Crushed in Time est le nouveau jeu du talentueux français Draw Me a Pixel, à qui on doit déjà l’excellent There Is No Game : Wrong Dimension. C’est là que nous avons pu voir pour la première fois les versions de Sherlock Holmes et John Watson qui sont les héros de Crushed in Time. Nous l’avons terminé et voici ce que nous en avons pensé.
Crushed in Time brise toutes les barrières
Pour comprendre Crushed in Time, il faut revenir rapidement sur There Is No Game Wrong Dimension. Ce jeu, sorti en 2020, était déjà particulier, très méta, qui cassait en permanence le 4ème mur pour s’adresser au joueur. Il n’y avait pas vraiment de joueur dans ce jeu, nous incarnions l’utilisateur d’un PC qui tentait de lancer un programme et tombions face à une interface qui ne cessait de nous répéter qu’il n’y avait pas de jeu, en gros.

À force de cliquer partout et de vouloir à tout prix lancer un jeu, le titre finissait par charger une version point’n’click de Sherlock Holmes et Watson. Ceux-ci ne faisaient qu’une apparition rapide le temps de quelques énigmes, avant que le titre ne passe à autre chose. Mais les deux personnages ont suffisamment marqué les esprits, apparemment, pour avoir droit à leur propre jeu : Crushed in Time. Nous voici donc en juin 2026 et le titre est disponible sur PC, pour notre plus grand plaisir.
Nous retrouvons ainsi Holmes et Watson dans leur propre aventure, avec tout de même un petit twist de gameplay. Ici, on ne clique pas sur une zone du décor pour se déplacer : on attrape nos personnages, on tire dessus comme s’ils étaient élastiques, puis on lâche. Ce qui leur colle de grosses baffes virtuelles et les fait se déplacer pour éviter de s’en prendre une nouvelle. Et ce n’est que la partie immergée de l’iceberg.
Une aventure élastique qui donne la banane
Dans Crushed in Time, Sherlock et Watson sont tranquillement chez eux quand on sonne à la porte. Une lettre arrive et avant même de pouvoir la lire, le jeu vous apprend ses mécaniques. Car l’enveloppe est allée se coller au plafond et il va falloir la faire descendre. On va alors claquer les persos, claquer les meubles pour les faire bouger, faire sauter des objets et trouver dans quel ordre faire tout ça pour faire avancer l’histoire.

Vous vous doutez bien que ça ne se limite pas à ça et le studio a été suffisamment malin pour proposer des variations de son gameplay pour renouveler l’intérêt du joueur au fil des 10 chapitres qui composent l’aventure. Si jamais vous bloquez, un système d’aide composé d’un, deux, ou trois indices vous met sur la piste de ce qu’il faut faire pour vous débloquer. Le premier est assez global, le deuxième resserre l’étau et le troisième donne clairement la solution.
Vous allez en avoir besoin, même si un trophée demande de finir le jeu sans utiliser le système d’aide, car certaines énigmes sont vraiment alambiquées. Même si, une fois que vous aurez trouvé la solution, celle-ci vous semble logique. Si tant est que la logique ait un sens dans ce jeu. Mais il y en a quand même une qui rentre finalement assez vite en tête quand on l’a comprise.
Crushed in Time est conscient d’être un jeu
Tout comme There Is No Game Wrong Dimension, Crushed in Time nous met face à un jeu qui sait qu’il est un jeu. C’est dur à expliquer, mais vous comprendrez rapidement en jouant au jeu, même à la démo. Les personnages de Sherlock et Watson se demandent quelle est cette force mystique qui leur tire le visage en permanence. Vous allez rapidement faire tomber le titre du jeu dans les décors du titre pour faire progresser l’aventure, ou encore faire tomber un faux décor, les fameux murs invisibles des jeux vidéo.

Et je n’en dirais pas plus sur cet aspect, car ça va beaucoup plus loin dans la suite du titre. Sans compter que Crushed in Time, comme son nom l’indique, a aussi toute une composante autour du voyage dans le temps. Avec tout ce que ça peut comporter comme paradoxes et problèmes.
Mais il ne faut pas s’attendre à ce que Crushed in Time prenne tout ça au sérieux : entre un Sherlock Holmes imbu de lui-même, odieux et vieux jeu, et un Watson un peu plus réaliste mais constamment rabaissé par son ami, les vannes fusent à toutes vitesses. Ces deux-là et d’autres que vous rencontrez en chemin n’arrête pas de se chamailler et de se vanner, ce qui donne lieu à des répliques hilarantes. Car l’humour est omniprésent dans le jeu.
Un jeu brillant quasiment à tous les niveaux
Une fois lancé, il nous a été difficile de lâcher Crushed in Time. Que ce soit pour l’histoire, même si celle-ci est, finalement, déjà vu, l’humour, les énigmes et la mécanique de gameplay originale du titre, le jeu est très attachant. On passe par des situations complètement ubuesques, sans dessus dessous, qui nous donnent toujours le souris aux lèvres alors qu’on sait qu’on va devoir se casser la tête pour progresser.
Le jeu est intégralement doublé en anglais, avec un bon travail de la part des acteurs pour faire vivre des personnages à l’apparence un peu simple. La formule fonctionne très bien et on rentre tout de suite dans l’ambiance décalée et déjantée du titre. Les sous-titres français sont là pour qu’on puisse suivre l’aventure sans problème.

Si on devait se creuser pour faire quelques reproches au jeu, peut-être quelques petits bugs techniques, mais sûrement corrigés à la sortie ou juste après. Et, vraiment pour dire quelque chose, une fin qui se traîne un peu. Dans le sens où, à un moment, on pense avoir fini le jeu, mais un petit twist fait qu’on le continue encore un peu (et il n’y a pas de mal à ça) … et ça recommence quelques minutes plus tard. Je n’ai rien contre un peu de rab, mais là ça faisait peut être un peu trop.
Mais comme j’ai dit, c’est vraiment pour pinailler. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri devant un jeu. J’ai passé un excellent moment à parcourir les dix chapitres et à comprendre comment twister les mécaniques du jeu pour progresser, avec un recours un peu trop fréquent aux aides aux dépends de mon ego de gamer. Crushed in Time est assurément un très bon point’n’click auquel on souhaite le succès public qu’il mérite.
Notez que Crushed in Time est disponible seulement sur PC, via Steam, et qu’il est jouable aussi bien à la manette qu’à la souris.
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