Test de Syberia 3, Kate Walker enfin de retour ! Test

Test de Syberia 3, Kate Walker enfin de retour !


Test Syberia 3

Syberia est un point’n’click lancé en 2002 sur PC, puis en 2003 sur PS2 et Xbox. Un jeu qui a connu un réel succès au point d’avoir une suite en 2004. Pendant 13 ans les fans de Kate Walker ont du subir une série d’annonces contradictoires en lien avec un troisième opus. Annoncé en 2009, le jeu n’a vu son développement commencer qu’en 2013. De nombreux prototypes plus tard, nous voici avec une nouvelle aventure à vivre. Développé par Koalabs avec le concours de Benoït Sokal, ce Syberia 3 arrivera-t-il à satisfaire les fans tout en séduisant de nouveaux joueurs ? La réponse avec notre test.

Syberia 3, Miss Katewalke aider Youkol.

Dans Syberia, lancé en 2002, on découvre Kate Walker, une avocate américaine venue en Europe pour conclure le rachat de l’usine d’automates de la famille Voralberg. Mais elle doit se lancer à la recherche du dernier héritier de la famille, Hans Voralberg, en Europe de l’Est. En 2004, la suite nous présente le voyage de Kate et de Hans à la recherche d’une île mystérieuse nommée Syberia. 13 ans après ces aventures, Kate Walker est de retour. Le jeu démarre à la fin de Syberia II. Kate, entre la vie et la mort, est retrouvée par une tribu nomade appelée Youkols. Ces derniers la ramènent à la clinique de Valsembor. Une clinique où de mystérieux patients semblent y rester éternellement en souffrance. Kate est hospitalisée avec Kurk, le nouveau guide de la tribu des Youkols. Amputé d’une jambe, ce dernier doit pourtant mener à bien la fin de la transhumance des autruches des neiges. Le rôle de Kate sera donc d’aider Kurk et sa tribu à mener à bien cette tradition ancestrale. Tradition qui est menacée par les autorités locales qui veulent sédentariser les Youkols et qui voient ce voyage comme un danger.

Voilà pour le spitch de ce Syberia 3. Difficile d’en dire plus sans vous spoiler, c’est pourquoi on se limitera à ces quelques lignes sur l’histoire du jeu. Sachez juste que la fin du jeu laisse vraiment sur sa faim. On imagine qu’un DLC ou un Syberia 4 est à l’étude car Benoît Sokal et les développeurs ne peuvent pas nous laisser avec cette fin là. En tout cas, l’aventure est prenante. Fans de la licence et nouveaux joueurs seront captivés par cette histoire. Si sur le papier elle est assez « simple », quelques rebondissements et l’atmosphère générale vous captiveront. On notera cependant que certains moments de l’histoire font écho à l’actualité. Un petit côté « politisé » donc qui pourra gêner des joueurs mais qui passera inaperçu pour la majorité. En tout cas, les aventures de Kate Walker et des Youkols vous prendront 15 à 20 heures et arriveront à vous scotcher à la manette… et ce malgré les nombreux défauts du jeu.

Car autant le dire tout de suite, si Syberia 3 propose une aventure envoûtante et captivante, cette dernière est plombée par de nombreux défauts. Une grosse déception même s’il fallait s’y attendre compte tenu du développement chaotique de cette suite. L’expérience de Koalabs en matière de Point’n’click n’était peut-être pas assez pour porter un tel projet. Et l’inexpérience de 3DDuo en matière de « jeux vidéo traditionnels » n’a pas forcément aidé. Que ce soit pour la technique, le gameplay ou la réalisation, le jeu donne un peu trop le bâton pour se faire battre. Dommage, car l’expérience proposée aurait pu être encore meilleure !

Monstre du lac, kuilak !

