TEST, Halo : Campaign Evolved, le Master Chief est de retour dans un séduisant remake !
Cette année la Xbox fête ses 25 ans ! Un quart de siècle que Microsoft est arrivé sur le marché des consoles de salon face à Sony et Nintendo. Cet anniversaire s’accompagne de celui de l’une des licences les plus emblématiques du constructeur : Halo. Pour l’occasion, le premier opus a droit à un remake total. Et comme Xbox s’est lancé dans le multi-supports depuis l’an dernier, Halo : Campaign Evolved arrive sur Playstation 5 en plus d’une sortie sur PC et Xbox Series. Un double événement donc qui va ravir les joueurs Sony qui n’ont jamais pu goûter aux joies d’être un Spartan. Mais proposer un remake d’une licence aussi culte est toujours un poil risqué. Est-ce que ce remake est assez convaincant pour séduire tous les joueurs ? La réponse dans notre test.
Non mais Halo quoi ?! Un FPS sur consoles ?
Ce fut un peu la réaction de nombreux spécialistes et joueurs quand Microsoft a dévoilé sa première exclusivité majeure pour le lancement de sa console de salon en 2001. Depuis, Halo a fait taire les critiques et a même su ouvrir la voie aux First Person Shooter (FPS) sur consoles. Car oui, à l’époque, c’était plutôt osé de miser sur un FPS au lancement d’une console. Si le genre était déjà bien populaire sur PC (Doom, Quake, Wolfenstein, Half-Life, Soldier of Fortune, Medal of Honor…), il est souvent décrié sur consoles à l’exception du mythique GoldenEye 007 sur Nintendo 64. Et pourtant, Bungie Software capitalise sur son expérience avec Marathon pour abandonner les jeux tactiques (Myth) et proposer une exclusivité de poids au lancement de la toute première console. Son nom ? Halo : Combat Evolved.
Dans Halo, vous incarnez le Spartan John-117, surnommé Master Chief dans le milieu. Il s’agit d’un “surhomme” modifié et entraîné depuis l’enfance pour devenir un super soldat de l’UNSC (United Nations Space Command). Il se distingue par sa grande taille, sa combinaison robotique verte et sa personnalité froide et laconique. Ce John Rambo du futur est devenu en un quart de siècle l’un des personnages les plus célèbres du jeu vidéo et l’égérie de la marque Xbox.
Ce premier opus, et son remake, nous plongent en 2552. Les humains, qui sont partis coloniser d’autres planètes entre-temps, sont en guerre contre l’Alliance Covenante, une union d’espèces extraterrestres anti-humanité. Le Spartan John-117 se trouve à bord d’un gigantesque croiseur intergalactique qui fuit l’explosion de la forteresse humaine, Reach. Après un saut hyperspatial, le vaisseau se retrouve nez à nez avec une structure artificielle en forme d’anneau. Mais dans le même temps, les Covenants attaquent le Pillar of Autumn. Face à cette invasion surprise, le commandant du vaisseau décide de sortir le Spartan John-117 de son “profond sommeil”.Une fois sorti de votre cryostase, vous devez vite combattre les ennemis et rejoindre votre Capitaine. Malheureusement, les Covenants sont trop nombreux et la situation est désespérée. Le Capitaine vous confie alors Cortana, l’intelligence artificielle la plus avancée de l’UNSC, qui contient tout le savoir de l’Humanité et qui ne doit surtout pas tomber entre les mains Covenantes. Lors de votre fuite, vous vous écrasez sur Halo et vous décidez d’explorer ce drôle d’endroit, accompagné de Cortana.
Le jeu de SF vire à l’horreur avec la rencontre d’une nouvelle menace sur Halo, les Parasites. Cette forme de vie invasive se développe à vitesse grand V et s’attaque à tout ce qui vit sur Halo. Cortana et vous allez donc devoir l’affronter et résoudre ce mystère supplémentaire dans un endroit tout aussi énigmatique. Voilà comment l’on peut résumer le scénario du premier opus de la célèbre licence. Vous l’aurez compris, les développeurs, dès 2001, ont su jongler avec brio entre plusieurs styles. Et c’est sûrement ce qui a fait la force et le succès du jeu. Si l’histoire ne casse pas trois pattes à un canard, elle a le mérite d’être captivante et de proposer un duo qui fonctionne très bien. Le séduisant hologramme d’une IA intelligente et prévenante qui accompagne un colosse de soldat plus bavard avec son fusil qu’avec des mots. Ces personnages, presque clichés au début, se révèlent finalement attachants et font la force de ce FPS. Mais soyez-en sûrs, ce n’est pas le seul point fort de ce Halo. Mais pour ceux qui connaissent la licence, nos propos ne font qu’enfoncer des portes ouvertes. Alors il est temps de vous parler du remake en lui-même.
Remake Noire.
