La Paris Games Week fête ses 15 ans, notre bilan est en demi-teinte.
Lancée en 2010, pour contrer le Festival du Jeu Vidéo et le Micromania Games Show, la Paris Games Week célèbre ses 15 éditions cette année. 17 ans d’existence mais seulement 15 ans d’activité car la pandémie de COVID-19 est venue tout perturber en 2020 et 2021. Pour cet anniversaire, les organisateurs annonçaient un retour en force du jeu vidéo et de ce qui a fait le succès du salon parisien. Qu’en est-il vraiment ? La réponse avec notre bilan de cette édition 2026 de la Paris Games Week.
Paris Games Week 2026, une édition décevante.
En 2010, la première édition de la Paris Games Week avait un seul objectif : devenir le n°2 européen derrière la Gamescom en présentant au public français de nombreuses nouveautés et les jeux majeurs des plus grands éditeurs mais aussi de quelques indépendants également. Au fil des années, le salon parisien est devenu de plus en plus puissant, organisant même une conférence d’ouverture comme l’E3 ou la Gamescom. Des annonces et des avant-premières pour ravir les joueurs français. Et puis, le COVID est arrivé. La pandémie a entraîné la fin de l’E3 et a mis un coup d’arrêt à l’expansion de la PGW. En 2022, l’édition “Restart” semblait vide mais on sentait la volonté de relancer la machine. Et les trois constructeurs historiques (Nintendo, Sony et Xbox) étaient présents. Depuis, le salon peine à se relancer mais apporte quelques jeux en avant-premières et l’espoir que l’édition suivante sera encore meilleure. Cette année, l’espoir était encore plus fort avec la volonté des organisateurs de proposer un salon centré sur le jeu vidéo et la passion du gaming.
La réalité est tout autre. Xbox n’est pas là ! Pour ses 25 ans, la marque verte fait l’impasse totale sur le salon parisien. Même pas un stand avec un partenaire comme l’an passé. Une absence remarquée sur cette année anniversaire et avec des lancements comme Forza Horizon 6, Halo : Campaign Evolved et Gears of War : E-Day. PlayStation est de retour avec un stand en partenariat avec la FNAC et n’a d’yeux que pour Wolverine, déjà sorti en septembre. Contrairement à la Gamescom, Sony ne propose rien d’autre. Autre absent de marque : GTA VI. Alors oui, Rockstar ne fait pas de salon mais de ne pas voir l’ombre d’une affiche concernant le jeu est assez surprenant. FNAC et Micromania auraient pu prendre quelques précommandes supplémentaires. Un petit stand chez Playstation aux couleurs du jeu et en photo booth aurait été parfait. Mais rien…
Du côté des absents, on peut souligner également l’absence de THQ, Saber Interactive, du distributeur français Maximum Entertainment qui a pourtant un catalogue très riche, de NACON qui aurait pu tenter de redresser la barre sur la PGW et bien sûr d’Electronic Arts qui boude le salon depuis de nombreuses années. Beaucoup d’absents donc et un sentiment d’avoir du vide et moins de jeux que ces trois dernières années. Même le stand Game in France est beaucoup moins important que l’an passé. Même Focus Home, avec pourtant Clutch en avant-première, n’avait qu’un tout petit coin au fin fond du Hall 1. Seul Microïds accroît sa présence cette année avec un vrai stand à son nom et de nombreuses bornes de jeux. Un corner entièrement dédié à Hela est présent et le public répond présent pour ce jeu très alléchant.
SEGA à la Paris Games Week, c’est plus fort que toi !
L’an passé, Capcom frappait un grand coup avec un magnifique stand digne des grandes années de la PGW. Cette année, le géant japonais est de retour… mais avec les mêmes jeux et un stand plus basique. Une déception pour les joueurs venus avec l’espoir de découvrir Resident Evil Veronica.
Mais cette année, c’est un autre géant japonais du jeu vidéo qui frappe fort : SEGA ! L’éditeur développeur est venu à Paris avec quatre jeux en avant-première : Total War: WARHAMMER 40,000, Alien: Isolation 2, Stranger Than Heaven et Persona 4 Revival ! De plus, chaque stand offre une longue session de jeu (30 minutes) et permet de repartir avec des goodies, un objet désormais devenu rare… On peut donc remercier SEGA d’avoir joué le jeu et permis au public français de découvrir des jeux à venir en 2027. Preuve que quand on veut, on peut.
Ubisoft, comme presque chaque année, nous propose l’un des plus beaux et des plus grands stands. Pour cette 15e édition de la PGW, Ubisoft mise tout sur Rayman Retolds et nous travaille son stand autour de sa licence phare. Heroes of Might and Magic III est également mis à l’honneur par l’éditeur français. Mais il est incompréhensible de ne pas avoir pu découvrir Rainbow Six Tactics, pourtant en développement à Paris. De même, The Crew Motorfest n’était pas jouable malgré une popularité grandissante grâce à ses derniers contenus supplémentaires. En tout as, la palme du plus beau stand pourrait aller à Ubisoft cette année.
Enfin, Nintendo est toujours là pour le plus grand plaisir des joueurs français. Un immense stand avec de nombreux jeux à découvrir, dont Call of Duty Modern Warfare 4, et une scène centrale pour de belles animations. Il y en avait pour tous les goûts chez Nintendo. La firme japonaise prend au sérieux sa présence à la Paris Games Week et cela fait plaisir. On peut simplement regretter l’absence d’une version jouable de Zelda Ocarina of Time alors qu’il sort dans deux semaines et qu’un autre jeu Nintendo, lui, prévu pour avril, est présent. En échange, un photo booth géant et une fresque sur les 40 ans de Zelda permettent aux visiteurs de se projeter dans l’univers de Link.
Paris Games Week : le salon des spéculateurs ?
Depuis plusieurs années, les stands de produits dérivés se multiplient à la Paris Games Week. L’édition 2026, malgré sa réduction à un seul hall, ne déroge pas à la règle. Mais le plus fort reste l’importance des TCG (Trading Cards Game) sur cette Paris Games Week. Des stands entiers dédiés à ces cartes à “collectionner” et à échanger. Mais surtout, des visiteurs venus simplement pour acheter certaines cartes et les revendre parfois presque en direct sur internet. Mention spéciale au stand “The District” de JouéClub qui s’est fait dévaliser lors de l’avant-première mais sans limiter l’achat par client. Ainsi, quelques individus à la morale douteuse sont repartis avec des cartons entiers quand des dizaines de visiteurs sont repartis bredouilles. Pour le lancement d’un concept store on a connu mieux ! Micromania, présent au salon du jeu, n’y vend que des cartes ! C’est on ne peut plus surprenant. Bref, on espère qu’à l’avenir tout ceci va être mieux encadré par les organisateurs. Car oui, la Paris Games Week est avant tout un salon du jeu vidéo.
Vous l’aurez compris, cette édition 2026 s’est révélée quelque peu décevante. Les bruits de couloir évoquent un gros travail en préparation du futur, dont une édition 2028 très importante. Espérons simplement que l’édition 2027 voit le jour et propose plus de jeux vidéo. Surtout qu’à partir de 2028, les nouveaux jeux ne devraient plus sortir en physique, du moins sur Playstation. Affaire à suivre. En tout cas, la PGW attire encore les foules malgré un prix d’entrée assez rebutant (29€ par jour quand le Mondial de l’Auto est à 13€ par exemple). Il y a donc un public et cela prouve que la Paris Games Week a toute sa place! Il n’y a plus qu’à revenir aux sources pour séduire encore plus.
Crédits photos : David Gibout
Article publié le 25/10/2026 à 06h









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