Test

Test de Death Stranding sur PS4 : le chant du Phénix de Kojima


Fiche jeu

  • Editeur:Sony Interactive Entertainment
  • Developpeur:Kojima Productions
  • Supports:Playstation 4
  • Genres:action/aventure
  • Nombre de joueurs:1
  • Date de sortie:8 novembre 2019

Le fameux Death Stranding est passé entre nos mains, enfin ! Hideo Kojima a enfin lâché sur le monde son nouveau jeu post ère Konami et dire qu’il était attendu au tournant serait un euphémisme. Teasé avec des trailers énigmatiques, dévoilant un casting quatre étoiles, Death Stranding a suscité toutes les curiosités et a divisé les foules bien avant sa sortie. Certains voient en Kojima un génie du jeu vidéo, d’autre un vaste imposteur. Mais l’important c’est que l’on parle du jeu, et c’est ce que nous allons faire ici. Alors, Death Stranding : chef d’œuvre ou escroquerie ?

Death Stranding revient de loin

Souvenez-vous : nous sommes en 2014 et les joueurs PS4 découvrent Playable Teaser (P.T.). Cette démo sert à mettre en avant le futur Silent Hills, développé par Hideo Kojima pour Konami. Le public est extatique et le jeu s’annonce effrayant à souhait. Cerise sur le gâteau, les joueurs qui arrivent au bout de P.T. découvre que le personnage principal est incarné par Norman Reedus, alors au faîte de sa carrière grâce à son rôle de Daryl Dixon dans la série télé The Walking Dead. Les astres semblent alignés pour que le jeu sorte sous les meilleurs auspices. Et soudain, c’est le drame.

Chute d'eau

Hideo Kojima quitte Konami en 2015. Le studio le laisse terminer tant bien que mal Metal Gear Solid V : The Phantom Pain avant de le remercier et d’annuler ses futurs projets, dont Silent Hills. Il va alors fonder son studio indépendant, Kojima Productions, et annonce pour son futur titre un partenariat exclusif avec Sony pour ne sortir que sur PlayStation 4. Très vite le public découvre un premier trailer du jeu et retrouve avec joie Norman Reedus dans les bottes du héros. La machine est en marche.

Au fil du temps le casting s’étoffe et Reedus n’est plus la seule vedette du titre. Le rejoignent Guillermo del Toro, Léa Seydoux, Mads Mikkelsen et Troy Baker, entre autres. Les trailers et autres extraits de gameplay laissent le public perplexe. Celui-ci n’attend qu’une chose : mettre la main sur le jeu afin de se faire sa propre idée. Mais une chose est d’ores et déjà sûre : Death Stranding ne fait pas de compromis. Soit on adore, soit on abhorre.

C’est l’histoire d’un mec qui marche

Nous allons tenter de vous présenter Death Stranding en évitant un maximum de spoilers afin de vous laisser le plaisir de la découverte, notamment scénaristique. Mais posons les bases du titre avec les éléments que l’on apprend dès le début. Death Stranding est une dystopie se déroulant aux États-Unis dans un futur plus ou moins lointain. Ce qui reste de l’humanité vit dans des villes souterraines afin de se protéger du monde extérieur. En effet, à la suite d’une catastrophe nommée le Death Stranding, le monde des vivants et celui des morts cohabitent. Une mystérieuse pluie tombe du ciel et fait vieillir prématurément tout ce qu’elle touche.

Boss

De plus, lorsque des arcs-en-ciel inversés sont visibles dans le ciel, les morts, que l’on appelle les Échoués, apparaissent à la surface et s’en prennent aux vivants. Du coup tout le monde s’est regroupé dans des villes souterraines et vivent plus ou moins isolées les uns des autres. Leurs seuls liens avec le monde extérieur sont les transporteurs qui s’occupent des livraisons et auxquels vous appartenez, vous, Sam Porter Bridges. Atteint d’une mystérieuse maladie, le DOOMS, vous êtes capable de ressentir la présence des Échoués afin de les éviter.

