Test

Test de Fire Emblem: Three Houses sur Switch – le RPG tactique de l’été


Fiche jeu

  • Editeur:Nintendo
  • Developpeur:Intelligent Systems / Koei Tecmo
  • Supports:Nintendo Switch
  • Genres:Tactical RPG
  • Nombre de joueurs:1
  • Date de sortie:26 juillet 2019

Fire Emblem est une série de jeux phares qui connait un succès grandissant sur notre continent. Et oui ce n’est pas une saga toute jeune puisqu’avec cet épisode nous en sommes au seizième jeu, treize si l’on ne compte pas les remakes des premiers. La sortie d’un Fire Emblem, quel que soit sa plateforme (même sur smartphone) est un événement car les jeux sont renommés pour la profondeur de leur scénario et de leurs mécaniques de gameplay en combat. Le dernier opus sorti, Fire Emblem Fates, date de 2015 et était sur 3DS. Pour le dernier jeu canonique sorti sur console de salon il faut remonter à 2008 et à la Wii pour Fire Emblem: Radiant Dawn. Autant vous dire que les fans étaient sur les dents malgré la sortie de Fire Emblem Warriors sur Switch il y a deux ans.

Une histoire soignée

On le comprend au titre du jeu, Fire Emblem: Three Houses présente l’univers de Fódlan où trois nations cohabitent : Adrestia, Faerghus et Leicester. Chacune de ses nations se retrouve à l’Église de Seiros où les élèves viennent étudier et apprendre. C’est ici que vous rencontrerez les trois personnages principaux du jeu :

  • Edelgard d’Adrestia
  • Dimitri de Farghus
  • Claude de Leicester

Ces trois héros sont les délégués de classe de leur maison respective et les élèves qui la composent sont chacun spécialisés dans certains arts du combat, mais nous développerons ça plus tard.

Votre rôle là-dedans est celui d’un avatar masculin ou féminin, au choix, qui va devoir choisir à quelle maison il veut enseigner. Une fois ce choix fait votre vie sera rythmée par une semaine d’enseignement au monastère, du quartier libre, des combats optionnels, des quêtes annexes et des missions scénaristiques pour avancer. Le jeu est divisé en deux époques distinctes : la première partie se passe quand les élèves sont encore en cours au monastère et la seconde se déroule cinq ans plus tard quand ils se font la guerre.

Nous tairons ici les événements qui ont mené à cette situation afin de ne pas vous spoiler. Toutefois, sachez que la première partie du jeu est identique quelle que soit la maison que vous choisissez au départ. Par contre la seconde partie du jeu diffère en fonction de votre allégeance, ce qui gonfle considérablement la durée de vie de Fire Emblem: Three Houses qui est déjà bien conséquente. Maintenant que nous avons posé sommairement le décor, il est temps de s’attaquer au cœur du jeu : son gameplay.

Un gameplay aux petits oignons

On l’a dit, le jeu est divisé en deux phases : le quotidien et les missions. Tout ça se cale sur un calendrier traditionnel où vous pouvez vaquer à vos occupations trois week-ends par mois puis partir en mission la dernière semaine. Lorsque vous êtes en repos vous pouvez en profiter pour explorer le monastère, discuter avec tous les élèves, tisser des liens avec eux, les recruter dans votre équipe, vous former auprès d’autres professeurs ou encore faire des activités avec certains élèves pour renforcer vos liens avec eux. Vous avez aussi le choix de suivre des séminaires afin de gagner de l’expérience dans certains domaines particuliers (en compagnie de quelques élèves intéressés), de vous reposer ou de prendre part à des combats optionnels pour engranger quelques points d’XP supplémentaires.

L’expérience est très importante car elle permet à vous et vos élèves de se renforcer mais également de monter en compétence dans leur classe respective. Archer, épéiste, spécialiste de la hache, mage noir, mage blanc, etc. Prenez bien garde à lire les fiches de vos élèves afin de voir les matières auxquelles ils sont le plus sensibles. En effet, si vous les faites se focaliser dessus, ils progresseront plus vite pour devenir des élites dans leur domaine. Une fois leur classe maîtrisée vous pourrez leur faire passer un examen afin qu’ils puissent apprendre de nouvelles capacités, toujours en accord (ou non, vous choisissez) avec leurs affinités.

Les phases de combat sont le cœur des jeux Fire Emblem et Three Houses ne fait pas exception. C’est ici que vos leçons porteront leurs fruits. Nous l’avons dit en introduction il s’agit d’un jeu de rôle tactique. Cela signifie que le champ de bataille est divisé en cases sur lesquels vous devez vous déplacer. Chaque unité a une certaine portée pour infliger et prendre des dégâts symbolisés par des couleurs au sol. Ainsi quand vous déplacerez faites attention à pouvoir porter des coups sans devenir la cible des ennemis alentours qui s’en prendront à vous si vous vous mettez à portée.  Il vous faudra donc bien réfléchir avant chaque déplacement individuel en anticipant les actions ennemies ainsi que vos futurs mouvements afin de placer stratégiquement vos combattants sur le terrain. En mode débutant, un personnage dont la santé tombe à zéro disparaît du terrain mais reviendra tout pimpant une fois celui-ci terminé. En mode normal, toute mort est définitive.