Commençons par l’aspect visuel car ce qui frappe et change le plus dans ce remake concerne la réalisation graphique du jeu. Enfin, la direction artistique (D.A) plutôt. Si le jeu mixe entre SF et horreur depuis 2001, il convient de noter que les développeurs du remake ont voulu retravailler la partie horreur du jeu. Ainsi, la D.A des niveaux concernés est plus sombre qu’à l’époque. Là où il y a 25 ans les couleurs vives de certains murs restaient bien visibles, en 2026, ces mêmes murs sont désormais recouverts de la faune liée aux parasites. Même les premiers parasites sont beaucoup moins mignons qu’en 2001 et ont perdu leur couleur verte. Le côté jeu vidéo d’horreur est forcément plus présent et plus impactant. Il y a encore plus deux jeux en un qu’il y a un quart de siècle. Ce choix est peut-être là afin de tendre vers un genre qui n’a jamais autant eu la cote qu’actuellement. Quoi qu’il en soit, Halo : Campaign Evolved pourrait presque être comparé à un Resident Evil par moment.
Pour le reste de la réalisation graphique du jeu, ce Halo cuvée 2026 bénéficie de l’Unreal Engine 5. Le rendu est très joli et le fossé entre l’opus d’origine et ce remake est saisissant. En même temps, après plus de deux décennies, c’est tout à fait normal. Les développeurs ont su bien profiter du moteur graphique pour proposer un véritable voyage spatial. Encore plus qu’en 2001, la variété des décors est frappante. Les niveaux en extérieur sont beaucoup plus vastes et aérés. Cela donnerait presque envie de partir en exploration mais le jeu nous rappelle rapidement à l’ordre. Car oui, Halo 1 est avant tout un FPS dirigiste et non un jeu en open world. D’une certaine façon, c’est un ouf de soulagement, car l’overdose de jeux en monde ouvert en devient indigeste. Les développeurs sont parvenus à faire évoluer le jeu sans le dénaturer, que ce soit graphiquement ou au niveau du gameplay, et c’est un réel plus.
Notons aussi que ce remake propose désormais de jouer à quatre la campagne. Cette feature s’oriente principalement vers le multijoueur mais sachez qu’il est également possible de jouer à deux sur la même console ! Un véritable plus, très rare en 2026. On ne peut que remercier Halo Studios de nous offrir cette opportunité. Revivre la campagne à plusieurs devrait permettre à certaines bandes de copains de s’offrir un sacré boost de nostalgie. Par contre, nous sommes assez surpris de voir que le multijoueur compétitif a été abandonné. C’était pourtant l’un des atouts majeurs du jeu en 2001 et de la première XBOX. Néanmoins, cela n’enlève rien à la qualité intrinsèque du remake, vous allez le voir.
Fun, Plaisir et Sensations, c’est ça Halo !
Déjà à l’époque, Halo a su séduire une génération entière de gamers grâce à son gameplay sensationnel. En 2026, la recette est toujours aussi savoureuse. Le gameplay est fluide, rapide et nerveux. Les sauts servent plus d’esquive que de mouvement pour monter sur un obstacle. Buter des aliens ou des parasites avec un fusil à pompe est jouissif, c’est valable depuis plus de 25 ans et c’est sûrement l’un des meilleurs moments de ce Halo : Campaign Evolved. Pour les nouveaux venus, c’est aussi un bon moyen de découvrir ce qu’est un FPS nerveux et intense. Les amateurs de Speedrun vont également pouvoir s’en donner à cœur joie avec ce jeu car le gameplay s’y prête à merveille. Encore une fois, les développeurs sont parvenus à faire évoluer le gameplay sans le dénaturer.
Ainsi, plusieurs idées venues d’opus plus récents sont incorporées dans Halo : Campaign Evolved. Par exemple, les crânes cachés à découvrir et à activer. Présents depuis Halo 2, ils font leur arrivée dans le premier opus grâce au remake. Ces objets cachés permettent de refaire les missions avec des bonus spécifiques (missions infinies par exemple). L’un des crânes va faire parler sur internet car il permet d’ajouter une vue à la troisième personne. Un petit bonus sympa, mais que les puristes se rassurent, le jeu est toujours un FPS. Il est désormais possible de ramasser les armes ennemies et de s’en servir, un vrai plaisir surtout quand celles-ci sont extrêmement efficaces. Se composer un arsenal mi-humain, mi-alien est très appréciable. Aussi, le remake propose également de détourner et piloter les vaisseaux ennemis. Ainsi, il n’y a plus que le Warthog qui est conduisible dans le jeu. À l’instar d’un Just Cause, il est donc possible d’attaquer un véhicule ennemi et de le piloter. Par contre, il va falloir faire preuve d’un bon timing pour éviter de finir en pâté pour chat trop rapidement. Enfin, mode actuelle oblige, différents skins pour le Master Chief et les armes sont disponibles pour personnaliser l’expérience.
