Test de Onimusha : Way of the Sword sur PS5, le bonbon de la rentrée

Par Benjamin Barois , le 11 septembre 2026 , mis à jour le 11 septembre 2026 - 11 minutes de lecture

Onimusha : Way of the Sword marque la renaissance d’une licence culte chez Capcom, qui a fait le bonheur notamment des joueurs PS2. Une franchise de jeux d’action mâtinés de folklore et d’un peu d’horreur où l’on combat des démons pour absorber leur âme via un gantelet. Ce retour vaut-il le coup ? Voici notre avis.

Onimusha : Way of the Sword, retour d’une licence culte

Mon histoire avec Onimusha n’est pas très développée, mais je me souviens avoir adoré voir Jean Reno en héros et personnage jouable d’Onimusha 3 sur PS2. L’acteur, vedette incontournable au pays du Soleil Levant, avait eu les honneurs de devenir le héros de cette franchise qui, à l’époque déjà, avait un petit statut de culte. Je n’ai jamais touché à d’autres épisodes, par manque de temps et d’argent, sûrement à l’époque. Mais quand j’ai vu l’annonce de ce retour, j’ai été curieux au début, enthousiaste par la suite.

Musashi versus un Genma dans Onimusha : Way of the Sword

Enthousiaste suite au parcours de la démo PS5 mise à disposition quelques semaines avant la sortie du jeu. Et j’ai retrouvé un plaisir simple de joueur, celui d’un jeu “simple” dans le sens où il ne propose pas whatmille quêtes annexes, avec une progression plutôt couloir, à l’image d’un God of War nouvelle génération. Bon, ce n’était que la démo et on verra que le titre complet est légèrement différent des impressions laissées par la démo. Mais le ressenti est le même : j’ai pris un plaisir fou à jouer à Onimusha : Way of the Sword.

Le jeu met en scène Miyamoto Musashi, un samouraï fort en gueule et débonnaire, qui va vite se prendre une leçon d’humilité par les démons qui foulent les terres du Japon. Arrivé aux portes de l’Enfer, il se fait remettre un gantelet magique soudé à son bras et une mission : éliminer les démons, les Genma, puis absorber leur âge grâce au fameux gantelet. Pour éviter que l’enfer ne déferle sur terre. Et voici Musashi de retour sur Terre, avec une puissance décuplée et une envie d’en découdre.

Un monde pas si ouvert que ça

Onimusha : Way of the Sword n’est pas un jeu d’action à la God of War version 2018, avec de longs couloirs à parcourir et des boss à occire. C’est ce qu’on pourrait croire au début, en ayant fait la démo, mais en fait, nous atterrissons ensuite à Kyoto qui va servir de hub au jeu. Une ville qu’on peut explorer et dévoiler en libérant des zones infestées de Genma, avec des autels où il est possible de prier et se téléporter vers d’autres zones de la ville. Ou d’autres mini zones plus en mode couloir, qui sont le terrain de missions du scénario.

Musashi affronte des Genma dans le Kyoto d'Onimusha Way of the Sword

Le Kyoto d’Onimusha : Way of the Sword n’est pas immense, et c’est un bon point pour le jeu de Capcom. Le titre a compris qu’il ne suffit pas de faire dans le gigantisme pour plaire. La ville est grande, mais pas trop pour se perdre. Il y a quelques PNJ qui donnent des missions secondaires et surtout des montres qui arpentent ses rues. La moindre excursion peut nous coûter la vie donc on part bien préparé et, si possible, on utilise les autels découverts pour se téléporter et gagner du temps.

C’est clairement mieux que de proposer un monde entièrement ouvert à la Ghost of Yotei, pour citer un titre récent. Non pas que ce soit une mauvaise chose, l’open world sied très bien à Ghost of Yotei, mais Onimusha ne se prête pas à cet exercice. Une carte restreinte, peuplée de montres plus ou moins coriaces, c’est la bonne formule pour ce jeu. Surtout qu’on va être amené à faire pas mal d’allers-retours dans le jeu, et qu’ils sont souvent mortels.

Onimusha : Way of the Sword et une difficulté mesurée

Pour se défendre contre les Genma, Musashi est bien sûr équipé de son fidèle sabre et de quelques autres aptitudes qu’il va débloquer en progressant dans le jeu, comme l’arc pour ne citer que lui. Le système de combat repose aussi bien sur l’attaque que l’esquive et la parade. Sans être aussi exigeant qu’un Souls, il demande quand même un certain doigté pour éviter d’être gravement blessé. On tape normalement avec Carré, plus fort avec Triangle, on part avec L1 et on esquive avec Rond. Si on arrive à faire tout ça dans le bon timing, on peut déclencher une contre-attaque pour coller 2/3 coups de sabre avant de se remettre en position de défense.

