Test

Days Gone : notre verdict sur le survival exclusif PS4


Fiche jeu

  • Editeur:Sony Interactive
  • Developpeur:SIE Bend Studio
  • Supports:PS4
  • Genres:Survival-Horror
  • Nombre de joueurs:1
  • Date de sortie:26 avril 2019

Véritablement attendu sur Playstation 4, Days Gone est désormais disponible. Et avec un genre aussi prisé que celui du Survival-post-apocalyptique, forcément, les développeurs de SIE Bend Studio étaient attendus au tournant. Alors, ce jeu en open-world est-il suffisamment consistant et original pour captiver les foules où, au contraire, sombre-t-il dans trop de classicisme ? Réponse dans notre test de Days Gone.

Days Gone : un lancement inquiétant…

Ne jouons pas le suspense et soyons francs d’emblée, les premières séquences cinématiques -d’introduction- de Days Gone ont plutôt tendance à refroidir. Car, si le contenu en lui-même correspond pleinement à ce que l’on attend d’un scénario post-apocalyptique, cette mise en scène rappelle de suite des références telles World War Z, Walking Dead et même, The Last of Us. En gros, notre héros doit se séparer de sa belle, partie en hélicoptère vers des contrées plus hospitalières pendant que son chéri ambitionne de nettoyer les parages en compagnie de son meilleur pote. Bon, voilà, rien d’extraordinaire mais, dans ce type de jeu selon nous (et cela n’engage que Le Mag Jeux High Tech), c’est surtout le gampeplay, l’action et l’ambiance qui priment.

…mais finalement !

Et dans ces domaines, heureusement, Days Gone s’en sort avec les honneurs. Dès le lancement de la première partie (le fil conducteur étant la recherche de madame), l’ambiance que nous attendions est au rendez-vous. Nous voilà sur une route vieillie par le temps, traversant une épaisse forêt, avec des véhicules accidentés jonchant l’asphalte et le décor, le tout agrémenté d’une ambiance sonore parfaitement orchestrée et surtout, maîtrisée. Il en résulte une atmosphère de fin du monde particulièrement bien retranscrite et, logiquement, un sentiment angoissant de solitude…mais aussi de liberté ! Terriblement jouissif…

D’entrée, c’est au guidon d’une moto -appelée à évoluer- que la découverte de la contrée se fait. Il s ‘agira-là de votre meilleur (et unique) moyen de transport, alors mieux vaudra en prendre soin, la survie « à pied » étant loin d’être garantie, en ces lieux dévastés, contaminés. Car les individus hostiles ne manquent pas. D’ailleurs, il suffit de s’engouffrer pour la première fois dans un tunnel obstrué par des véhicules (que vous pourrez pousser pour dégager le passage) pour s’en rendre compte. Les infectés/zombies affectionnant l’obscurité, comme vous l’imaginez, ces derniers apprécient de concevoir leurs nids (oui, il y a des nids, à détruire aussi souvent que possible pour ralentir la propagation) dans ces galeries conçues par l’humain. Heureusement, au début, les premières rencontres restent relativement simples à négocier. Un premier contact voulu « soft », juste histoire de nous mettre au parfum en nous glissant une once d’angoisse, subtilement. Ainsi, après cette « expérience », l’entrée dans chaque tunnel disséminé sur la map provoquera un incontrôlable stress, qu’il y ait, ou non, une rencontre désagréable à la clé.

On regrettera tout de même que les zombies soient simplement copiés-collés les uns les autres, avec des tenues identiques passés les 3 ou 4 modèles originaux. Pour le coup, cela casse un peu avec l’aspect très réaliste de l’aventure. Idem concernant les survivants que vous serez amenés à sauver (ou pas, car rien ne vous y obligera), qui possèdent tous, strictement, la même tête. Pour un jeu en développement depuis tant d’années, franchement, c’est un peu décevant. Bien qu’il ne s’agisse que d’un détail.

