Test

Test : Toki RétroCollector édition, vous en aurez pour vos rons


Fiche jeu

  • Editeur:Microïds
  • Developpeur:Microïds
  • Supports:Nintendo Switch
  • Genres:Plateforme
  • Nombre de joueurs:1
  • Date de sortie:22 novembre 2018

Décidément, la Nintendo Switch semble se prêter à merveille aux singeries, cette année ! Après Donkey Kong Tropical Freeze, il y a plusieurs mois, la console hybride accueille une autre figure emblématique des années 80, Toki.
Sorti en 1989 dans les salles d’arcade il était ensuite passé, notamment, sur SEGA Megadrive (et Nes ou encore, Lynx), avec un certain succès. Le concept, un jeu bien ardu mais pas forcément très long, pour les purs amateurs de challenge. Alors, pas loin de 30 après, le charme opère-t-il toujours ? Et surtout, les améliorations techniques suffiront-t-elles à convaincre les plus nostalgiques d’entre nous ? Réponse dans ce test de Toki RétroCollector Edition, édité par Microïds.

Toki : un Rétrocollector qui envoie du bois !

Voilà quelques années qu’il était attendu, ce reborn. Un peu moins de 30 ans après, Philippe Dessoly et Pierre Adane nous livrent donc leur bijou vidéoludique. Toki, comme à l’époque, part à la recherche de sa belle, Miho, retenue prisonnière par le vilain de l’histoire, Vookimeldo. Mais avant de nous pencher en profondeur sur ce remake, attardons-nous sur l’édition collector baptisée « Retrocollector ». Car en la matière, l’éditeur à réellement innové, chose que nous ne pouvions omettre de mentionner.

En effet, grâce à un kit carton/bois très simple à utiliser (même pour un allergique au bricolage) et compris dans le « pack », vous allez pouvoir recréer une véritable borne d’arcade, au sein de laquelle viendra se loger la console Switch, sans ses joy-con. Alors, cela semble peut-être futile, comme ça, mais pour les puristes du goodies, les irréductibles du rétro et quelques autres, l’effet est garanti. Ainsi, vous pourrez poser votre borne sur une table et jouer à distance, avec votre manette. Oui, oui, pour vraiment faire les choses à fond, il aurait fallu prévoir une intégration des joy-con au sein de la borne, histoire de représenter les sticks d’antan. Mais ne pinaillons pas, le résultat final étant vraiment sympa et de nature à trôner fièrement dans vos vitrines et/ou étagères de geek-collectionneur. Classe, vraiment.

Outre cet accessoire et le jeu en lui même (avec jaquette, précisons-le), ce collector intègre aussi, une plaque composée de sept stickers, un comic-book et deux lithographies dédicacées. Une belle offre globale, donc, accessible pour un prix de 49,99 euros. Après, nous vous laisserons juger de l’intérêt d’un tel investissement selon vos priorités et, peut-être, le verdict de cet test.

Toki évolue, mais ne s’étoffe pas !

Transition faite, donc, pour passer aux choses sérieuses, le jeu en lui-même. Tout d’abord, il faut savoir que Toki Switch est 100% identique à son modèle original. En d’autres termes, n’attendez-pas de contenu inédit et/ou exclusif, personnages additionnels, ennemis supplémentaires et autres mondes cachés. Non, ici, l’on retrouve les six univers initiaux, lesquels faisant traverser des contrées tantôt enneigées, tantôt submergées mais aussi, des grottes volcaniques ou encore, des ruines et autres forêts.

Niveau gameplay, là encore, rien de neuf. Seules deux touches sont nécessaires, l’une pour sauter et l’autre pour tirer. Dans le domaine, outre les petites boules (multidirectionnelles) équipées « de base », plusieurs items à récolter en chemin vous permettent d’obtenir des projectiles différents (un lance-flamme, un multi-tir, etc.). Pour le reste, l’on est dans du action-plateforme 2D classique, comme il en existait un certain nombre à l’époque.

Mais qui dit jeu d’époque dit aussi, difficulté corsée. Car, sachez-le, Toki n’est pas à placer entre toutes les mains. Et bien que le niveau de difficulté le plus faible rende la tâche nettement moins compliquée, le soft reste très punitif. Car se prendre un tir, un éclat ou une charge adverse suffit à mettre fin à la partie. Heureusement, des checkpoints sont là pour vous aider. En revanche, une fois le quota de vies épuisé, il faudra recommencer depuis le début du niveau, même si vous étiez arrivé au boss.