La beauté d'un paysage dans Onimusha : Way of the Sword

Le jeu demande du timing, de la patience et de l’observation. Le moindre pas de côté peut être fatal, notamment avec les boss qui ne font pas de cadeau. La touche à appuyer apparaît sur l’ennemi quand il se prépare à attaquer, encore faut-il appuyer au bon moment. Un système propose au jeu, le Issen, est à maîtriser si vous souhaitez prendre le dessus dans un duel. Parce que si le bestiaire des ennemis de base est limité, le jeu se lâche sur ses fameux boss, qui sont tous magnifiques et horribles à la fois.

En plus de votre sabre, vous allez débloquer des armes Oni que vous pourrez déclencher lorsque la jauge adéquate sera remplie. Chaque arme fait des dégâts et libère des types d’âmes particulière, donc à vous d’attaquer avec le bon artefact Oni pour obtenir le résultat souhaité. Et d’ailleurs, n’oubliez pas d’absorber les âmes dès que possible, sinon ce seront vos ennemis qui le feront.

Une progression classique d’ARPG

En bon jeu moderne qui se respecte, Onimusha : Way of the Sword propose un arbre de compétences où il faut dépenser ses âmes rouges ou des objets ramassés sur nos ennemis pour débloquer de nouvelles aptitudes. On peut aussi renforcer son habit, son gantelet et son arme avec des objets, avoir de nouveaux pochons de soin aux propriétés particulières, qui peuvent eux aussi évoluer. Et si l’idée est bonne, elle est exécutée de façon classique, sans nouveauté, même si on aurait aimé parfois une progression plus simple.

Un combat contre un Genma dans Onimusha : Way of the Sword

Entre les offrandes à faire pour améliorer les pendentifs qui nous apportent un petit bonus permanent et les autres améliorations évoquées plus haut, le jeu nous pousse à ramasser tout ce qui brille sur notre route et même à s’aventurer dans des recoins malfamés de Kyoto quitte à tomber sur une patrouille Genma et se prendre un coup de katana sur le coin du nez. Mais c’est quasiment obligatoire puisque la difficulté augmente progressivement mais sûrement et qu’il faut se maintenir au niveau pour survivre.

Il y a même une zone accessible pour s’entraîner aux bases et les revoir si besoin. Et aussi pour réaffronter les boss croisés en jeu, soit en difficulté Histoire ou Normale. D’ailleurs, je préfère le dire ici, j’ai fait le jeu en mode Histoire pour pouvoir progresser sereinement et en découvrir un maximum sur le scénario. Dans ce mode, les ennemis classiques ne représentent pas une grosse menace. Mais les boss, par contre, restent relativement dangereux, surtout quand on s’approche de la fin du jeu.

Une direction artistique à tomber par terre

Onimusha : Way of the Sword utilise le moteur RE Engine, inauguré au 2017 avec Resident Evil 7 : Biohazard et qu’on a pu récemment voir à l’œuvre dans Resident Evil 9 : Requiem. Et le résultat est vraiment chouette. Parce que Capcom a décidé d’utiliser l’image de Toshiro Mifune pour incarner Musashi à l’écran. Véritable vedette du cinéma d’Akira Kurosawa et connu pour ses films de samouraï, il est le candidat parfait pour ce rôle. Malheureusement disparu en 1997, il a fallu deux ans de négociation avec Mifune Productions pour obtenir l’accord d’utiliser son image.

Toshiro Mifune en Musashi dans Onimusha

C’est vraiment bluffant à l’image, surtout au début où le jeu fait tout pour se montrer sous son meilleur jour. Lorsque Musashi arpente le Japon féodal en quête de maîtres à vaincre pour être sacré meilleur sabreur, on a droit à des cinématiques où le visage de Musashi est criant de réalisme. On reconnait les moues et mimiques de l’acteur, avec une bouche qui fait des grimaces, des sourcils qui se froncent, des yeux qui se plissent naturellement : c’est un vrai tour de force technique. D’ailleurs, tous les personnages importants du jeu sont dans la même veine, hauts en couleur.