Autre grosse nouveauté d’Halo : Campaign Evolved : trois nouvelles missions ! La durée de vie du jeu de base est déjà assez bonne pour un FPS old school, avec 7-8 heures pour un premier run. Mais les développeurs proposent de prolonger l’expérience avec l’Opération Météorite. Vivez trois missions bonus où l’on suit le Master Chief et le sergent Avery Johnson alors qu’ils infiltrent un vaisseau agricole Covenant. Cette préquelle se déroule un an avant les évènements du jeu mais n’apporte pas vraiment un réel plus scénaristique. Ces nouvelles missions sont surtout là pour prolonger l’aventure encore un peu plus et doper la durée de vie. Un cadeau appréciable de la part des développeurs.
La VF de la discorde.
Depuis quelques mois XBOX déçoit les joueurs français en supprimant la VF de certains de ses jeux (Forza Horizon 6 et prochainement Fable). Pour Halo : Campaign Evolved, le choix est différent puisque le jeu est entièrement doublé en français. Par contre, les fans de la première heure sont vent debout depuis l’annonce d’un doublage remanié. Ainsi, l’excellent David Krüger ne double plus le Master Chief. Pour Cortana, qui avait déjà eu un changement de doubleuse avec Halo 4, c’est aussi une nouvelle voix qui est présente dans ce remake. Une déception pour les fans de la série, c’est certain. Cependant, pour les nouveaux joueurs, cela ne nuira pas à l’expérience de jeu. Les nouvelles voix sont convaincantes, surtout celle de Cortana. Bien sûr, tout n’est pas parfait, il y a un petit côté robotique parfois et certains personnages secondaires sont peut-être un peu trop dans le “surjoué”. Mais en tout cas, cette VF 2026 reste correcte. Ce qui est vraiment dommage, c’est la volonté d’Xbox de se passer de certains doubleurs iconiques ou reconnus à cause de son souhait d’utiliser l’IA à l’avenir. Car oui, l’absence de VF dans les jeux XBOX vient d’une opposition entre la société américaine et les doubleurs français quant à l’utilisation de l’IA. Nous serons probablement nombreux à être remplacés par l’IA et des “humanoïdes” dans le futur (cela donne envie de rejouer à Detroit : Become Human), alors autant profiter du savoir-faire humain encore un peu, non ?
Toujours d’un point de vue sonore, les fans seront heureux de retrouver les musiques originales du jeu de 2001. Pour les nouveaux joueurs, cela offrira un véritable voyage dans le temps car ces musiques sont assez typiques du début des années 2000. Malgré tout, cela fonctionne très bien. L’aspect symphonique du thème principal est toujours aussi grisant, de quoi donner la chair de poule à certains. Pour ce qui est des bruitages et de l’ambiance sonore en général, ce Halo : Campaign Evolved s’en tire très bien. La réalisation sonore est de bonne facture, c’est indéniable. Petit coup de cœur pour les Grognards (Unggoy) qui visiblement ont su inspirer les Minions !
Terminons en évoquant l’aspect technique du jeu. L’ensemble est de bonne facture. Lors de notre session de test, nous n’avons eu aucun bug majeur ni ralentissement. Quelques petits bugs de collision et d’interaction (une arme impossible à récupérer par exemple) sont à dénoter mais rien de grave. Le plus choquant restant l’IA ennemie. En 2001, Halo faisait partie des meilleurs jeux en la matière. En 2026, ce n’est plus le cas. Une fois contournés, certains ennemis deviennent totalement aveugles. Il est même possible de nettoyer quelques salles en attaque de mêlée uniquement. Le fait d’arriver vite derrière un ennemi ne l’alertera pas systématiquement. Bref, F.E.A.R (2005) devrait rester encore longtemps comme le FPS avec la meilleure I.A ennemie. En attendant, il est juste dommage de voir que le remake d’Halo fait moins bien que l’original sur ce point.
Halo : Campaign Evolved, notre bilan.
25 ans plus tard, le Master Chief nous emmène à nouveau découvrir Halo. Pour les fans de la première heure c’est un voyage qui va faire du bien. Pour ceux qui découvrent la licence, cette visite intergalactique sera un réel plaisir. Halo : Campaign Evolved est un excellent remake, que ce soit techniquement, visuellement ou en matière de gameplay. Le jeu évolue sans dénaturer l’œuvre de base. Alors oui, tout n’est pas parfait (pas de online, l’IA ennemie moins bonne qu’à l’époque) et le changement de VF fera grincer quelques dents. Mais cela n’empêche pas le titre d’Halo Studios de se placer comme l’un des meilleurs titres de l’année 2026 et l’un des meilleurs FPS de ces dernières années. Preuve que 25 ans après, la recette est toujours aussi succulente !
Les + :
. Un FPS toujours aussi efficace et captivant
. Bonne durée de vie
. Quelques nouveautés
. Un vrai remake
. Jouable en écran scindé
. Plutôt joli
Les – :
. Quelques longueurs
. Pas de mode en ligne compétitif
. La VF va faire débat
. L’IA ennemie pas toujours au top
. Téléchargement et connexion obligatoire même avec le jeu sur disque
Graphismes : 8/10
Technique : 7.5/10
Gameplay : 9/10
Bande-son : 8/10
Plaisir de jeu : 8/10
Durée de vie : 7.5/10














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