Test Gear.Club Unlimited 3 sur Switch 2, nippon ni mauvais au final

Par Simon Delporte , le 26 février 2026 - 12 minutes de lecture

Il y a des licences cultes (Burnout, Need For Speed, Colin McRae Rally/DiRT, PGR, Midtown Madness…) qui ne bénéficient plus d’un nouvel opus. A l’inverse, certaines licences récentes font leur trou et bénéficient d’épisodes réguliers. C’est le cas de Gear.Club (Unlimited). Ainsi, Eden Games vient de lancer Gear.Club Unlimited 3 en exclusivité temporaire sur Nintendo Switch 2. Le jeu se veut plus ambitieux et plus fun. Mais est-ce vraiment le cas ? La réponse avec notre test !

Gear.Club Unlimited 3, “Nacon-mense” à bien faire.

Eden Games est un studio français fondé en 1997 et qui s’est rapidement fait une solide réputation grâce à sa licence V-Rally. Puis ensuite avec la licence Test Drive Unlimited sur la génération PS360. Les développeurs lyonnais ont su aussi surprendre avec des jeux d’aventure comme Kya: Dark Lineage (2003) ou Alone in the Dark (2008). L’entreprise est finalement placée en liquidation judiciaire début 2013 avant de renaître quelques mois plus tard. Le studio revient alors avec un jeu Apple TV (GT Spirit) puis un jeu mobile (Gear.Club). Le jeu mobile est finalement complété pour devenir une exclusivité Switch sous le nom de Gear.Club Unlimited en 2017. Une suite est rapidement lancée en 2018 avant de connaître plusieurs contenus additionnels entre 2019 et 2020. Une version “complète” est également portée sur Playstation et Xbox en 2021 sous le nom de Gear.Club Unlimited 2: Ultimate Edition. Puis, en 2022, les lyonnais sortent Schtroumpfs Kart, toujours avec l’éditeur Microids comme partenaire.

Et puis, surprise il y a quelques mois avec l’annonce d’un Gear.Club Unlimited 3… édité par Nacon ! Après trois ans d’absence, Eden Games est de retour avec non pas un V-Rally (licence pourtant chez Nacon) mais avec un nouvel opus de GCU. Ce nouveau projet semble ambitieux : deux pays, de nouvelles courses et surtout l’ajout d’une vue cockpit. De quoi faire saliver, du moins sur le papier.

Dans ce Gear.Club Unlimited 3, on retrouve l’idée d’un “club de pilotes” qui cherche à se faire une réputation et à étendre sa zone d’influence. Un nouveau pilote anonyme, vous, est alors recruté ! Après un essai, votre mission vous est confiée : direction le Japon pour y créer un Gear Club local. Durant toute la durée du jeu, vous faites donc des allers et retours entre la Côte d’Azur (French Riviera) et le Japon pour les besoins de votre richissime employeur, Marc Beaumont. Durant votre progression, vous allez rencontrer différents personnages comme Haruka Takeda, Yuki Kimura ou encore Joseph Matokian . Les différents chapitres sont ponctués de cutscenes au format BD qui rappellent plus Criminal Case que Need For Speed. Malheureusement, la sauce ne prend pas et l’histoire reste en second plan. Reste alors à enchaîner les courses. Pour ce faire, chaque chapitre regroupe des courses obligatoires pour avancer et d’autres facultatives (plus nombreuses). Ces dernières vous permettent ainsi de gagner des points bonus ou même des ingénieurs. L’ensemble de ces éléments vous sera utile pour votre garage, mais nous y reviendrons plus tard.

Avec l’arrivée du Japon (pays très à la mode actuellement en matière de jeux vidéo), Gear.Club Unlimited s’offre un beau bol d’air frais. C’est l’occasion d’y ajouter deux types de courses : les duels et la course sur autoroute. A noter qu’un duel peut avoir lieu sur autoroute, idéal pour mélanger ces deux nouveautés. Lors des duels, il faut distancer le plus possible votre adversaire afin de faire tomber sa barre de vie à zéro. Sur les autoroutes, il vous faut slalomer le plus possible au milieu du trafic plus ou moins intense afin de gagner la course. Une coutume locale peu exploitée en matière de jeu vidéo de cette manière. Un bon point. Malheureusement, cette discipline est sur-exploitée dans le jeu ce qui renforce son côté redondant. Alors oui, un jeu de course est très répétitif de nature. Mais, souvent, l’impression de ne pas faire la même course est présente même si, dans le fond, on refait toujours la même chose. Et pourtant, dans Gear.Club Unlimited 3, on a vite cette amère impression de refaire encore et encore la même course. Un peu de drift (dans les duels par exemple), aurait pu amener de la variété. Mais cette discipline phare du Japon a été tout simplement oubliée. Pourtant, les courses en montagne sont présentes dans les duels. Mais le “Touge” n’est pas directement nommé et présenté. Dommage. Bref, il y a une sensation de manque de variété cruelle dans le nouveau jeu d’Eden Games. Le fait de proposer des courses sur autoroute dans le sud de la France n’arrange rien. Idem pour les plaques d’immatriculation françaises… au Japon.

