blockbuster » et ça se voit. Pour autant, le titre est joli. Une fois de plus son style et son ambiance sont travaillés par le style graphique. Le jeu est reconnaissable au premier coup d’œil ! Les développeurs confèrent au jeu un style « polar » très appréciable. Mais aussi la mise en scène et les codes de l’horreur se retrouvent dans les graphismes du jeu et sa mise en scène. De quoi proposer une ambiance multi-facette et de bonne facture.
Certains objets manquent cependant de finesse, comme les véhicules par exemple. Aussi, il est dommage de constater qu’il y a beaucoup de réutilisation d’objets. Les maisons possèdent à peu près toutes le mêmes mobiliers. On dirait un peu un village Ikéa, tout le catalogue se retrouve partout. C’est bien regrettable.

Points positifs

  • L'univers, l'ambiance
  • Durée de vie correcte
  • On mène l'enquête
  • Réalisation sonore
  • La voix-off
  • Vraiment captivant

Points négatifs

  • Les 15 dernières minutes et la fin
  • Les chargements
  • Trop d'aller-retours
  • Les affrontements, imprécis
  • Pas de version boîte

Note

Graphismes 74%
Prise en main 75%
Plaisir de jeu 85%
Durée de vie 70%
Technique 65%
Scénario 75%
Conclusion

Au final, avec ses petits airs de Fargo, ce Kôna est une excellente surprise. Une aventure prenante, captivante et assez originale. Le gameplay prône l’exploration et la survie plutôt que l’action et s’avère très facile à prendre en mains. Les développeurs de Parabole offre une superbe aventure narrative, avec un scénario de qualité et des personnages bien imaginés. Cela aurait pu être le jeu indé de l’année, malheureusement Kôna est plombé par ses nombreux chargements liés aux très nombreux aller-retours. Aussi, la fin du jeu déçoit et demeure fade en comparaison au reste du titre. Enfin, les combats sont imprécis. Des petits défauts qui pèseront lourds dans l’expérience de jeu de certains joueurs, vraiment dommage. Si vous aimez les jeu à ambiance et les histoires travaillées, alors foncez sur ce Kôna ! Si vous voulez de l’action non-stop, passez votre chemin.

Note finale 74% Captivant

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