Le jeu commence lorsque la Président des États-Unis décède et qu’il vous faut amener son corps à un incinérateur. En effet, si celui-ci reste trop longtemps à l’air libre il va se nécroser et devenir un Échoué. Mais avant de mourir la Présidente vous confie une tâche de la plus haute importance. Sam devra traverser le pays afin de sauver Amélie, la fille de Bridget (la Présidente), des mains de terroristes, afin que celle-ci puisse maintenir le peu d’ordre qui reste. Mais ce n’est pas tout. Le gouvernement demande aussi à Sam de reconnecter les villes du pays tout entier entre elles grâce au réseau chiral. Celui-ci leur permettra de communiquer entre elles et, plus important, d’avoir accès aux archives, au passé, à ce qu’il y avait avant le Death Stranding.

Ça use les souliers

Dans Death Stranding le joueur incarne donc Sam Porter Bridges, joué par Norman Reedus. L’homme est un transporteur qui doit emmener ses marchandises d’un point A à un point B tout en reliant les villes grâce au réseau chiral. Comment cela se passe ? Dans chaque ville vous avez accès à un terminal vous donnant accès aux commandes en cours. Vous acceptez celles qui vous intéressent afin de récupérer les marchandises avant de vous mettre en chemin. Mais de nombreux paramètres sont à prendre en compte.

Randonnée

Tout d’abord, il y a la distance à parcourir. Avant votre départ vous pouvez planifier votre itinéraire, analyser les reliefs, et vous préparer en conséquence. Sam dispose d’une jauge d’endurance et de santé. La première diminue si vous tentez l’escalade de côtes trop escarpées ou si vous traversez des torrents trop puissants. Une jauge à zéro signifie la chute, la perte ou la dégradation de vos marchandises, et éventuellement la mort. Tout ça pour aboutir à une mauvaise note au moment de la livraison, et un gain de notoriété moindre dans le monde des transporteurs. Il faut donc se préparer correctement, embarquer le matériel nécessaire et surtout, ne pas accepter plus de marchandises que ce que vous pouvez porter.

Vous allez donc passer du temps, beaucoup de temps à marcher, seul. Vous allez arpenter des paysages vides de toute vie, seul, dans le silence, parfois entrecoupé par des morceaux de l’excellente bande-son du jeu. Lors de vos pérégrinations vous pourrez tomber sur des marchandises perdues par les autres joueurs en ligne, ou des transporteurs passés avant vous. Vous pourrez décider de les ramasser afin de les ramener à bon port et grapiller quelques points de réputation supplémentaires. Le jeu est très contemplatif et propice à la réflexion sur notre propre état de joueur, d’Homme, et l’état actuel de notre planète. Nos longues pérégrinations dans la nature ont pour but de plonger le joueur dans l’introspection et l’interrogation. Alors certes, certaines livraisons semblent interminables et compliquées, mais la récompense à l’arrivée en vaut la chandelle.

Les Échoués

D’une part parce que notre personnage peut souffler quelques instants et se reposer dans une chambre privée. Prendre une douche, s’occuper de son BB, aller aux toilettes, boire du Monster… Mais aussi parce que les récompenses des personnes à qui vous livrez des objets permettent de renouveler un peu le gameplay. Vous allez débloquer de nouveaux équipements pour Sam dont nous ne vous dévoileront pas les détails ici pour conserver quelques éléments de surprise.

Death Stranding : on ne laisse pas BB dans un coin

Un des éléments centraux de Death Stranding, aussi bien dans le gameplay que dans le scénario, est le bébé, ou BB comme il est appelé dans le jeu. Au début du jeu Sam n’en possède pas et en récupère un après une petite heure d’aventure. Il est raccordé à sa combinaison et permet à Sam de détecter les Échoués quand ceux-ci apparaissent dans le jeu. Leur apparition se fait de façon aléatoire sur la carte. Mais quand il commence à pleuvoir, généralement ce n’est pas bon signe. Votre détecteur se met alors en route et il va s’agiter plus ou moins vite dans telle ou telle direction, vous indiquant où et à quelle distance se trouve l’Échoué le plus proche. Vous devrez alors vous montrer le plus discret possible pour traverser la zone de pluie et ainsi vous éloigner des Échoués pour continuer votre périple.

BB

Pour vous donnez un coup de main, il est possible de compter sur les autres joueurs. En effet Death Stranding propose du multijoueur asynchrone. C’est-à-dire que vous ne croiserez personne lors de votre partie. Mais que les actions des autres joueurs auront une répercussion sur celle-ci. Je m’explique. En reliant les différentes villes de la carte lors de votre traversée d’Est en Ouest des États-Unis, vous activerez le réseau chiral. Celui-ci permettra d’afficher tous les points d’intérêt de la zone que vous avez débloqué. Et vous verrez apparaître alors tous les objets laissés par les autres joueurs.