Abordons tout d’abord la réalisation visuelle du jeu. Développé sous Unity (le même moteur qu’une bonne partie de vos applications smartphones comme Pokémon Go), Syberia 3 n’est pas un jeu moche. Vous lirez, bien entendu, des critiques du genre « c moche on diré de la ps1 », mais rassurez -vous ce n’est pas le cas. Bien entendu, face à des jeux comme Uncharted 4, Horizon Dawn Zero, Forza Horizon 3…, le titre fait pale figure. Mais pourtant, les développeurs ont su proposer quelque chose de propre et qui possède son identité. Une réalisation froide avec un petit côté steampunk. On est en ex Union Soviétique et ça se voit. Visuellement, Syberia 3 offre une identité bien reconnaissable. Un style unique qui colle à l’aventure. Si le jeu manque de détails et, parfois, de finition, il n’en est pas pour autant repoussant visuellement. La petite équipe (environ 20 personnes chez Koalabs) a su offrir une aventure visuellement identifiable au premier coup d’œil. La réalisation est correcte mais aurait gagné en qualité avec une modélisation plus détaillée et plus poussée, ainsi que des zones semi-ouvertes mieux exploitées. Mais Syberia 3 fait partie de ces jeux qui ont plus à proposer côté aventure/scénario que côté visuel, même si certains arrivent à proposer les deux… comme la série BioShock par exemple.

Abordons le plus gros soucis de Syberia 3 : la technique. Bugs à foison, plantages, sauvegarde corrompue, chute de framerate, le jeu est un parc d’attraction dédié aux bugs. Quand on sait que le jeu a été repoussé de décembre 2016 à avril 2017 pour être peaufiné on a de quoi être encore plus surpris.

Dans Syberia 3 les bugs sont très nombreux et très diversifiés. Interactions qui disparaissent ou ne sont plus accessibles, bugs de collisions, bugs d’affichage (des bouts de décor qui se volatilisent d’un coup, superpositions de textures…), bugs sonores, sauvegardes corrompues, … la collection est assez impressionnante. D’autant plus que Syberia 3 fait partie de ces « gros titres » de l’année 2017 en jeux vidéo. Même si le titre a été développé par une petite équipe avec un petit budget, on se demande comment le jeu a pu être validé et lancé avec tant de bugs. Ainsi, nous avons dû recommencer deux fois le jeu. La faute à une corruption de la sauvegarde entre le passage d’une mise à jour à l’autre. Rageant. Nous n’étions pas loin d’un troisième « restart », Kate refusant obstinément de monter les marches d’un escalier la menant vers la suite du jeu. Mais, nous sommes plus têtus qu’elle et nous avons pu poursuivre notre aventure. S’il se dit que notre version Playstation 4 est plus buguée que la version « lead » sur PC, un rapide tour sur cette dernière nous a confirmé que les bugs n’étaient pas une exclusivité consoles.

Parfois, vous passerez plusieurs fois à côté d’un objet à trouver ou à activer sans pour autant qu’une icône d’interaction ne s’affiche. Pourquoi ? Car il faut absolument être dans un périmètre précis (parfois au millimètre près) pour activer ces points d’interaction. A l’inverse, il est possible d’activer certaines choses à travers les murs, les personnages ou même deux endroits séparés par un temps de chargement ! La dernière mise à jour a su corriger pas mal de bugs (comme des pistes audio absentes pendant les cinématiques) mais Syberia 3 reste techniquement bourré de petits accros !

Mais où est Kate Walker ?

Côté gameplay, le jeu est plombé par une caméra sortie des années 2000. 13 ans de retard pour cette caméra fixe qui a du mal à suivre Kate. Parfois la caméra est bien trop loin de l’héroïne, parfois le cadrage est mauvais. Mais le pire demeure dans le fait que l’on peut perdre Kate. En effet, la caméra va se fixer à un endroit, sauf que miss Walker peut passer derrière des objets du décor et disparaître ! Magie ! C’est beaucoup moins drôle quand des éléments du décor (du coup invisibles) nous bloquent et nous empêchent de bouger ! Il faudra alors recharger la partie. Au sujet des sauvegardes, si Syberia I et II permettaient de sauvegarder manuellement, ce n’est désormais plus possible. Il y a une douzaine d’années, Syberia était en avance sur son temps, mais – maintenant que le système de sauvegardes manuelles est démocratisé- Syberia fait marche arrière. Et ce choix peut poser des problèmes, surtout avec les nombreux bugs qu’il y a.

