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Test de Vampyr sur Switch : le docteur du croc se décarcasse


Fiche jeu

  • Editeur:Focus Home Interactive
  • Developpeur:Dontnod Entertainment & Saber Interactive
  • Supports:Nintendo Switch
  • Genres:action-rpg
  • Nombre de joueurs:1
  • Date de sortie:29 octobre 2019

Sorti en 2018 sur consoles de salon et PC, Vampyr de Dontnod décide de passer une tête sur la Switch de Nintendo. Rappelons que le studio s’est fait connaître notamment avec la série des Life is Strange, d’extraordinaires jeux narratifs. Alors lorsqu’ils annoncent un action RPG avec comme héros un docteur devenu vampire, on est extrêmement curieux de voir ce que ça va donner. Nous avions fait le test de la version console ici-même. Et nous allons revoir vite fait les bases du jeu avant de s’attaquer au portage Switch du titre.

Jonathan Reid, vampyr médecin

1918. La Première Guerre mondiale touche à sa fin et le docteur Jonathan Reid, brillant hématologue, est démobilisé. Il retourne dans sa Londres natale en proie à une épidémie de grippe espagnole. À peine arrivé, il est victime d’une agression dont il ne se souvient plus mais qui lui laisse un mauvais souvenir. En effet, Reid est maintenant un vampire assoiffé de sang. Pris d’une soif de sang inextinguible, il s’en prend à la première personne qu’il croise. Manque de chance il s’agit de sa propre sœur, Mary. Pris en chasse par une société secrète de chasseurs de vampires et autres créatures de la nuit, Reid se réfugie dans l’hôpital de Pembroke, recueilli par un médecin au fait de sa condition mais confiant quant à l’humanité du bon docteur.

Le joueur incarne donc Reid depuis le moment où il est devenu vampire, et ce jusqu’à la fin du jeu qui survient au bout de 25 ou 30h en fonction de votre vitesse de progression. Celle-ci est grandement affectée par votre façon de jouer, ce qui aura également un impact sur le scénario. Je m’explique : pour gagner des points d’expérience, Reid peut soit tuer des ennemis (soit les chasseurs de vampire, soit les monstres de la nuit) ou alors tuer des humains. Cette dernière solution est la plus radicale car elle confère le plus d’expérience. Reid dispose d’un sens de vampire qui lui permet de voir l’état de santé des humains qu’il croise. Si vous en trouvez un en pleine forme, vous pouvez le charmer pour qu’il vous suive, le saigner à blanc et engranger de l’expérience.

Cela peut s’avérer très intéressant mais cela vous fermera également plein de portes, scénaristiquement parlant. Car les PNJ dans les quartiers servent à vous donner des quêtes secondaires mais ce sont également eux qui permettent d’établir l’état de santé du quartier. Celui-ci peut varier de « en bonne santé » à « critique », ce qui va durcir les combats et en plus vous diriger vers une des mauvaises fins. Vous pouvez donc tout à fait choisir de ne tuer personne, ou alors de choisir vos proies en fonction du caractère des personnages. Car en discutant avec eux vous pouvez en apprendre un peu sur leur vie, les relations qu’ils ont dans le quartier. Et vous aurez peut-être un peu moins de scrupules à croquer un vil bandit plutôt qu’une honnête infirmière de quartier.

Expérience dormante

Avec l’expérience accumulée, vous allez pouvoir augmenter vos statistiques en trouvant des refuges. Ce système rappelle celui de Final Fantasy XV, ainsi vous ne pourrez dépenser vos points d’XP qu’en vous couchant au petit matin pour vous réveiller la nuit suivante. Vous pourrez les dépenser en attaques, défenses, ou statistiques du personnage. Vous vous réveillerez alors plus vaillant et pourrez continuer vos quêtes nocturnes. Sachez qu’il n’y a pas d’horloge dans Vampyr, ainsi la nuit ne finit pas automatiquement. En gros si vous voulez faire tout le jeu en une seule nuit, c’est possible. Très dur, mais possible. Également dans les refuges vous pourrez trouver des établis qui vous permettront d’améliorer vos armes et fabriquer des remèdes, aussi bien pour vous que pour les habitants.

En effet nous l’avons dit plus haut, vous allez parler à de nombreux PNJ. Vous pourrez leur proposer un bilan de santé. Et s’ils souffrent d’un mal quelconque, vous pouvez leur proposer de les guérir. Cela aura pour effet d’améliorer leur niveau, au cas où vous auriez envie de les mordre plus tard. Mais cela débloquera également des possibilités de dialogues avec le PNJ en question. Ainsi, vous en apprendrez plus sur leur passé, leurs motivations et leurs liens avec d’autres personnages. Cela contribue à créer un univers dense, solide et cohérent dans Vampyr. Et pour certains, cela contribue à tisser des liens avec les personnages. Comme on veut en savoir plus, on évite de les tuer, et ainsi on peut se diriger vers l’une des meilleures fins de Vampyr tout en conservant son humanité.