Outre ces charmants ex-humains en putréfaction, vous rencontrerez aussi des clans et autres bandits de grand chemin, attirés par l’appât du gain. Car, de petites villes, stations essence, camps dévastés et autres villas font partie de l’environnement, lesquelles regorgeant d’accessoires, munitions, trousses de soin et autre bidons d’essence. A vous d’utiliser ces mercenaires à votre avantage, par exemple en les attirant vers des groupes de zombies, histoire qu’ils s’écharpent entre eux. Restera, alors, plus qu’à achever les quelques survivants…survie, nous vous disions !

Une technique que vous pourrez aussi utiliser face aux animaux sauvages comme les loups (particulièrement virulents) et ours, lesquels, une fois mort, vous permettront de récolter un peu de viande. Des chevreuils seront aussi de la partie, toujours dans l’optique de vous offrir des sessions de chasse, moins dangereuses il est vrai.

Car, c’est bien là l’autre aspect de Days Gone : la survie. Et en la matière, les développeurs ont bien bossé. En effet, au gré de l’avancée dans le scénario et/ou dans les missions annexes, il faudra gérer son équipement avec la plus grande attention. Qu’il s’agisse des balles de votre fusil à pompe (ou pistolet, mitraillette, etc.), de vos bandages de soins ou même, de l’essence de votre moto, il sera impératif d’anticiper. Sous peine de vous trouver, par exemple, en panne sèche, au beau milieu d’une contrée servant de maison aux infectés ! De nuit, cela s’avère souvent mortel…Outre le carburant, il faudra aussi entretenir votre deux roues assez régulièrement. Soit en la confiant à un mécano, soit en la réparant vous-même, à l’aide de ferraille récupérée sur des carcasses de voitures. Oui, il faut vraiment fouiller tous les recoins du pays pour optimiser ses chances de survie. Encore un excellent point.

Une merveille pour la rétine !

Heureusement, de nombreuses maisons/villes sont présentes sur la carte et les points d’essence indiqués sur la map. Mais cela vous contraindra, souvent, à vous détourner de votre objectif du moment pour récupérer le matériel souhaité. Chose qui vous attirera, souvent, d’autres problèmes. Mais après-tout, visiter cet open-world d’une beauté apaisante (enfin, dans certains cas, en journée…) n’a pas de prix. Car, oui, Days Gone est vraiment réussi graphiquement. Des conditions météorologiques parfaitement représentées, des effets nuit/jour maîtrisés, des panoramas parfois époustouflants et surtout, variés, difficile de trouver quelque chose à redire. Si ce n’est que nous aurions aimé profiter d’expressions de visages plus poussées, pour un réalisme accru. Dommage également, les chutes de framerate et les quelques bugs, qui assombrissent le tableau, en matière de technique pure.

Ceci étant dit, l’atmosphère (cette bande son !!) a été tellement soignée que vous n’y prêterez pas plus attention que cela, préférant rester « alerte », juste au cas-où. Car il se passe toujours quelque chose, dans Days Gone, croyez-nous…

De manière plus concrète, vous devrez suivre un fil conducteur en matière de scénario, tout en remplissant des objectifs secondaires. Apporter tel médicament à un tel pour obtenir telle chose (avec des notions de choix, à faire), nettoyer tel endroit de ses zombies, brûler un corps, trouver un objet en particulier ou même, anéantir des bandits en infiltrant leur camp sont autant d’objectifs possibles. D’ailleurs, la notion de discrétion/infiltration sera souvent exploitée, quelles que soient les circonstances. L’idée, anéantir de nombreux ennemis progressivement, pour contourner la problématique liée à votre désavantage numérique. Ou même, écouter une conversation importante d’ingénieurs venus procéder à quelques analyses sur place…

Passons à l’aspect social, qui est bien présent lui aussi. Car, si vous serez esseulé la majeure partie du temps, cous aurez la possibilité de faire une pause dans des camps. Dans le cadre d’une mission, par exemple, mais aussi afin de vendre ou d’acquérir des choses comme de la nourriture, des oreilles de zombies (si, si), des pièces de moto, des armes et autres recettes de cuisine. Certaines de ces actions (et les missions annexes liées au camp visité) vous permettront aussi d’améliorer la confiance générale que vous porteront les autochtones. Utile pour débloquer de nouveaux accessoires, munitions, missions et autres réjouissances.