Toki : une prise en main « au poil »

Nous vous avions prévenu, Toki ne plaisante pas ! Heureusement, la prise en main s’avère très intuitive et diaboliquement précise. Le soft n’a rien perdu de sa nervosité en passant sur Switch, ce qui est une excellente nouvelle. Ainsi, malgré le poids des années, un sentiment familier se fait ressentir, dès les premières secondes de jeu. Y compris pour celles et ceux n’ayant jamais touché de leur vie à ce titre emblématique. En clair, sa maniabilité exemplaire lui permet de convenir aux joueurs nostalgiques comme aux gamers plus jeunes. A condition, bien entendu, de ne pas être réfractaire au principe punitif du jeu.

Durée de vie « mini », évolution graphique « maxi »

Reste un point un peu délicat à aborder, la durée de vie de Toki. Car, pour qui maîtrisera rapidement le soft et ses pièges, il faudra à peine plus d’1H30 pour en venir à bout. Vraiment short. En même temps, l’original était conçu ainsi, comme nous l’ évoquions plus haut à savoir, court, mais difficile. De quoi, malgré tout, se poser la question du bienfondé d’un tel achat.

Heureusement, Toki « new-gen » dispose de sérieux atouts technique pour convaincre les indécis. Car, visuellement, le lifting a fait l’objet d’une attention toute particulière si bien que le jeu semble, littéralement, renaître sur la console de Nintendo. Qu’il s’agisse des sprites (et notamment Toki), disposant d’une empreinte artistique magistrale, où des décors, fins et riches en détails et animations, le résultat final est juste sublime. Oui, il n’y a pas à dire, Toki Switch dispose d’une personnalité hors norme, visuellement parlant.

Et ce n’est pas l’excellente bande sonore qui viendra gâcher la fête entre les bruitages réussis et les musiques orchestrées avant talent. Franchement, niveau ambiance sonore, Toki assure grave, encore une fois. Restent quelques légers -et rares- ralentissements de l’action, qui ne gênent jamais la progression. Et puis, en mode nomade, difficile de ne pas être emballé par l’action captivante de Toki, qui retranscrit avec fidélité l’esprit de l’original, tout en lui offrant jusqu’il faut de modernisme. Oui c’est une franche réussite !

 

Points positifs

  • Un vrai chef-d'oeuvre visuel
  • La bande-sonore
  • Prise en main au top
  • Le contenu du collector !

Points négatifs

  • Rapport contenu/prix trop élevé, en 2018...
  • Pas de contenu additionnel

Note

Graphismes 96%
Bande-Son 92%
Prise en main 95%
Plaisir de jeu 95%
Durée de vie 15%
Conclusion

Si Toki sur Nintendo Switch n’était pas si court, nous vous l’aurions conseillé dans la moindre hésitation. Oui mais, pour les pros du paddle, le soft ne tiendra pas plus d’une demi-journée, en difficulté maximale. Alors, certes, cela était déjà le cas dans les années 90. Mais entre-temps, le niveau de jeu des gamers s’est probablement amélioré, ce qui ne joue pas en faveur de notre singe, charmant au demeurant.

Et si nous comprenons aisément que ses créateurs n’aient pas souhaité dénaturer l’œuvre originale en ajoutant du contenu additionnel, cela aurait tout de même permis de justifier d’avantage le prix, un poil élevé pour un soft ne durant, potentiellement, pas plus de deux heures.

Reste que, si votre budget jeux vidéo n’est pas taillé au couteau, l’édition RétroCollector est une petite merveille, tant pour son côté rétro/nostalgique que pour son contenu, qui nous change des sempiternelles éditions spéciales.

Surtout, le travail artistique réalisé sur Toki Switch est tel qu’il serait dommage de ne pas le découvrir, manette en main. Visuellement sublime et doté d’une bande-son de grande qualité, le titre de Microïds dispose d’un charme inimitable. Et par les temps qui courent, cela constitue un atout de choix…

Note finale 79% Un chef d'oeuvre sublimé