Motogp 20 Test

Switch : test de MotoGP 20, incarnez Zarco et Quartararo en mode nomade !


Fiche jeu

Comme chaque année, le spécialiste des jeux de course sur deux roues nous propose sa mise à jour du jeu officiel du championnat du monde de MotoGP. Et après une cuvée 2019 assez réussie, nous attendions plus encore de cette version 2020. Qu’en est-il, une fois le pad calé dans nos mains ? Et surtout, la version Nintendo Switch tient-elle la route ? Des réponses auxquelles nous répondons dans ce test de MotoGP 20.

MotoGP 20 : beaucoup de grosses promesses…

Tout d’abord, dans MotoGP 20, il faut savoir que l’éditeur/développeur a bien fait monter la sauce, en amont de cette sortie. Car selon lui, son Neural AI System doit littéralement bouleverser notre expérience de jeu. Par ailleurs, pas mal d’ajustement ont été réalisés en matière de gameplay. Et en particulier, du côté de la physique des motos, annoncée comme plus réaliste. Alors, ces améliorations portent-elles leurs fruits, au-delà de l’aspect communication ?

…tenues !

Concernant la physique des motos, il n’y a pas à dire, Milestone a effectivement réalisé un grand pas en avant. Qu’il s’agisse des mouvements des machines dans les courbes, en pleine accélération, des jeux de transferts des masses lors de gros freinages (la moto se lève littéralement à l’arrière) ou du ressenti global pad en main, oui, les progrès son palpables. De la sorte, les disparités (comportement, moteur, etc.) entres les différentes marques de motos se ressentent d’avantage encore. De plus, pour celles et ceux désactivant les aides, la gestion du frein arrière mais aussi, de la position du pilote sur la moto (stick avant et arrière) devient cruciale. Et franchement, on y gagne en plaisir de jeu. De plus, le degré d’immersion monte d’un cran. Bien entendu, sur piste mouillée, le plaisir est total !

Ainsi, le pilotage y gagne en précision et donc, en réalisme. Néanmoins, on regrettera quand même une gestion de l’accélération pas encore parfaite. Et quelque part, en décalage avec le rendu du freinage. Cela se ressent justement sur piste humide. Car d’une certaine manière, les dérobades se récupèrent presque trop facilement. Un peu trop hypé arcade, donc, même en mode simulation.

    

Passons à l’ I.A. Pour ce qui est de la modification du comportement de nos concurrents face à notre attitude de joueurs humains, pour le moment, nous n’avons pas réellement senti la chose. Mais l’on imagine que nous n’avons pas encore suffisamment arpenté le tarmac pour en attester. Alors nous reviendrons pour une petite mise à jour d’ici quelques jours.

   

Par contre, nous avons clairement senti la différence au niveau du comportement des pilotes en piste. Leurs réactions sont plus naturelles, plus intelligentes et l’on a vraiment le sentiment d’être confronté à des humains. Avec tout ce qu’ils ont de perfectible. Cela se voit en particulier au niveau des chutes, qui sont plus nombreuses qu’avant. D’autre part, nous avons eu l’impression que certains d’entre-eux craquaient plus facilement sous la pression. Néanmoins, il nous a semblé que les chutes étaient, parfois, un peu trop nombreuses (en test notamment). Nous avons même vécu une course, en Australie, ayant vu abandonner tous les pilotes, sous la pluie. Probablement un bug, sachant qu’un patch est prévu day-one.

Et sur Switch, alors, ça tourne comment ?

Transition toute trouvée pour aborder ce sujet du patch, sur Nintendo Switch. Car dans la version que nous avions entre les mains, pas mal de choses n’étaient pas encore rectifiées. Ainsi, au moment de la sortie, l’ Intelligence Artificielle sera encore améliorée (ce qui promet beaucoup !), les cérémonies de podiums ajoutées (absentes pendant notre test), les animations des riders seront améliorées, un indicateur de dégâts fera son apparition. Et puis, un indicateur de consommation plus fiable sera introduit alors que les dégâts visuels seront améliorés et que l’usure des pneus sera plus réaliste. Il est vrai que dans notre version, ce facteur nous semblait moyennement réussi avec une usure des gommes étrangement retranscrite. A suivre…

   

Néanmoins et sous réserve de leur arrivée via la mise à jour, les catégories MotoE (absente aussi sur PS4 et Xbox One) et le jeu en ligne n’étaient pas présents dans cette version Nintendo Switch. Souffre-t-elle, par ailleurs, d’autres défauts ? Alors, visuellement déjà, le rendu est clairement moins flatteur que sur les autres consoles. Mais cela reste tout à fait correct et dans la norme des jeux de course sur cette console. Par contre, le rendu par temps pluvieux (gouttes sur le casque, condensation, etc.) nous a impressionné. Niveau framerate, très bon travail des développeurs car le jeu ne nous a jamais posé problème, même lors de la présence de nombreuses motos. Nous avons quand même noté une ou deux chutes de framerate lors de carambolages massifs. Mais vraiment rien de grave. La petite console hybride encaisse bien le choc, d’après nous.