Eh, Den, elle est où ma caisse ?

L’autre grande nouveauté de ce Gear.Club Unlimited 3 est l’implémentation d’un garage personnalisable et upgradable. Une excellente idée mais qui retombe vite à plat malheureusement. Ainsi, au Japon, vous bénéficiez d’un grand entrepôt où disposer différents pôles à votre guise. Atelier peinture, atelier châssis, atelier pneumatiques, atelier cosmétique, atelier mécanique et soufflerie sont là pour upgrader les différents aspects de vos voitures. Pour customiser vos autos, vous pourrez utiliser les crédits récoltés en course mais aussi les ressources réparties dans différentes catégories. Cela bloquera donc parfois votre progression car il vous faudra plus de ressources dans tel ou tel domaine. L’agencement de l’entrepôt donne un petit côté “Sims” à l’ensemble et permet de personnaliser un peu son aventure, ce qui est somme toute sympathique. Cependant, il manque un “on ne sait quoi” pour que cette partie du jeu soit vraiment attirante. Malgré tout, il convient de souligner l’effort fourni par les développeurs pour apporter quelque chose d’original à la personnalisation automobile dans un jeu vidéo.

Avec un jeu dont une grande partie de l’action se déroule au Japon, on pouvait s’attendre à une liste de voitures très “JDM”. Malheureusement, ce n’est pas le cas ! Au contraire, l’Europe est plus représentée que le Pays du Soleil Levant. Et on retrouve pas mal de modèles en commun avec le second volet… RUF CTR3, Lykan Hypersport, BMW M2 Coupé et Z4, Ford Focus RS, Dodge Challenger R/T, Lotus Elise 220, etc, il y a vraiment beaucoup de redite avec le jeu sorti en 2018. Et du coup, pas de Mitsubishi Lancer, de Subaru Impreza, et même la mythique Skyline R34 n’est pas présente alors que sa petite sœur la R35 est dans le jeu. Vraiment, cette sélection de voitures risque de décevoir plus d’un fan de voitures japonaises. Le problème, c’est que, comme on le répète depuis le début, la majorité du jeu se déroule au Japon. Certains ajouts, comme l’AC Cobra par exemple, étaient donc dispensable. Des choix étranges, surtout lorsqu’il y avait un coup à jouer pour se démarquer et attirer les fans de JDM, voitures très populaires actuellement.

Le tuning est présent et permet d’apporter quelques petites touches de personnalisation supplémentaires sur les véhicules. De quoi rappeler quelques souvenirs sur Need For Speed Underground mais de regretter l’absence des tuners japonais emblématiques comme RWB ou Pandem. Vraiment, il manque quelque chose dans ce Gear.Club Unlimited 3.

Richard Gear Club.

Avec la sortie récente de Grid Legends sur Switch 2, la référence graphique des jeux de course sur la nouvelle console de Nintendo est trouvée. Malheureusement, Eden Games n’est pas parvenu à battre ou approcher le niveau des Anglais. Au contraire, ce Unlimited 3 cache quelques mauvaises surprises. Par exemple, l’abus de “blur” pour flouter certains éléments du décor ou animations. Par exemple, la fumée des voitures qui dérapent devient d’un coup floue quand elles avancent. Pire encore, les rétroviseurs n’affichent tout simplement rien si ce n’est un patchwork de couleurs. Si sur mobile, il y a presque 10 ans, on aurait pu le concevoir aisément, ici non. Cela en est presque choquant de voir de telles choses sur un jeu vidéo “AA” qui sort en 2026 sur la toute nouvelle console Nintendo Switch. Dans ce cas-là, pourquoi avoir mis un rétroviseur ? Finalement, la vue cockpit tant attendue dessert le jeu d’Eden Games. Pourtant, les intérieurs sont plutôt bien modélisés mais la rigidité du pilote et de ses mouvements ainsi que ces gros soucis de rétros n’aident pas à la qualité globale du titre. Dommage car, en plus des intérieurs, les voitures sont plutôt bien modélisées.

