MXGP 2020 : Romain Febvre vu de derrière en plein saut Test

Test MXGP 2020, un jeu trop ambitieux


Fiche jeu

MXGP 2020 est le jeu officiel du championnat du monde motocross 2020 et nous avons pu l’essayer, en test. Un titre aux idées prometteuses sur le papier, mais qui peine à les exprimer et les réaliser.

Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin. Si l’on devait résumer cet opus MXGP, il faudrait en effet dire que les développeurs ont peut-être eu les yeux un peu plus gros que le ventre sur certains aspects. C’est en tout cas notre avis sur ce titre de Milestone, testé sur PS4 et disponible depuis quelques jours sur consoles next-gen.

Les premiers MXGP reposaient en effet sur une mécanique simple, stable, à la portée de tous, que ce soit pour la conduite, l’expérience de jeu,… Avec le temps, tout cela a bien évidemment évolué, s’est souvent amélioré notamment avec MXGP Pro et 2019. Mais ce MXGP 2020 marque un pas de travers dans cette progression. Sur le papier, la philosophie du jeu semble bonne, mais elle n’est malheureusement pas bien retranscrite en pratique.

MXGP 2020 : Tom Vialle en plein virage dans le Playground

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La jouabilité est mal calibrée

C’est notamment le cas sur l’aspect pilotage et ressenti à la manette. Soyons bien d’accord, un jeu de moto est rarement simple à prendre en main. L’erreur provoque souvent la chute. Comme dans la vraie vie, il faut passer par là pour apprendre. C’est ce que l’on retrouve dans des jeux comme TT Isle of Man, qui challengent vos nerfs.

À l’inverse, un MXGP peut apparaître comme un titre plus ouvert. Or, ce n’est pas le cas dans cet opus, dont le ressenti est plus axé simulation. Cela se sent principalement dans les accélérations, qui demandent de la patience et une certaine prudence. En effet, la roue arrière dérape facilement, ce qui peut entraîner des chutes.

« Pourquoi pas », me direz-vous. Le problème ici est qu’avec des aides au pilotage ou non, les différences ne se sentent pas. Les novices se feront aussi piéger facilement, tandis que ceux qui recherchent la difficulté ne seront pas servis. Une belle entrée de virage se transforme vite en séance de patinage artistique, dès qu’il faut remettre les gaz. Le tout accompagné d’un horrible bruit de… froissement de feuille (?) ressemblant à tout sauf le son de la terre éjectée par une roue.

Les sensations, grandes absentes de ce test de MXGP 2020

Dans le même temps, le comportement général de la moto est assez dur. Aux manettes, le joueur n’a pas l’impression d’être sur la moto, de pouvoir la tordre dans tous les sens pour des évitements et manoeuvres, mais plutôt de se faire balader. Le feeling passe difficilement. Cela est d’autant plus criant dans les sauts, lorsqu’il s’agit d’effectuer un scrub. Difficile de savoir ce qu’il va se passer, où la machine va atterrir, avec quelle inclinaison. D’autant plus que le pilote sort régulièrement du cadre de l’écran lors de ces manoeuvres. Cela n’arrange rien…

Plus surprenant, les IA semblent aussi souffrir de ces difficultés dans les sensations. À notre image, nombreuses sont celles qui ratent les virages ou chutent. Nous ne parlons pas ici de quelques erreurs par-ci par-là, mais de successions de ratés, changements de trajectoire, chutes,… surtout aux niveaux les plus faciles. Que les IA aillent lentement et chutent quelquefois est une chose, qu’elles se ratent presque à chaque tour en est une autre. Pour dire, nous nous sommes même pris une sorte de high kick en plein virage par un concurrent ayant raté une ornière.

Et tout cela est dommage car, lorsqu’elles restent sur leurs roues, les IA sont efficaces. Quel que soit leur niveau, elles sont capables de challenger le pilote ou de proposer un défi intéressant. Le tout en conservant une dose d’agressivité qui en fera tiquer certains. Mais c’est du motocross, c’est le jeu et c’est tant mieux !

Les graphismes vont trop loin

Ce manque de sensations est dommageable car il vient ternir l’expérience d’un jeu pourtant bien conçu. Tout le côté des graphismes est ainsi réussi. Les différentes conditions météo, entre la pluie, les portions sèches, le sable ou la boue se voient bien. Et heureusement, car encore une fois, à la manette, les changements sont minimes.