Une prise en main qui manque de fluidité

Et qui dit accessoires divers et variés dit menus. Alors à ce niveau, nous touchons du doigt un autre défaut du soft. En effet, un certain manque de fluidité dans la sélection des armes et accessoires nous est apparu. Il aurait, par exemple, été plus simple de pouvoir changer d’arme à l’aide d’une pression sur une touche. Au lieu de cela, il faut régulièrement ouvrir le menu dédié, même en pleine action, notamment pour assigner une arme (ou pour fabriquer, dans la hâte, un soin ou un cocktail molotov) disposant de munitions. Globalement, donc, les commandes de jeu n’ont pas été suffisamment optimisées, selon nous. Pas idéal dans le feu de l’action.

Revenons-en aux affrontements afin d’évoquer plus précisément l’arsenal. Vous disposerez de pistolets (possibilité d’achat de silencieux), fusils à pompe, mitraillettes diverses mais aussi, de grenades, cocktails molotov (idéal pour anéantir les nids) ainsi que des armes de mêlée. La hache est particulièrement redoutable mais dans l’urgence, vous pourrez aussi vous saisir d’une batte, d’un couteau ou même, d’une simple planche de bois. Et dans le cas où vous perdriez la face, des QTE plutôt bien pensées vous permettront de récupérer l’avantage dans ces combats au corps à corps. De plus, au fil de la réussite des missions, vous gagnerez aussi des atouts où capacités. Accroître la jauge de vie, d’endurance où améliorer votre vélocité au corps à corps, profiter d’une meilleure précision au tir, n’en sont que quelques exemples.

Days Gone : un plaisir de jeu incommensurable

Terminons avec ce qui est prépondérant dans un tel soft, du moins selon nous, le plaisir de jeu. Et bien, rassurez-vous, à ce niveau, c’est le panard ! Car, malgré ses défauts, le jeu réussit le tour de force de nous captiver, nous angoisser, nous surprendre, sans jamais lasser. Pourtant, la mécanique de jeu n’est pas novatrice. Mais grâce à son cocktail de graphismes et de sons/musiques vraiment réussi, son atmosphère exceptionnelle, sa notion de survie très poussée et son action intense et prenante, Days Gone fait plus que le job. Seuls celles et ceux qui s’attendaient à la perfection et/où à un scénario de haute volée seront déçus…

Points positifs

  • Une atmosphère post-apocalyptique diablement bien retranscrite
  • Les graphismes (décors, météo)
  • Les compositions musicales, qui mettent vraiment "dedans"
  • La map en open world
  • On reste captivé tout le long, malgré le scénario sans surprise
  • On flippe souvent, nos sens sont en alerte constante, jouissif
  • Les phases en moto
  • Un vrai jeu de survie avec gestion impérative...de tout !
  • La durée de vie assez importante

Points négatifs

  • Des ralentissements/chutes de framerate
  • Quelques bugs
  • Un scénario vu et revu
  • Une mécanique de jeu vue et revue
  • Le jeu au pad n'est pas toujours ultra-intuitif (menus, objets, etc.)
  • Manque de diversité (visuelle) dans les ennemis

Note

Graphismes 97%
Bande-Son 100%
Prise en main 72%
Plaisir de jeu 98%
Durée de vie 92%
Conclusion

Alors, certes, Days Gone n’est peut-être pas le jeu mythique attendu ! A défaut, nous avons quand-même à faire à une bombinette vidéoludique, généreuse en plaisir de jeu et en durée de vie. Mais c’est surtout ses somptueux visuels, son ambiance sonore haut de gamme et son aspect survie exacerbé qui nous ont convaincu.

Oui, Days Gone est un excellent Survival post-apocalyptique qui devrait séduire tous les amateurs de ce registre bien précis, qu’ils s’agisse de jeux vidéo ou de productions cinématographiques. On ne s’ennuie pas une minute, en dépit d’un scénario et d’une mécanique de jeu vus et revus si bien que les quelques déchets techniques (bugs, ralentissements) ne restent pas gravés dans la mémoire.

Nous avons clairement passé un excellent moment et y retournons même de ce pas, juste pour le plaisir de parcourir l’open world en nous lançant dans des missions opportunistes ! Une réussite imparfaite, mais réussite tout de même. Incontournable sur PS4.

Note finale 92% Haletant !