Test de God of War : Sons of Sparta sur PS5, un shadow drop compréhensible
Lors du dernier State of Play, PlayStation enchaînait les annonces à un rythme frénétique et présentait God of War : Sons of Sparta avec un petit twist. Le jeu serait immédiatement disponible après la présentation. Bizarre bizarre pour une licence aussi populaire, surtout que là on abandonne l’action 3D pour du metroidvania 2D dans la jeunesse de Kratos. Nous avons pu y jouer et voici notre retour.
God of War : Sons of Sparta, la jeunesse de Kratos
L’histoire se déroule bien avant les événements du premier God of War. Kratos est un jeune Spartiate de 13 ans, accompagné de son jeune frère Deimos, bien connu des joueurs de la saga. Elle se déroule durant l’Agogé, le système d’entraînement brutal auquel sont confrontés tous les jeunes Spartiates. Kratos et Deimos suivent donc un entraînement militaire intensif, mais déjà Deimos montre beaucoup plus de signe d’empathie que Kratos, qui épouse complètement ce mode de vie.

L’humanité de Deimos va le pousser à se demander où est passé Vasilis, un de leur frère d’arme. Alors que les autres n’ont que faire de son destin, Deimos va convaincre Kratos de l’accompagner hors des zones sécurisées pour retrouver leur camarade. Et au fil de l’aventure, vous allez découvrir que cette disparition cache quelque chose de plus grave qui pourrait bien menacer Sparte.
L’histoire est narrée par un Kratos adulte, qui raconte cette dernière à Calliope, sa fille. Donc on peut en déduire que le moment de la narration a lieu, lui aussi, avant le premier God of War. Le jeu est intégralement doublé en français et les aventures de Kratos et Deimos sont régulièrement ponctuées par des interventions de Kratos et Calliope qui réagit au récit de son père. Tout ça est un prétexte pour tenter de présenter un Kratos plus humain, la relation qu’il a avec son frère et les origines de son sens du devoir qui l’accompagnera dans le futur.
Un metroidvania un peu trop scolaire
God of War : Sons of Sparta adopte donc une structure 2D orientée metroidvania. L’idée n’est pas mauvaise, mais arriver après un Silksong et un MIO peut s’avérer compliqué. En plus, hasard du calendrier, il se trouvait que je jouais à Prince of Persia The Lost Crown au moment où Sons of Sparta a été annoncé. La comparaison n’en est donc que plus rude. Le jeu est très classique pour son style, avec une exploration des zones interconnectées dans lesquelles on peut revenir plus tard lorsqu’on a débloqué de nouvelles capacités.

La prise en main est immédiate, les déplacements sont fluides et les combats relativement lisibles, ça, on ne peut pas lui reprocher. L’exécution est propre, mais un peu trop : le jeu est scolaire et ça se sent. Les affrontements reposent sur des mécaniques simples avec des attaques de couleur auxquelles il faut riposter de la bonne façon, avec une esquive ou une parade. Les ennemis sont souvent des reskins les uns des autres avec un petit accessoire en plus ou une armure. Et de temps en temps, des boss viennent ponctuer l’aventure de façon régulière.
La durée de vie reste contenue, avec une dizaine d’heures environ pour voir le générique du jeu, un peu plus si vous souhaitez lever tous les secrets. Au moins, God of War : Sons of Sparta avance sans véritable temps mort, même s’il est parfois un peu trop bavard, ce qui vient casser le rythme. On pourrait aussi lui reprocher ses pics de tension qui arrivent un peu trop tardivement. Du coup, rien ne s’effondre parce qu’il y a un équilibre fragile, mais rien ne brille réellement.
Des questions sur la direction artistique
God of War : Sons of Sparta laisse aussi un sentiment doux-amer sur ses graphismes. Si les décors, au fond, sont de très bonne facture avec de belles fresques et de beaux paysages, ce sont les personnages qui gâchent un peu la fête. Kratos, Deimos et tous les autres PNJ sont en pixel art assez grossier et rétro. Ce dernier est assumé mais le résultat est mitigé et donne plutôt l’impression que le jeu est daté, alors qu’on sent que les développeurs auraient aimé plutôt rendre hommage à ce style graphique.

Certains environnements parviennent à transmettre une atmosphère cohérente, voire séduisante, mais la qualité globale manque de constance. Des modèles de personnages ont parfois l’air incohérents ou downscalés, ce qui donne l’impression qu’ils sont déconnectés du reste des décors, contribuant alors à une impression visuelle inégale. On perçoit aussi une absence de la démesure et de la signature visuelle dramatique propres à la série principale. L’identité graphique du jeu demeure souvent terne, même si quelques panoramas bien composés subsistent.
Sur le plan sonore, la bande-son constitue l’un des rares points forts. Certains thèmes musicaux rappellent l’esprit épique de la saga tout en s’accordant avec l’esthétique rétro, et la présence de compositions orchestrales ou d’influences lyriques ajoute une dimension agréable. Cela n’efface pas totalement les frustrations liées aux graphismes, mais cela aide à créer un certain confort malgré quelques problèmes de balance audio ou des doublages parfois maladroits.
God of War : Sons of Sparta, une parenthèse dispensable
C’est un peu dommage que le jeu ne soit pas à la hauteur, non pas des attentes puisqu’il a été shadow drop sans aucune annonce, mais de la saga God of War en elle-même. Alors que la période historique racontée est intéressante dans le lore de God of War, puisque la seule fois où l’on croise Deimos dans God of War, on n’en sait pas trop sur lui et ce frère semble sortir de nulle part si ce n’est servir les intérêts scénaristiques. Donc c’est une bonne idée d’explorer ça et d’avoir un Kratos plus humain.

Mais en proposant un jeu trop sage, trop scolaire et sans vrai surprise, Sons of Sparta se loupe et passe à côté de l’essentiel. Il donne l’impression d’être un os à ronger en attendant le remaster de la trilogie originelle à venir. Mais on le sent qu’il s’agit d’un projet intermédiaire plutôt que d’un épisode marquant. Si l’ensemble demeure néanmoins agréable à jouer, God of War : Sons of Sparta manque de signature, de personnalité. Si vous êtes fan de God of War, vous avez un complément narratif intéressant. Si vous ne connaissez pas la saga, vous avez un metroidvania intéressant, quoiqu’un peu creux.
À l’image des jeux God of War et Ragnarok, Sons of Sparta est une exclusivité PlayStation 5 à retrouver sur le PlayStation Store pour 29,99 €. Il se peut qu’il arrive un jour sur PC, mais à ce jour, aucune annonce n’a été faite en ce sens.
Article publié le 25/02/2026 à 5h40
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