Mais où est Kate Walker ? #2

Toujours du côté du gameplay, les déplacements de Kate avec le joystick ne sont pas toujours instinctifs, surtout lors des transitions de caméra. On pousse le joystick vers le haut pour avancer et on se retrouver à reculer dans cette position suite au changement de caméra. Mais le pire vient des puzzles. Certains nécessitent l’utilisation du joystick gauche. Malheureusement, ce dernier est souvent mal calibré. Or, les actions contextuelles demandent une grande précision. De quoi facilement s’énerver ou rester bloquer sur des énigmes pourtant faciles. C’est bien dommage que ce gameplay et la prise en mains de Kate ne soient pas très instinctifs. Tout est manuel dans Syberia 3 (sauf les sauvegardes). Ainsi, si vous voulez ouvrir un tiroir la touche d’action ne suffit pas. Il faut utiliser le joystick pour tirer vers soi. Une idée sympathique mais mal implantée dans le gameplay et pas vraiment expliquée aux joueurs. Or, on sait que les joueurs ont de plus en plus besoin d’être pris par la main. La preuve, les développeurs proposent un mode « Voyage » où le joueur est censé être aidé. Au final, ce mode rappelle surtout l’objectif principal et propose un inventaire automatique. Il aurait été plus judicieux d’offrir des éléments pour se repérer (on se perd facilement dans des niveaux pourtant pas toujours très grands) ou des aides pour trouver les consommables dont on a besoin pour certaines énigmes. Car, dans l’état actuel des choses, bonjour les allers-retours très nombreux et la facilité de se perdre. Une boussole ou une mini-map n’auraient pas été de trop.

La madeleine de Proust version Voralberg

Et ce n’est pas Kate Walker qui va aider le joueur ! En effet, cette dernière n’ira pas poser des questions utiles pour les énigmes. Elle préfère demander « comment je fais pour alimenter tel truc » alors qu’on vient de lui dire de faire le plein de charbon pour faire fonctionner les moteurs. Son séjour à la clinique du Dr Zamiatine n’a pas dû lui faire du bien… Tout cela pour dire que, même si la majorité des énigmes sont assez simples, certaines donnent du fil à retordre. Et ne comptez pas sur le jeu pour vous aider à vous en sortir ! Que ce soit dans la logique des choses ou par rapport au gameplay, Syberia 3 vous demandera, parfois, patience et précision. D’ailleurs, n’imaginez pas, comme dans un Sherlock Holmes, trouver des collectibles pour les énigmes avant même d’avoir accès à l’énigme ! Ce ne serait pas drôle. Le jeu est le maître et il vous donnera ce qu’il veut quand il le veut. Dommage.