Pour ce qui est des pilotes et motos, leur modélisation reste toujours aussi agréable et précise. Tous les détails y sont et cela se remarque notamment dans le mode photo, au moment de zoomer. Ce même mode permet également de faire assez facilement des photos plaisantes, allant jusqu’à prendre en compte la modélisation des projections de boue.

Le gros pont noir réside cependant dans le fait qu’avec ces détails et cette précision, le jeu a parfois énormément de mal à tout gérer. En peloton, les chutes de fps sont régulières, avec l’impression d’effectuer une course entière en stop motion. Même dans les menus, les petits ralentissements sont courants…

Un mode Carrière… qui n’en est pas un

Pour continuer sur le manque de sensations, il faut aborder les différents modes de jeu. Comme tout bon jeu de course, MXGP propose les classiques que sont la Carrière, le contre-la-montre, les Grands Prix,… Cela est notamment complété par le Playground (littéralement terrain de jeu) qui est une map libre à explorer, ainsi qu’un éditeur de circuit.

Et l’impression qui se dégage encore est que cela fait un peu trop. Tous les modes restent très basiques, à l’instar de la Carrière. Ce dernier n’est en soi qu’un enchaînement de Grands Prix sans réel lien ou intrigue. L’aspect « contrat » est minime et ne revêt strictement aucun intérêt. Un sponsor se rajoute juste sur notre combinaison et notre moto, lorsque l’on roule pour sa propre équipe. Cela complète un peu les nombreuses options de personnalisation, ça s’arrête là.

Pour résumer ce test de MXGP 2020, la quantité l’emporte que la qualité

Il en va de même pour le contre-la-montre par exemple. Ce dernier ne propose aucune comparaison avec les meilleurs temps en ligne ou de fantômes auxquels se mesurer, de défis avec les vrais pilotes,… Il s’agit simplement d’enchaîner les tours, sans plus, sans grand intérêt.

Le moins bon réside toutefois dans le mode Playground. Le terrain est en lui-même intéressant mais propose trop peu de défis, avec des bugs à certains endroits. La création d’une épreuve Waypoint est ainsi assez limitée. Le joueur peut également réaliser diverses courses sur des circuits pré-définis face à des IA. Mais là aussi, les chutes de fps sont énormes et particulièrement désagréables.

Enfin, l’éditeur de circuit est assez spécifique à prendre en main. Il faut en fait s’accommoder des spécificités des emplacements sur lesquels se bâtissent nos circuits. Cela n’est pas forcément simple, demande un certain temps d’adaptation. Peut-être aurait-il été préférable de pouvoir laisser totalement libre cours à l’imagination. D’autant que certains bugs se présentent aussi parfois…

Pour finir sur ce test, MXGP 2020 propose enfin un mode multi-joueur en ligne. Il n’y a pas grand chose à en redire. Les courses s’enchaînent rapidement et de manière assez fluide, ce qui est un bon point. Mais encore une fois, cela manque d’extravagance.

Points positifs

  • Le contenu (pilotes, circuits, équipes officiels)
  • Les ambitions du titre
  • Les graphismes
  • Le multi online, stable

Points négatifs

  • Trop d'ambitions pour ce titre
  • La quantité plutôt que la qualité dans les modes de jeu
  • La Carrière n'en est pas une
  • Aucune sensation au guidon
  • Des chutes de fps et courses en stop motion
  • Les IA qui font un peu n'importe quoi parfois

Note

Graphisme 95%
Bande son 85%
Prise en main 62%
Plaisir de jeu 61%
Durée de vie 46%
Conclusion

Pour résumer, peut-être aurait-il été préférable de réduire un peu la voilure et de se concentrer sur certains modes de jeu, la Carrière notamment. Ce qui aurait impliqué de laisser de côté d’autres fonctionnalités. Plutôt que de partir dans de nombreuses directions et livrer un produit pas à la hauteur des attentes. C’est un peu l’idée qui prédomine au terme de notre test de ce MXGP 2020. Ce dernier contient beaucoup d’idées, de bonnes idées, mal retransmises en pratique.

Note finale 70% Trop ambitieux

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