Pour se battre, nous l’avons dit, Reid dispose d’armes, de ses crocs et de ses attaques vampiriques. Les armes, vous pouvez les ramasser dans les maisons et niveaux que vous visitez. Certaines peuvent même s’acheter chez les vendeurs. Vous pouvez en porter deux, une primaire et une secondaire, ou une dans les deux mains. En tapant, vous ferez diminuer la barre de vie de vos adversaires, ainsi que leur barre d’endurance. Cette dernière réduite à zéro, vous aurez la possibilité de les mordre pour regagner un peu de sang. Il est utilisé pour déclencher les attaques vampiriques. Reid dispose de trois jauges : vie, endurance et sang, qu’il faut surveiller d’un œil attentif pour ne pas se faire avoir en combat. Il est possible de cibler vos ennemis pour vous concentrer sur les pires menaces en premier, avant d’abattre le menu fretin.

Vampyr en pire

Commençons à aborder les petits problèmes de Vampyr, en règle générale d’abord, puis sur Switch en particulier. Le premier point c’est l’orientation. Certes, les développeurs ont voulu reproduire l’aspect labyrinthique du Londres de 1918. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est réussi : on est complètement perdu. Les maisons et les rues se ressemblent, on avance dans de véritables boyaux et bien vite on ne sait plus où on en est. Alors en appuyant sur « – » on peut ouvrir une carte des lieux, mais celle-ci n’est pas très utile car peu lisible.

Et en jeu, pas de mini-map, seulement une boussole vous indiquant votre objectif principal ou les marqueurs que vous aurez posé. Pas d’indication de chemin, à vous de vous repérer comme vous le souhaitez. Et ne vous fiez pas aux PNJ, ils vivent leur vie et changent constamment de place. Cela s’avère donc relativement compliqué de se repérer dans le jeu.

Les combats souffrent également d’un petit souci d’équilibrage. En effet, vous allez vite vous rendre compte que vous êtes difficilement tuable. Il suffit de bien comprendre le système de récupération de sang. Que ce soit avec vos crocs ou avec une arme secondaire, et vous ne pourrez plus perdre de combat. Alternez entre esquive, attaque et pouvoirs pour être un redoutable vampire. En plus si vous allez souvent passer la nuit au refuge, vous pourrez facilement dépenser vos points d’expérience pour devenir encore plus fort. Donc à moins de monter le niveau de difficulté, le jeu se parcourt relativement simplement. Ce qui n’est pas désagréable quand on veut se focaliser sur l’histoire.

Enfin, sur Switch, les principaux problèmes proviennent bien évidemment de l’affichage. Les textures sont bien moins nettes que sur les autres consoles ou que sur PC. Elles ont en plus tendance à se matérialiser tardivement et popent un peu aléatoirement lors de cut-scènes ou dialogues. Même les décors ont des problèmes, avec une distance d’affichage très réduite. Ce qui fait que certains bâtiments apparaissent au loin comme par magie, tout d’un coup. Après, il n’est pas évident de reprocher ça au jeu car il s’agit d’un portage Switch. Il était donc obligatoire de downgrader un peu ses performances pour qu’il puisse tourner sur la machine. Mis à part ça le jeu est une bonne pioche qui propose un contenu solide, une histoire vaste, et un bon divertissement sur Switch.

Points positifs

  • L'univers et les quêtes sont vastes
  • Le Londres de 1918 est tortueux...
  • Les choix ont de réels impacts

Points négatifs

  • Les combats sont répétitifs
  • ... beaucoup trop tortueux. On se perd vite
  • Des temps de chargement trop longs et fréquents

Note

Graphismes 65%
Bande-son 88%
Prise en main 78%
Plaisir de jeu 79%
Durée de vie 85%
Conclusion

Vampyr était et est un bon ARPG, là-dessus il n’y a pas de doute. Le passage à la Switch ne lui a pas fait que du bien, spécifications techniques de la console obligent. Retrouver l’expérience sur la console de Nintendo est très plaisant, mais le jeu souffre de soucis d’affichage divers qui gâchent un peu le jeu. C’est dommage car il est relativement fluide, ne souffre pas de grosses pertes de framerate et s’en sort bien de façon générale. Mais voilà, quand on porte un jeu de ce calibre sur une console moins puissante, on se rend compte des limites techniques de celle-ci. Toutefois, si vous n’avez pas fait le jeu l’année dernière sur PS4, Xbox One ou PC, nous ne pouvons que vous conseiller de sauter sur l’occasion. Dontnod maîtrise parfaitement la narration de ses titres et Vampyr en est un exemple flamboyant.

Note finale 79% Mordant

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