Du côté de la réalisation sonore, Syberia 3 offre quelque chose d’assez bonne facture. Les fans regretteront peut-être que le compositeur des musiques du jeu soit Inon Zur (Syberia 3) et non Dimitri Bodiansky et Nicolas Varley (Syberia). Les compositions d’Inon Zur sont d’assez bonne facture, mais la qualité varie d’un morceau à l’autre. Certains sont génialissimes et vous transporteront et d’autres passeront totalement inaperçus. Dommage. Certaines musiques font d’ailleurs penser à celles d’Olivier Deriviere pour Alone in The Dark (2008).
Pour ce qui est des dialogues, on sera très heureux de retrouver Françoise Cadol pour doubler Kate Walker. Malgré les 13 ans entre le n°2 et le n°3 l’éditeur a eu l’intelligence de reprendre la magnifique doubleuse pour le rôle principal. Celle qui est la voix d’Angelina Jolie en français réalise, une fois de plus, une prestation de grande qualité. Les autres doublages sont d’assez bonne facture (mention spéciale au garde frontalier au début du jeu). Le «parler petit-nègre » des Youkols est amusant et renforce l’attachement que l’on peut avoir pour ces personnages. Certaines de leurs réparties ou réactions apportent un humour très appréciable. Les doublages souffrent, parfois, de problèmes de synchronisation labiale assez frappants malheureusement.
Seul point noir à la réalisation sonore du jeu, les superpositions des pistes sonores à certains moments du jeu. Si cela est logique, le fait qu’elle soit au même volume rend les dialogues quasi-inaudibles. Dommage, encore un bug à corriger.

Terminons en évoquant la mise en scène du jeu. Certains plans, passages, réactions des personnages, ou effets visuels donnent un drôle de côté « rétro au jeu ». L’impression de jouer à un remastered des premiers opus tant ces effets et cette mise en scène sont datés. Un point négatif de plus mais qui passera, chez certains joueurs, quasiment inaperçu. Microïds avait communiqué sur le jeu en disant qu’il s’inspirait des jeux d’aventure actuels et, notamment du reboot de Tomb Raider. Au final, on cherche encore les inspirations. Le gameplay, la mise en scène, le look de Kate (et heureusement!) rien n’a été vraiment modernisé. Un choix volontaire mais qui risque de repousser pas mal de joueurs. Quand on voit que Frogwares a su moderniser la série Sherlock Holmes et l’adapter aux standards actuels sans bouleverser ses codes on se dit que les développeurs de Syberia 3 auraient pu en faire de même.

Points positifs

  • L'aventure proposée prenante
  • Les Youkols
  • Les automates
  • On a enfin notre Syberia 3 !
  • Durée de vie

Points négatifs

  • Terriblement bugué
  • Techniquement problématique
  • Gameplay pas toujours instinctif
  • Sentiment d'être parfois perdu
  • La fin qui laisse sur sa faim
  • Les problèmes de caméra
  • Certains points du jeu ont 15 ans de retard

Note

Graphismes 65%
Prise en main 55%
Plaisir de jeu 70%
Durée de vie 75%
Technique 40%
Scénario 75%
Conclusion

En conclusion, ce Syberia 3 est à la fois un soulagement et une déception. Soulagement car cette suite tant attendue est là. En plus, elle propose une aventure de qualité, prenante et intéressante. Ce troisième opus est fidèle aux premiers opus, et l’atmosphère Syberia est là. Les nombreuses références aux jeux des années 2000 offrent aux fans un background familier très appréciable. Et l’histoire originale permet aux nouveaux joueurs de débuter l’aventure Syberia sans être perdus. Une déception car ce nouvel opus est resté dans les années 2000 avec son gameplay, sa mise en scène et une certaine lenteur (mais qui n’est pas répulsive). Le plus gros point noir, et la plus grosse déception, reste l’aspect technique du jeu. Des bugs il y en a toujours eu et il y en aura toujours dans un jeu vidéo… mais de là à parfois détruire l’avancée des joueurs, c’est très regrettable ! Au final Syberia 3 est une aventure de qualité qui souffre grandement de son aspect technique de piètre qualité. Ajoutez à cela quelques soucis de gameplay et voilà comment le jeu ne peut atteindre l’excellence de ces aînés. Microïds a beaucoup misé sur cette suite mais a oublié le contrôle qualité… regrettable. Néanmoins, ne passez pas à côté de cette aventure captivante, parfois drôle, que propose Syberia 3. Les fans comme les nouveaux venus seront séduits par l’histoire de Kate et des Youkols ! Il serait dommage de juger le jeu juste sur ses problèmes techniques.

Note finale 63% Captivant

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