   

Néanmoins, sur Switch, c’est au niveau des commandes que nous avons un peu buté. Ainsi, si vous utilisez les manettes fournies de base avec la console, nous vous incitons vivement à investir dans le pad pro. Car entre les déconnexions des joy-con juste avant un virage et surtout, le manque d’efficacité du stick (crucial pour gérer les mouvements du pilote sur sa machine), vraiment, ce mode de contrôle nous a déçu. Car, tirer tout droit à plusieurs reprises dans un même G.P, du fait d’un dysfonctionnement, c’est rageant ! Et puis, en mode nomade, la prise en main est telle que l’on ressent assez vite des douleurs dans les creux des mains. Alors, c’est vrai, au bout de 3 ou 4 heures de souffrance, ces douleurs disparaissent…

MotoGP 20 : un contenu amélioré

Voilà pour cette petite parenthèse sur les spécificités de la version Switch. Pour le reste, le contenu est identique aux autres moutures. Niveau mode carrière, nous retrouvons toujours les tests hivernaux en catégorie MotoGP. Avec, détail important pour les puristes, la représentation visuelle (mode carbone, sans sponsors) de ces prototypes, pour plus de réalisme. Idem concernant les tests de mi-saison, d’ailleurs. Sachant qu’à chaque fois, vous serez libre de choisir le cadre qui conviendra le mieux à votre style de pilotage. Cette partie était déjà un point fort du précédent opus, cela le reste dans MotoGP 20. Littéralement passionant, avec la possibilité de comparer tous les chronos…

   

Ajoutons-y aussi le développement de la moto sur l’ensemble de la saison, avec différents postes à améliorer. Ainsi, selon la vitesse à laquelle vous souhaitez que votre machine progresse, vous pourrez allouer plus ou moins de personnel sur la pièce/partie à développer. Et même, développer (ou investir dans la recherche, au choix) tous les arbres (moteur, cadre, aéro, électronique) en même temps ! Outre la gestion -ce qui englobe les recrutements et salaires- de ce personnel technique, vous devrez aussi choisir le bon agent, afin d’attirer les meilleures équipes à vous. D’ailleurs, en la matière, Milestone a ajouté des écuries « fictives » histoire de gonfler la liste des propositions possibles. Une bonne ou une mauvaise chose ? Notre avis restera assez neutre, en la matière.

   

Mais évidemment, ces propositions dépendront aussi de vos résultats et de votre attitude en piste. Puis, si une proposition ne vous convient pas, vous aurez la possibilité de la négocier. Au risque de perdre une opportunité…Voilà qui rend donc le mode carrière plus intéressant que par le passé. Ceci étant dit, après une saison et demi, on a quand même l’impression de faire toujours la même chose. Manque toujours le dynamisme d’un F1 2019, par exemple…

   

D’autant que les meilleurs joueurs se plaindront toujours d’un manque de challenge, même en difficulté maximale. C’est dommage car avec un brin de difficulté en plus, les choses auraient pu être différentes. Et puisque nous parlons des puristes, ces derniers s’apercevront sans doute du manque de réalisme dans les résultats/classement de l’I.A, dans ce MotoGP 20. Rossi régulièrement en pole position et souvent devant, les pilotes italiens globalement favorisés et des Français toujours en milieu de grille, il semblerait que Milestone se soit laissé influencer…par ses origines ! Bon, là encore, le patch modifiera peut-être la donne à ce niveau.

Le mode historique évolue, en bien !

Terminons par les modes de jeu rétro. Car de la nouveauté est au programme. En effet, au lieu de vous offrir d’entrée toutes les livrées et pilotes, les développeurs ont eu la bonne idée de mettre en place un système de récompenses. En clair, vous avez le choix entre trois modes de difficulté de défis. Et à chaque fois que vous réussissez un défi, vous gagner une somme plus ou moins importante. Puis, grâce à cet argent accumulé, vous pourrez ensuite vous offrir écuries et pilotes d’antan via le « marché historique ».

Points positifs

  • Un mode carrière encore amélioré
  • Le mode historique et son nouveau principe
  • La physique, vraiment plus réaliste !
  • L' I.A en très net progrès !
  • Plaisir de jeu en hausse
  • Les chronos à comparer en ligne

Points négatifs

  • Sur Switch, le jeu avec les joy-con est déconseillé
  • Plus de Moto E...
  • Pas de jeu en ligne sur cette version
  • Le mode contre la montre, toujours punitif

Note

Graphismes 81%
Bande-Son 90%
Prise en main (pad pro) 90%
Plaisir de jeu 88%
Durée de vie 71%
Conclusion

Sur Switch ou sur n’importe quel autre support, Milestone a fait du bon travail avec son MotoGP 20. L’Intelligence Artificielle s’est grandement améliorée, de même que la physique des motos et les sensations de pilotage. Du coup, on prend nettement plus de plaisir, manette en main…

…à condition d’investir dans un pad pro, sur Switch ! Car avec les joy-con, c’est presque un calvaire ! Pour le reste, la version Switch tient bien la route visuellement comme en matière de framerate. Du beau boulot, compte-tenu des limitations du hardware.

Seul véritable regret, l’absence (toujours) du jeu en ligne et la disparition de la Moto E (également sur les autres supports). Mais si vous êtes motard et avez besoin de jouer pendant vos déplacements, oui, MotoGP 20 est un bon investissement sur Switch. Et pour les non-motards, cet opus 2020 est l’un des meilleurs jeux de course sur cette console, aux côtés de Grid.

 

Note finale 84% En net progrès