Autre point, le jeu Switch 2 propose deux modes : performance ou graphismes, comme c’est désormais courant. Le mode performance affiche peut-être du 60 FPS, mais grignote sur une réalisation graphique déjà pas très poussée. Les décors vides le sont encore plus dans ce mode et le flou également. Le mode graphismes aide à afficher plus d’éléments et ne choquera pas les insensibles au 60 fps. Mais malgré tout, la partie graphique du jeu n’est vraiment pas à la hauteur d’un jeu Switch 2 (en plus en exclu temporaire). Pourtant, il y a de belles couleurs, et on reconnait bien le Japon ou le Sud de la France.

A l’inverse, techniquement parlant, le jeu s’en sort bien surtout en matière d’affichage des voitures lors des courses sur autoroute. Un vrai bon point. Mais malgré tout, quelques petits bugs d’affichage et accrocs peuvent arriver de temps à autre.

Du côté de la bande-son, les développeurs de chez Eden Games ont su peaufiner le rendu sonore des différentes voitures. Chaque modèle possède son identité sonore en adéquation avec son style et sa motorisation. Ne vous attendez pas à du pur réalisme mais rassurez-vous, l’ensemble est de bonne facture. Notons les radios qui viennent dynamiser les courses et apporter un peu d’immersion dans les pays traversés. La sélection des musiques est plaisante et assez variée. C’est indéniablement l’un des points positifs du jeu.

Pour terminer, évoquons le gameplay de Gear.Club Unlimited 3. Sans surprise, celui-ci se veut arcade et facile à prendre en main. Et c’est réussi sur ce plan. Mais encore une fois, il manque encore pas mal de petites choses pour arriver à un jeu hyper fun. Déjà, le système de points de récompense pour remplir la jauge Unlimited a tendance à se comporter aléatoirement. Ainsi, frôler un véhicule à une distance identique peut, parfois, ne pas apporter de points bonus. Idem pour la vitesse maximale. Les dérapages sont aux abonnés absents. Plus frustrant, les “petites sorties de route” volontaires (comme prendre la corde) entraînent automatiquement des points négatifs. Et ce en plus de nous ralentir. Quelques aides au pilotage permettent de rendre le gameplay un peu moins arcade, mais on aurait préféré un gameplay 100% arcade et assumé avec un vrai plaisir de jeu. Ici, cela manque de sensations de vitesse. Ce n’est pas le cas avec tous les véhicules mais en général c’est ce qui ressort de nos courses dans le nouveau titre d’Eden Games.

Test de Gear.Club Unlimited 3 : notre bilan.

Que dire de ce Gear.Club Unlimited 3 si ce n’est que c’est une déception ? Arrivés avec plein de bonnes idées pour ce nouvel opus, les développeurs d’Eden Games n’ont pas pu concrétiser. On se retrouve avec un jeu techniquement et graphiquement en deçà de ce qu’on est en droit d’attendre pour 2026. La localisation au Japon n’est pas pleinement exploitée et la sélection de voitures est vraiment surprenante d’ailleurs. La vue intérieure est plaisante mais apporte son lot de déceptions graphiques. L’histoire et l’ambiance ne prennent pas et on finit par enchaîner les courses avec une lourde impression de répétitivité. Heureusement, le gameplay reste sympathique. La personnalisation du garage et des véhicules devrait également combler certains joueurs. On apprécie également les petites infos sur les pages de chargement. Mais au final, le changement d’éditeur et l’ambition affichée sur ce nouvel opus ne permettent pas de permettre à la licence de décoller. Ce serait presque même l’effet inverse. Peut-être qu’Eden Games aurait pu tenter un Gear.Club “rallye” ou une toute autre direction pour revitaliser cette série de jeux vidéo. En tout cas, ce troisième épisode ne va pas marquer les joueurs et c’est bien regrettable car il arrivait avec de belles promesses.

Notes :
Graphismes : 5/10
Bande Son : 5.5/10
Technique : 6/10
Prise en mains : 7.5/10
Plaisir de jeu : 5.5/10
Durée de vie : 6/10

Note globale : 5,9/10

Les + :
. France et Japon, deux lieux pour un même jeu
. Une vue cockpit
. Quelques bonnes sensations
. Les radios

Les – :
. Des aberrations graphiques/techniques
. Réalisation datée en général
. Très redondant
. Pas de drift au Japon
. La car-list… trop européenne !
. La gestion du garage, une bonne idée qui n’apporte rien au final

Simon Delporte

Passionné de jeux vidéo, de sports mécaniques et rédacteur web depuis 10 ans.

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