Test de Fire Emblem Fortune’s Weave sur Switch 2, il était quatre fois
Fire Emblem Fortune’s Weave est le nouveau RPG tactique d’Intelligent Systems, exclusif à la Switch 2, qui nous emmène dans le royaume de Dagda avec quatre héros, un tournoi et un voyage dans le temps.
Fortune’s Weave prend la relève d’Engage sur Switch 2
Née en 1990 sur Famicom, la série Fire Emblem a longtemps été réservée aux connaisseurs avant qu’Awakening, sur 3DS, ne la relance auprès du grand public. Depuis, elle est devenue l’une des licences phares de Nintendo. Et le principe n’a jamais vraiment bougé. On déplace ses unités sur une grille, tour par tour, en essayant de gagner sans perdre personne en route. Une recette simple sur le papier, qui fonctionne toujours aussi bien.
Après Engage en 2023, très tourné vers le combat pur, Fortune’s Weave revient à une formule beaucoup plus large, où la vie entre les batailles compte autant que les affrontements. L’histoire se déroule à Dagda, un royaume voisin de Fódlan, déjà évoqué dans Three Houses. Les habitués repéreront quelques clins d’œil, mais le jeu a ses propres personnages et son propre récit.
Il faut aussi savoir que cet épisode ose beaucoup de choses, que ce soit dans sa structure, dans sa façon de raconter son histoire ou dans tout ce qu’il ajoute autour des batailles. De quoi séduire les uns et dérouter les autres.
Côté pratique, les textes sont en français, mais les voix sont uniquement en anglais ou en japonais. Pour les collectionneurs, une “collection dagdanienne” est aussi proposée, avec un SteelBook, des cartes illustrées et une carte de Dagda.

Quatre héros, quatre histoires, un même destin
Pour une fois, Fire Emblem commence dans un futur en ruines, ravagé par le dieu-démon Balor. On y incarne Eshmel, un avatar que la déesse Fortuna renvoie cinq ans en arrière, en 1449. Son rôle est de donner une seconde chance à quatre personnages touchés par le mal des Limbes, pour qu’ils puissent ensuite aider à changer le destin.
Ces quatre héros participent aux Jeux Héroïques, un grand tournoi organisé dans la capitale, Dagsion, dont le gagnant voit son vœu exaucé. Cai est un jeune du coin qui veut sauver son père. Dietrich est un épéiste ténébreux venu de Fódlan. Theodora est une reine prête à tout pour son peuple. Leda est une barde qui cherche à venger les siens. Chaque route se joue comme une réalité à part. Ici, pas de camps qui s’affrontent, les histoires avancent en parallèle et chacune apporte sa pièce au puzzle.

Et le jeu s’y prend plutôt bien. Puisque l’aventure part d’un futur détruit, on sait forcément comment les choses ont mal tourné. Pourtant, chaque histoire donne envie d’aller au bout. Les enjeux posés autour de chaque personnage sont très accrocheurs, et on a vite envie de comprendre ce qui les a menés là. Mieux vaut commencer par Cai, dont la route est la plus simple pour entrer dans le jeu. Chaque histoire a un vrai début et une vraie fin, mais certains événements se déroulent dans les routes des autres, ce qui laisse quelques trous si on n’en fait qu’une. Ceux qui manquent de temps peuvent d’ailleurs aller au bout du jeu avec une seule route. Ce sera plus corsé, mais c’est faisable.
Un vrai plaisir manette en main
Sur le champ de bataille, Fortune’s Weave frappe fort. Les cartes des batailles principales sont bien pensées, variées, et certaines, surtout dans la seconde moitié, peuvent occuper entre 40 minutes et une heure. La mise en scène des attaques a pris du galon, et il est possible d’accélérer les déplacements comme de passer les animations. On retrouve un jeu d’affinités entre les armes et des classes à changer et maîtriser pour débloquer des compétences, ce qui devient vital en Difficile. Les armes, elles, ne s’usent plus en attaque normale, seulement avec les techniques spéciales, et un forgeron se charge de les réparer.

La vraie nouveauté, ce sont les capacités ardentes. Chaque héros principal dispose de pouvoirs qui coûtent des PV mais offrent un gros avantage sur le terrain. Le système devient vite grisant, car en abuser peut réduire la barre de vie jusqu’à la fin du combat, et chaque utilisation se transforme en petit pari. Les habitués ont tout intérêt à éviter le mode Normal, qui porte bien son autre nom de “Débutant”, et à partir en Difficile avec la mort permanente. Remonter plusieurs actions, voire plusieurs tours, reste possible, mais finir un combat avec tout le monde en vie est bien plus gratifiant. La partie consacrée à la guerre, qui enchaîne les batailles comme à l’ancienne, fera aussi le bonheur des fans de la première heure.

