Test V-Rally 4, le retour plaisant d'une vieille connaissance Test

Test : V-Rally 4, le retour plaisant d’une vieille connaissance


Fiche jeu

  • Editeur:BigBen Interactive
  • Developpeur:Kylotonn Games
  • Supports:PC, PS4, Xbox One
  • Genres:racing
  • Nombre de joueurs:1 à 8
  • Date de sortie:6 septembre 2018

Après avoir proposé un sympathique nouveau FlatOut l’an dernier et un WRC 7, Kylotonn Games revient cette année avec une surprise : un V-Rally 4 ! Ressusciter la licence 16 ans après son dernier opus est un par osé, voire risqué. D’autant plus que l’arcade n’est plus vraiment à la mode, même si Gravel a su prouver le contraire en début d’année. Pas de WRC 8, mais un V-Rally 4. Est-ce que le retour de la licence peut séduire les nostalgiques comme les nouveaux venus ? La réponse avec notre test.

V-Rally 4, membre de la DiRT Fish Academy.

Le jeu commence par un didacticiel qui peut se terminer en « Titanak »

La DiRT Fish Academy est une école de pilotage américaine qui couvre à peu près tous les sports à 4 roues. Du Rallycross au Nascar en passant par le Trophy Truck, le drift et le Rallye ! Malgré son nom, elle n’a pas de lien avec les jeux de Codemasters même si on retrouve cette école dans DiRT 4… ou dans Project Cars 2. Avec V-Rally 4, Kylotonn Games a souhaité s’inspirer de la concurrence pour étendre le principe de base de la série. Ici, il n’y a pas que du Rallye ! Ainsi, vous pourrez faire du Rallycross (SpeedCross dans le jeu), du HillClimb (course de côte en français), du Drift (Extrême Khana), du Buggy et… du Rallye bien sûr. Plutôt que de rester le principe de base d’un V-Rally, le studio parisien est allé faire comme la concurrence et proposer un jeu multi-disciplines. Peut-être au risque de froisser certains fans, mais c’est un bon choix pour le jeu. Ainsi, plutôt que d’avoir un WRC sans licences et orienté arcade, KT propose une alternative à DiRT 4 qui arrive même, sur certains points, à faire mieux que le jeu de Codemasters !

Côté contenu, le jeu propose 50 véhicules : 28 en Rallye, 7 en Rallycross, et 5 en Extrême-Khana, Buggy et HillClimb. Cependant, en lisant les descriptions des trophées, on devrait obtenir d’autres véhicules en DLC. 6 rallyes (5 pays différents), 5 Rallycross, 3 pays pour le HillClimb, 4 destinations pour le Buggy et 4 aussi pour le Gymkhana (dont 2 fois les USA). Pas de rallye en Europe, et un seul rallye asphalte. Un contenu qui semble correct sur le papier, mais qui aurait gagné à être encore plus conséquent. A part en Rallye, on tourne vite en rond sur le choix de sa monture. En Rallycross, pas de voitures françaises (DS3, GCK Megane, 208, 207 RC, Logan, …) et, à part l’Alpine A310, pas de véhicule d’avant 2015 (Fiesta WRX). Gros scandale aussi, V-Rally 4 ne propose pas une seule Subaru, quel que soit le mode de jeu ! Cela doit être le premier jeu de racing (hors WRC 6/7 pour des raisons de licences) à ne pas proposer de Subaru. Une vraie déception pour les fans de Rallye/Rallycross et de la marque nippone. Un manque de contenu aussi du côté des livrées. Une seule par véhicule ! Certes, on peut créer les nôtres, mais plus de livrées (même inventées comme dans Gravel) aurait été un minimum.

A l’inverse de DiRT 4, les destinations sont vraiment variées ! Chaque pays propose sa propre identité visuelle mais aussi des circuits bien atypiques. On ne se retrouve pas avec un copier/coller de la même spéciale dans différents décors. Le travail de Kylotonn à ce niveau-là est excellent. Le Rallye du Japon est tout bonnement exquis et plein d’idées assez intéressantes pour un jeu de rallye. Même si V-Rally 4 est orienté arcade, les rues japonaises restent étroites et pleines d’angles droits. Un exercice assez nouveau et un résultat de qualité.