Échelles pour accéder à des zones hautes, ponts, panneaux d’avertissement, d’encouragement, zones de stockage, véhicules : tout ce que les joueurs vous ont laissé est là, à votre disposition. Alors certes cela est d’une grande aide et pourra faciliter votre prochain passage dans le coin. Mais pour ne pas trop vous faciliter la vie quand même, lors de votre tout premier passage, tout ceci vous sera invisible. Vous devrez donc passer par la case « trekking » afin de profiter du paysage, avant de débloquer les éléments multijoueur.

Un grand jeu qui ne plaira pas à tout le monde

Nous n’en dévoilerons pas plus volontairement car Death Stranding est une aventure qui se découvre autant qu’elle se savoure. On retrouve Hideo Kojima dans ce qu’il sait faire de mieux et d’un peu moins bien. Un scénario qui peut paraître certes alambiqué mais qui, finalement, s’explique totalement. Une mise en scène magistrale avec des paysages à couper le souffle et des affrontement savamment amenés. Des cut-scenes parfois trop longues et verbeuses qui mettent 10 phrases à expliquer ce qu’une seule suffirait. Mention spéciale à la cinématique de fin qui est un véritable film de presque deux heures.

Norman Reedus

Le titre ne fait pas de compromis. Soit on adore, soit on déteste. Kojima propose un concept audacieux, une approche du jeu vidéo inédite, et un gameplay original. Le tout servi par un casting cinq étoile. Il est doublé intégralement en VF avec le même comédien de doublage pour Norman Reedus que dans The Walking Dead. Le jeu est généreux et il faut compter une trentaine d’heures pour le terminer en ligne droite. Le double si vous vous attardez sur les missions secondaires et les livraisons annexes.

Niveau technique on constate quelques problèmes d’aliasing, très discrets mais présents. Les écritures dans les menus sont minuscules, ce qui est dommage. Car nous passons énormément de temps dans les menus pour organiser notre paquetage, crafter nos objets et lire nos documents. Il faut très souvent plisser les yeux, s’approcher ou avoir une télé géante pour pouvoir les lire correctement. Notez également que le titre demande un peu d’opiniâtreté car il ne démarre vraiment qu’au bout d’une dizaine d’heures de jeu. Il faut donc s’accrocher au début. Mais le jeu a ça de mystère et d’intrigue qu’on a envie d’y retourner. On tombe vite accro du système de récompense des livraisons. On veut la meilleure note, on veut du nouvel équipement, on veut découvrir de nouveaux paysages. Et en ça, Hideo Kojima a créé le meilleur jeu qui soit.

Points positifs

  • Des moments contemplatifs de toute beauté
  • Un casting cinq étoile
  • On a envie d'y revenir encore et encore
  • Des fulgurances de mise en scène

Points négatifs

  • Ça passe ou ça casse
  • Des cinématiques longues. Parfois trop
  • Les ficelles du scénario sont parfois trop voyantes
  • Les menus sont écrits en minuscule

Note

Graphismes 91%
Bande-son 96%
Prise en main 89%
Plaisir de jeu 90%
Durée de vie 94%
Conclusion

Pour notre part, Death Stranding a tapé juste. Nous avons passé de longues minutes à contempler ce paysage dévasté, sans vie, presque lunaire parfois. Nous nous sommes abîmés dans notre propre réflexion sur notre rapport au jeu, et parfois à la vie en générale. Nous avons marché, des heures durant, et nous avons adoré ça. Beaucoup de gens reprochent au jeu sa vacuité et la répétition de ses quêtes. D’autres traitent le jeu de simulateur de livreur FedEx. Qu’importe. Le tout est fait avec une telle maestria et une telle mise en scène qu’on prend un pied monstre à se promener. Préparer minutieusement son itinéraire, ajuster son matériel, répartir les marchandises, évaluer les dégâts éventuels, repérer les raccourcis… On a envie d’y revenir, d’en découvrir plus sur l’histoire, de nouveaux paysages, de nouveaux morceaux de la B.O. même. Non, définitivement, Kojima a signé là un jeu qui marquera les esprits, dans n’importe quel sens du terme.

Note finale 92% Époustouflant

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