Dommage, en revanche, qu’on passe finalement moins de temps qu’on le voudrait dans ces grandes batailles. Les escarmouches sur la carte du monde se résument souvent à quelques monstres posés sur un terrain basique, réglés en deux minutes. Les cavernes, de retour depuis Shadows of Valentia, proposent quant à elles des combats au tour par tour avec une équipe de cinq héros. On y choisit le bon personnage face à l’ennemi, avec la possibilité de dépenser de l’endurance pour faire intervenir un allié. L’idée est sympathique, mais vite répétitive, au point que le jeu permet de passer ces affrontements d’une simple pression de bouton.
Beaucoup de choses à faire entre deux combats
Entre deux batailles, le temps est compté. Chaque journée est découpée en quatre tours, et chaque action importante en consomme un. On se déplace de point en point sur la carte pour pêcher, récolter, dénicher des trésors ou remplir des quêtes annexes. Mieux vaut d’ailleurs ne pas négliger la pêche et la récolte, qui servent plus tard. Il est aussi possible de faire avancer le temps en envoyant ses personnages s’entraîner ou combattre de leur côté.

Dagsion, la capitale, est très grande, et tout ce qui se réglait autrefois en deux menus au campement demande désormais de traverser la ville. L’auberge se trouve d’un côté, l’arène de l’autre, et les écuries comme les temples ne se débloquent que plus tard. Les joueurs attachés à la simplicité des anciens épisodes risquent de trouver le temps long. Sans trop en dire, la dernière partie ajoute aussi la gestion de plusieurs groupes sur la carte. L’idée est bonne, mais elle est plombée par des déplacements limités à quelques cases à la fois.
Un recrutement presque sans limite
La gestion de l’équipe fait partie des gros points forts du jeu. On peut recruter les personnages des autres routes ainsi que des mercenaires, jusqu’à se retrouver avec des dizaines d’unités sous ses ordres. Il faut pour cela assez de Renommée et un bon lien avec le personnage, parfois une quête, de l’argent ou un objet précis. C’est parfois laborieux, mais le jeu pousse réellement à tester et à varier les approches. Les unités en réserve gagnent aussi de l’expérience, ce qui encourage à faire tourner son équipe.

Côté social, les liens se tissent en combattant ensemble, en offrant des cadeaux ou en partageant un repas. Plus le lien est fort, plus les avantages en combat sont intéressants, sans oublier les conversations de soutien. Les divinités peuvent aussi accorder des Bénédictions très utiles, comme regagner des PV en battant un ennemi. Enfin, un système de succès permet d’acheter des bonus permanents, comme plus d’expérience ou de points de classe. Chaque route terminée débloque de nouveaux paliers, ce qui rend les suivantes plus rapides et fait mieux passer la répétition.
Une technique en demi-teinte, une bande-son qui fait plaisir
Fortune’s Weave n’est pas le plus beau jeu de la Switch 2. Les décors manquent de finesse, certains personnages secondaires sont moins soignés, et le jeu tourne à 30 images par seconde, en portable comme sur la télé. L’ensemble reste stable, et les chargements, même nombreux, sont courts.
Le design des héros signé Chinatsu Kurahana, les cinématiques et les animations d’attaque rattrapent heureusement pas mal les choses. Côté musique, les fans retrouveront avec plaisir les grands thèmes de la série, revisités avec de belles variations. Le doublage japonais est lui aussi excellent.

Pour la durée de vie, il faut compter une cinquantaine d’heures pour une route et le final, plus de 130 heures pour les quatre, et bien davantage en Difficile avec la mort permanente.
Verdict sur Fire Emblem Fortune’s Weave
Fortune’s Weave est un Fire Emblem à part. Il ose une structure originale, propose énormément de contenu et offre des batailles parmi les plus prenantes de la série, avec des capacités ardentes qui ajoutent une vraie prise de risque. Les quatre histoires donnent toutes envie d’être vécues, même quand on sait déjà où elles mènent. Il faut en revanche accepter une structure qui donne parfois l’impression de jouer à plusieurs jeux à la fois, des à-côtés très envahissants et une technique un peu juste. Les amateurs de jeux généreux, qui se découvrent petit à petit, y trouveront de quoi s’occuper pendant des mois. Ceux qui viennent uniquement pour les batailles devront faire preuve d’un peu de patience, mais elles valent largement l’effort.
Fire Emblem: Fortune’s Weave est disponible sur l’eShop de la Switch 2 ou en version physique.
Article publié le 03/10/2026 à 5h45
Commentaires
Laisser un commentaire