Cela aurait pu être un argument de vente, mais BigBen n’a pas insisté dessus, et pourtant c’est, une fois de plus, mieux fait que dans DiRT 4 : le générateur aléatoire de spéciales. Ici, il n’est pas juste question de changer la longueur d’une spéciale qui, au final, n’évolue pas vraiment. A l’opposé du jeu de Codemasters, Kylotonn propose un générateur de tracé plus poussé. Ainsi, plus de 1000 tracés différents sont disponibles. Certes, beaucoup de points similaires d’un tracé à un autre, mais le résultat est épatant. On peut passer d’une ES de 3kms très difficiles et très sinueuses, à une autre de 14kms avec beaucoup de rapide et moins de pièges. Un très beau boulot, qui ralentit un peu les temps de chargements, mais qui a le mérité de varier les plaisirs. De plus, difficile d’apprendre les spéciales par cœur. C’est un peu la surprise du chef à chaque départ. Un bel effort de la part du studio parisien qui a su faire bien mieux que son homologue anglais !

V-Rally 4, du fun pour tous et partout.

Comme on le disait au début de ce test, V-Rally 4 propose plusieurs types de courses. De quoi varier les plaisirs et s’adapter à différents pays. Les européens iront plus sur le Rallye et le Rallycross, quand les américains seront heureux de voir du off-road et du Gymkhana. Les asiatiques aimeront le combo Rallye/Gymkhana, et en Europe centrale on se régalera de la Course de Côte etc etc… Bien sûr, là on part sur du cliché, mais tout le monde peut y retrouver son compte. Ainsi, c’est la force de ce V-Rally 4. Car, le plaisir est au rendez-vous dans chaque mode et l’accessibilité aussi. Du néophyte au pilote de Rallycross, chacun peut prendre le jeu en mains facilement et adapter sa difficulté à son niveau. L’Extrême Khana pourra faire débat car les sensations de drift ne sont pas aussi poussées que dans un DiRT, mais l’originalité des courses compensera. On sent l’inspiration Ken Block avec certains passages tout droit tirés des vidéos de l’américain. Cependant, là aussi, Kylotonn a su faire preuve d’originalité et d’inventivité. De l’aéroport au désert du Niger, en passant par l’habituel complexe industriel, il y a de quoi varier les plaisirs. Sans devoir casser des plots dans un temps imparti. A noter, le Rallycross peut surprendre. Des circuits assez longs, rapides et parfois larges. Bref, on sent l’inspiration US, surtout quand le Tour Joker est plus rapide que la piste. Au final, le RX dans V-Rally 4 a un petit air de feu le GRC américain.

On dirait une certaine vidéo de Ken Block !

Après un WRC 7 qui souhaitait offrir quelque chose de plus « simulation », Kylotonn prouve qu’ils savent proposer de très bonnes expériences arcade. Ainsi, après un très sympathique FlatOut 4 : Total Insanity en 2017, les parisiens proposent ce V-Rally 4. Si, en rallye, on a l’impression de jouer à un WRC plus facile, les autres catégories refont directement penser à FlatOut. A croire que chaque studio (Paris et Lyon) a développé une partie de ce V-Rally 4. Mais, ce n’est pas un point négatif. En Buggy, il est possible de gagner sans freiner. Le HillClimb est sûrement le meilleur depuis Colin McRae : DiRT (2007) ! Le Rallye, lui, n’est pas aussi arcade qu’un Sega Rally. Au contraire, il fait un peu penser à V-Rally 3 avec son côté « voiture savonnette » et freinage parfois délicat à gérer. Le gameplay aurait pu être encore plus arcade (surtout en Rallye), mais le résultat est de qualité. Un gameplay fun et simple à prendre en mains. Tout à fait ce qu’on demande à ce type de jeux. Bien entendu, les pro-simulations risquent d’avoir « mal à leur réalisme », mais ce n’est pas à eux que s’adresse un V-Rally 4. En plus, le jeu de Kylotonn propose de l’écran splitté (rien que pour ça on peut sortir le champagne et les féliciter) ! Idéal pour s’amuser à deux. Certes, les courses de Rallycross peuvent se terminer en course de stock-car, mais l’amusement est au rendez-vous. Mission accomplie pour ce VR4 ! Ouf, lors de son annonce on avait peur de tomber sur un gameplay sim-cade totalement malvenu dans cette licence. Bien joué Kylotonn !

Touche pas à ma carrière.

L’un des points forts de V-Rally 3 était son mode carrière, sûrement le meilleur jamais proposé dans un jeu de rallye. Kylotonn a su s’en inspirer pour WRC 6 et 7. Mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, ce n’est pas le cas dans V-Rally 4 ! Ici, on est proche de celui de DiRT 4. Un V-Rally Mode qui est, au final, la vraie déception du jeu.