Une gestion très poussée

Dans Fire Emblem: Three Houses chaque détail compte. Ainsi il faudra faire attention à vos armes en combat car celles-ci s’usent avec le temps. Il faudra donc penser à les réparer à la forge ou en racheter au magasin sous peine de vous retrouver avec une arme émoussée sur le terrain. Pareil pour les potions : vous pouvez utiliser un objet plutôt qu’une attaque lors du tour de votre personnage, mais veillez à en avoir toujours sous la main sinon c’est la fin. Les mages peuvent utiliser leurs sorts un certain nombre de fois par combat donc là pareil : un œil sur les chiffres, toujours ! Néanmoins, pour renforcer vos troupes il est possible de recruter des escouades qui pourront vous donner un avantage intéressant sur le terrain en lançant des attaques de masse qui infligeront de gros dégâts à vos adversaires.

Pour les plus fainéants d’entre vous il existe un mode automatique qui fait avancer les personnages pour vous selon le pattern que vous voulez : charge, défense, à couvert ou vers le leader. Si vous êtes débutant et que la mort de vos personnages n’est pas un problème, cela peut être une bonne façon de découvrir le jeu mais vous passerez à côté de l’essence de Fire Emblem. Du plaisir d’établir sa stratégie, de faire monter au créneau ses personnages en manque d’XP pour leur faire asséner le coup fatal avant de se replier pour éviter de se prendre un mauvais coup. Mais saluons l’existence de cette option qui a le mérite d’exister. Sachez d’ailleurs qu’il existe aussi une option automatique pour le tutorat lors des phases de classe.

Si vous comptez vivre l’aventure Fire Emblem pleinement vous mettrez un point d’honneur à déplacer chacun de vos personnages manuellement et à choisir leur programme scolaire avec minutie. C’est ainsi que vous pourrez exploiter pleinement le potentiel de vos combattants pour en faire de véritables machines de guerre lors des combats. Certes quelques batailles vous imposeront des contraintes de victoire qui vous amèneront à réviser votre stratégie mais dans l’ensemble une bonne gestion globale est nécessaire pour subir le moins de pertes possible. D’autre part, un retour en arrière (limité) est possible pendant les combats pour corriger une erreur d’appréciation. A utiliser avec parcimonie !

Beau mais répétitif

Attardons-nous pour finir sur l’aspect technique du jeu. Graphiquement déjà on peut dire qu’il est très joli. Le style très reconnaissable propose des personnages humains avec des couleurs dessin animé pour un rendu proche de l’animation. D’ailleurs certaines cinématiques sont en anime et elles sont vraiment de toute beauté, notamment l’introduction qui montre les pays en guerre. Par ailleurs, l’exploration et les combats sont fluides même si on peut noter de très légers ralentissements lors d’attaques d’escouades sur le terrain, surtout en mode portable. Pas de quoi râler cependant, le défaut est très léger. Le rendu général est plutôt bon et les terrains de jeu suffisamment variés pour éviter d’avoir cette sensation de redite.

Niveau audio il est possible de mettre les voix des personnages en japonais et en anglais. Là c’est au choix, forcément les voix japonaises originales sont le choix numéro un même si les personnages féminins ont ce ton haut perché qui peut vite agacer lors des phases de dialogue un peu longues, et il y en a ! De plus, le jeu est très verbeux, il faut bien s’accrocher pour suivre l’histoire et retenir les différents noms, aussi bien des nations que des élèves. Certaines activités annexes vous demanderont de savoir qui aime quoi afin de faire les bons choix. Pour ce qui est de la musique elles se marient très bien à l’action dans l’ensemble même si celle entendue lors des combats a un peu tendance à tourner en boucle surtout si celui-ci s’éternise.

En conclusion ce Fire Emblem: Three Houses est excellent. Complet et exigeant il propose néanmoins des options pour se rendre accessibles aux débutants. Sa durée de vie est gargantuesque surtout si vous comptez faire les scénarios des trois maisons. En prenant son temps et en faisant les activités de tous les quartiers libres, vous pouvez monter facilement à 80h pour une seule histoire. Vous vous rendez bien compte qu’avec un temps de jeu aussi conséquent, au bout d’un moment, l’ennui fini par pointer son nez. Même si les développeurs ont su multiplier le nombre d’activités disponibles in-game, la routine qui fini invariablement par s’installer peut saper la patience des joueurs qui n’auront pas la foi d’aller au bout du jeu. Ce qui serait bien dommage car il vaut vraiment le coup.

Points positifs

  • Une durée de vie conséquente
  • Trois scénarios différents
  • Une micro gestion très poussée

Points négatifs

  • Répétitif sur la longueur
  • De légers ralentissements en combat en mode portable

Note

Graphismes 83%
Bande son 74%
Prise en main 72%
Plaisir de jeu 81%
Durée de vie 96%
Conclusion

Fire Emblem: Three Houses est un grand, un énorme jeu dans tous les sens du terme. Ambitieux, il propose une durée de vie gargantuesque pour qui veut explorer tous les chemins possibles. Si les habitués de la saga devront faire avec quelques menus changements par rapport au titre précédents, les néophytes se trouveront face à un jeu un peu âpre à prendre en main au début. Mais passées les premières heures qui font office de tutoriel on se prend au jeu et on en redemande. Il s’agit d’un jeu chronophage qui engloutira les heures de votre vie à vitesse grand V.

Aussi, n’espérez pas le lancer en mode « aller je me fais un petit combat vite fait » parce qu’un petit combat, réglages compris, c’est minimum une heure. Pour autant ne voyez pas le jeu comme une montage infranchissable : si le titre vous intéresse n’hésitez pas à vous le procurer et à le consommer à votre rythme. Vous découvrirez une grande histoire, un gameplay soigné et un univers unique extrêmement attachant. Ce serait vraiment dommage de passer à côté de ce Fire Emblem: Three Houses qui fait d’ores et déjà partie du panthéon des incontournables de la Switch.

Note finale 81% Marquant

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