Et que dire des boss, même si nous l’avons déjà dit : ils sont tous sublimes. Affreux, mais magnifiques. Le RE Engine est impressionnant pour ça, et on sent l’influence de Resident Evil,avec des monstruosités très organiques, des chairs fusionnées, des créatures hideuses, luisantes, moites et glauques. Un vrai freak show avec une mention spéciale pour Ganryu, un autre sabreur concurrent de Musashi qui se voit remettre un gantelet au même moment et qui est un personnage complètement en roue libre, fou et psychopathe comme on en voit souvent dans des mangas comme Kenshin le Vagagond. Un antagoniste dépourvu de sentiments qui ne vit que pour le combat et le sang.

Onimusha : Way of the Sword soigne sa VF

Un autre très bon point à mettre au pinacle du jeu, c’est sa version française. Car Onimusha : Way of the Sword profite d’un doublage français intégral de très grande qualité. Musashi, bien sûr, doublé par Arthur Khong qui est aussi la voix française de Zoro dans la série Netflix One Piece, ou encore Seiya dans le film Les Chevaliers du Zodiaque de 2023. Le héros parle souvent avec un ton qui matche bien sa personnalité, qui n’est pas celle d’un héros de shonen typique.

Les monstres délicieusement horribles d'Onimusha : Way of the Sword

Musashi n’a pas envie de se retrouver dans son rôle de chasseur de Genma. La preuve, dès qu’il a le gantelet, il tente de se couper le bras pour l’enlever. Il parle mal à la voix qui émane du gantelet et refuse de prime abord la mission qu’on lui confie. Mais il finit bon gré mal gré d’embrasser son statut de héros malgré lui et prend de plus en plus à cœur sa mission. Il s’attache à ses compagnons de route et s’humanise au fil des missions, jusqu’à risquer sa vie pour aider cette nouvelle tribu qui se forme autour de lui.

Chaque personnage est bien doublé, ce qui permet de suivre le scénario sans avoir les yeux rivés sur les sous-titres. Même les PNJ ont un bon traitement audio, un peu moins graphique car ils se ressemblent tous. Aussi, les musiques sont excellentes et accompagnent bien nos pérégrinations dans le jeu, surtout lors des combats de boss qui sont de vrais moments de bravoures. Bref, j’ai passé un excellent moment devant ce jeu où je ne me suis pas ennuyé un seul instant.

Mon verdict sur Onimusha : Way of the Sword

Je ne peux que vous recommander de jouer à Onimusha : Way of the Sword. Pourtant, cette rentrée et cette fin d’année en général est plutôt chargée en sortie. Ne serait-ce que Wolverine qui sort trois semaines après Onimusha ou GTA VI qui fait peur à tous les éditeurs, ou même le remake de The Legend of Zelda : Ocarina of Time, il n’y a que du lourd. Pourtant, vous devriez vraiment laisser sa chance à Onimusha : Way of the Sword car il revient aux fondamentaux des jeux d’action et ça fait du bien.

Spectacle de danse dans Onimusha : Way of the Sword

C’est beau, fluide, immersif et jouissif. Quand on parvient à terrasser un monstre, on ne peut qu’être fier, même si Musashi semble blasé de tout. On peut quand même reprocher un filtre marron un peu terne sur la ville de Kyoto, et un bestiaire de Genma qui manque un peu de variété. Mais dans l’ensemble, ce n’est pas très grave parce que ce qu’on veut, c’est progresser pour aller découvrir le design du prochain boss.

En ça, il nous fait penser un peu à Black Myth Wukong, qui enchaînait comme ça les boss démesurés. Là aussi, le folklore japonais rencontre l’imagination débridée des développeurs de chez Capcom, et ça fonctionne très bien. Sur PS5 classique l’expérience est fluide, avec très peu de temps de chargement, pas de ralentissements ni de bugs notables. On passe un excellent moment dans cette fable horrifique pleine d’action, qui décide de s’écarter un peu des standards actuels pour revenir à quelque chose de plus classique mais vraiment plaisant.

Onimusha : Way of the Swords est disponible sur PS5, Xbox Series, Switch 2 et PC depuis le 4 septembre 2026.

Benjamin Barois

Rédacteur, traducteur et occasionnellement designer graphique Je joue donc je suis. Ne se prend pas au sérieux depuis 1985. Joue sur : PS5, Switch, 3DS, Vita et retro gaming Rédacteur freelance depuis plus de 10 ans, je mets mes compétences éditoriales au service de la tech, du gaming et de l’électroménager, avec un goût prononcé pour les bons plans et les contenus utiles. Mon parcours m’a permis de collaborer avec des sites reconnus comme Frandroid, Clubic, Écran Large, Jeuxvideo.com, ou encore Le Mag Jeux High Tech.

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