Comme dans le titre de Codemasters, il faut embaucher des membres d’équipe (ingénieurs, mécaniciens, et agent). Au plus le niveau de ces derniers augmente au plus leurs compétences sont intéressantes et vous offrent des avantages. Dans le même temps, leurs salaires également. Car, tous les 7 jours, vous devez payer votre équipe. Et ce, que vous ayez ou non gagner de l’argent ! Les différents événements (sur la carte du monde) prennent un nombre précis de jours, demandent un coût d’engagement plus ou moins important et vous rapporteront de l’argent. Cet argent sert à payer votre équipe, à participer à de nouvelles épreuves mais aussi à acheter de nouvelles voitures. Une bonne idée, un poil sous exploitée. De plus, des sponsors peuvent venir vous voir pour vous payer pour des tâches précises (rouler avec une marque dans telle ou telle discipline, disputer 4 épreuves précises, etc…). Mais, il n’y a pas le même concept de sponsoring sur la durée que dans un DiRT 4 par exemple. A noter, la difficulté peut augmenter ou baisser (!) vos gains après une épreuve.

Le mode carrière manque de lisibilité

Malgré ses bonnes idées, le V-Rally mode souffre d’un manque cruel de lisibilité. Notre progression est quasi-invisible, et la lisibilité est parfois délicate. Ainsi, on enchaîne les épreuves sans savoir où cela nous mène. Puis, d’un coup, arrive un championnat dans telle ou telle discipline. En regardant notre profil, on apprend qu’il faut disputer deux championnats de chaque discipline pour tenter de devenir le champion du monde. Mais, aucune indication sur notre progression. Au final, on se retrouve à enchaîner les épreuves. Et, au bout d’une demi-douzaine d’heures, le plaisir commence à s’estomper. Certes, la durée de vie est bonne, mais la progression redondante et peu claire. De quoi entailler le plaisir de jeu, vraiment dommage. Après DiRT 4, voici un autre jeu dont le mode carrière déçoit. Regrettable.

Pas de Rewind chez Kylotonn.

Le Rewind, c’est cette petite option qui permet de rembobiner la course et de revenir avant un accident ou une erreur de pilotage. Démocratisée par Codemasters, elle s’est vite retrouvée dans de très nombreux jeux de racing (arcade ou non). Ainsi, même Forza Motorsport en propose. Par contre, le studio parisien n’aime pas trop ça. Aperçue dans WRC 5, cette option n’est plus présente depuis. Un simple bouton réapparition manuelle est disponible afin de se remettre sur le circuit. Mais, on souhaitait évoquer le Rewind surtout pour le studio en lui même. En effet, depuis 2015, les même défauts sont présents de jeu en jeu. Et, ils sont à nouveau là pour V-Rally 4.

A commencer par la modélisation sonore des véhicules. Si, sur certains modèles, c’est assez correct, beaucoup d’autres véhicules offrent un son très étrange et peu réaliste. Même en caricaturant le son, comme dans un Need For Speed, il y a de quoi proposer quelque chose de proche de la réalité. Certains véhicules de ce V-Rally 4 donnent l’impression d’être doublés par des aspirateurs ou, pire, d’une scie circulaire par exemple, comme le Buggy Coccinelle. C’est le premier gros point négatif de ce VR4, malheureusement récurent dans les productions Kylotonn. De même, la sur-présence des crissements de pneus sur les épreuves asphalte. Un vrai calvaire parfois, surtout si votre compagne a mal à la tête. Du côté de la bande-sonore du jeu, il convient de préciser que l’OST est composée de Rap US. C’est sympa sur le coup, si on aime ce genre-là, mais ça tourne vite en rond faute d’une playlist très étoffée, dommage.

Autre défaut récurent, la modélisation des dégâts. Ici, on est dans un jeu arcade, alors l’impact des dégâts est forcément minime, même s’il est présent dans le titre de Kylotonn. Ainsi, il se caractérisera par un perte de puissance, une direction qui tire à gauche ou à droite ou même l’impossibilité d’accélérer à plus de 50 km/h. Mais, visuellement, c’est une catastrophe. Les dégâts font pâte à modeler et bien loin de ce qu’on peut attendre d’un jeu vidéo en 2018. A l’instar de Need For Speed ou Forza, il aurait peut-être été préférable de simplement mettre des éléments détachables (PC av/ar, rétroviseurs et aileron) et de rayer la carrosserie. En tout cas, il est vraiment dommage de voir que les dégâts visuels soient si peu crédibles et si grossiers dans ce V-Rally 4. Une vraie déception.

Enfin, troisième point négatif récurrent dans les jeux Kylotonn, le copilote. Ici, le doubleur français doit être sous Seroplex. Mou, monotone et pas assez fiable. C’est pire que dans les WRC des années précédentes. Certains virages annoncés en « 4 » sont des « 2 », ou inversement. Certains dangers annoncés n’existe pas. Bref, une fois de plus, le copilote d’une production KT n’est pas assez fiable pour pouvoir attaquer à 100%. Trois points sur lesquels on espère que le studio va s’améliorer s’ils continuent à proposer des jeux de rallye et/ou de courses automobiles.

Virtual Rally 4, voyage visuel.

Graphiquement parlant ce V-Rally 4 oscille entre le bon, le moyen et le pas top. Tournant toujours sous le moteur maison, le KT Engine HD, le jeu propose une réalisation inégale. Les véhicules sont plutôt bien modélisés, mais manque d’un petit quelque chose visuellement pour être totalement crédibles. Les proportions des différentes autos (près de 60 ans d’automobile en un jeu) sont bonnes et prouvent une certaine intention portée aux véhicules. Les intérieurs sont bien mieux que ce de Gravel mais inférieurs à ceux de la concurrence à plus gros budget. Car oui, V-Rally 4 n’est pas un AAA (Forza, Need For Speed), il est parfois bon de le rappeler pour éviter des raccourcis trop faciles. Mais, on est en droit de se demander si un moteur générique (Unreal, CryEngine, Unity…) ne pourrait pas apporter un petit coup de boost visuel.

Cependant, V-Rally 4 n’est pas moche. Comme toujours chez KT, les effets de lumières sont excellents et, en HillClimb, on se prend même pour Ari Vatanen à vouloir se protéger manuellement de la lumière. Le détail apportés à certains lieux (Japon par exemple) est bien plus poussé que dans les WRC. Les niveaux, sauf ceux dans le désert logiquement, proposent de nombreux détails et un soin particulier pour proposer une immersion et offrir une carte postale du pays assez crédible. Certes, toutes les textures et tout n’est pas parfait, certains éléments font plus grossiers, mais d’une manière générale ce V-Rally 4 est visuellement correct, voire plutôt bon à certains moments.

Ari Vatanen à Pikes Peak? Non, V-Rally 4 !

Techniquement parlant, Kylotonn progresse. Moins de bugs, moins de soucis de collision, et des chargements assez corrects malgré le générateur de spéciales. Le framerate est constant même si celui-ci ne semble pas tourner à 60fps. Cependant, rassurez-vous, le jeu est fluide… même en écran partagé ! L’IA, par contre, est assez forte en début de carrière pour devenir assez facile à battre par la suite. Dommage. Surtout de voir que l’on roule en « histo » contre des modernes… Aussi, en RX et en Buggy, l’IA a tendance à être assez agressive. Amusant quand tous vos concurrents se plantent dans le même virage. Énervant quand le deuxième vous dégage de la piste en vous doublant.

Points positifs

  • 100% arcade, 100% plaisir
  • Variété des plaisirs et des courses
  • Durée de vie
  • Le HillClimb
  • Le Rallye du Japon
  • Ecran splitté
  • Générateur de spéciales

Points négatifs

  • Sons moteurs
  • Copilote
  • Dégâts visuels
  • La progression et la lisibilité du V-Rally Mode
  • On aurait aimé encore plus de contenu
  • Pas de Subaru !!

Note

Graphismes 70%
Bande Son 55%
Prise en main 75%
Plaisir de jeu 80%
Durée de vie 75%
Technique 75%
Conclusion

En conclusion, ce V-Rally 4 est une bonne surprise. Contrairement à d’autres jeux, les vidéos de gameplay ne rendent pas hommage aux sensations une fois le pad en mains. Orienté arcade, la nouvelle production de Kylotonn Games offre pas mal de plaisir. Certes, tout n’est pas parfait, et on retrouve un gameplay glissant comme dans V-Rally 3, mais le cahier des charges du bon jeu d’arcade est rempli. Peut-être un peu moins fun qu’un Gravel, ce V-Rally 4 relance plutôt bien la série. Cependant, KT est passé tout près d’en faire un excellent jeu. La faute à des défauts récurrents (bruitages moteurs, copilote et modélisation des dégâts) mais aussi à un mode carrière décevant et à un contenu un chouïa limité. Heureusement, avec son générateur de spéciales, son mode écran splitté et son mode online, des heures et des heures de plaisir vous attendent. Seule condition ? Aimer l’arcade. Mais, il est clair que le jeu trouvera son public et parviendra à séduire nostalgiques et nouveaux venus de la licence.

Note finale 72% Bon retour

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