Marvel Tokon : Fighting Souls est le nouveau jeu de combat d’Arc System Works, notamment connu pour l’excellent Dragon Ball FighterZ. Cette fois, ce sont les héros de Marvel qui s’affrontent dans des tag battles à 4 vs 4. Le tout avec la patte graphique du studio et une certaine nervosité qui va ravir les fans de tag fighting.
Un jeu de combat pour tous
Avant de parler du jeu en lui-même, quelques lignes sur moi, pour que vous sachiez quel est le profil du testeur de Marvel Tokon. Je ne suis pas un grand spécialiste du jeu de combat. J’aime y jouer de temps en temps, pour affronter les copains en rigolant. Mais je suis à des années lumières du niveau de Kayane, à connaître par cœur les patterns et les chorégraphies pour balancer l’attaque qu’il faut dans la fenêtre de quelques millisecondes laissée ouverte par l’adversaire.

Ça ne m’a pas empêché de passer de bons moments sur Dragon Ball FighterZ, Street Fighter VI ou Super Smash Bros Ultimate. Des jeux éclectiques au style varié, malgré un genre commun. Je suis donc arrivé sur Marvel Tokon comme un newbie, avec une vraie affection pour l’univers Marvel, avec l’envie d’en découdre, sans forcément l’ambition de devenir un PGM. Et ça a plutôt bien marché, d’autant que Marvel Tokon est plutôt accueillant avec les joueurs.
Le titre s’ouvre avec un tutoriel où l’on incarne Captain America, le personnage de base, équilibré, pour apprendre le B.A-BA du jeu. Quelques minutes plus tard, nous sommes lancés dans le grand bain et les choses sérieuses commencent. Parce que chaque combattant a son propre style, son “genre”, et en fonction du joueur que vous êtes, vous allez forcément aller vers tel ou tel personnage.
Le scénario de Marvel Tokon est fin comme du papier à cigarette
Marvel Tokon : Fighting Souls propose un mode baptisé Épisode où vous allez pouvoir suivre une histoire du point de vue d’une équipe de 4. Il y a tout d’abord les Fighting Avengers, avec Captain America, Hulk, Iron Man et Black Panther (Shuri). Puis il y a les Unbreakable X-Men avec Tornade, Wolverine, Magik et Danger. Viennent ensuite les Amazing Guardians avec Spider-Man, Star-Lord, Ms Marvel et Peni Parker. Il y a aussi les Samurai Outriders avec Ghost Rider, Blade, Deadpool et Loki. Et enfin, il y a les Knights of Doom avec Fatalis, le Bouffon Vert, Magnéto et Carnage. Le personnage du Champion vient compléter ce roster.

Le Champion, c’est l’antagoniste du jeu : un personnage qui débarque sur des planètes, organise un tournoi pour en affronter les représentants les plus forts. S’il gagne, il fait exploser la planète, s’il perd, il accorde un vœu aux vainqueurs. Chaque épisode est donc l’occasion de parcourir ce scénario avec l’une des équipes et de découvrir leur arc et leurs motivations. Les cinématiques restent les mêmes, mais les cut-scenes changent pour raconter une histoire différente.
La narration se fait sous forme de pages de manga, avec lecture de droite à gauche. D’ailleurs c’est assez marrant de découvrir l’univers des comics Marvel avec un style manga. Une fusion qui fonctionne très bien à l’écran pendant les combats, un peu moins dans les cut-scenes statiques où les dessins ont une qualité inégale. Sachez que le jeu est intégralement doublé en français, mais là aussi, le jeu des acteurs est en dent de scie. Il est possible de changer la langue parlée de chaque personnage indépendamment des autres, une option vraiment chouette si jamais les dialogues en VF vous hérissent le poil.
Une direction artistique parmi les plus léchée
La DA de Marvel Tokon saute aux yeux dès les premières secondes. Nous l’avons dit juste au-dessus, le mélange comics/manga sauce ArcSys fonctionne très bien. Les personnages sont colorés, chatoyants, et le casting est plutôt bien choisi, avec des personnages qu’on n’a pas l’habitude de voir. Carnage à la place de Venom, le Bouffon Vert, Magik, Danger : ce sont des personnages qui ne courent pas les rues. Les vieux de la vieille retrouveront vite les sensations des Marvel vs Capcom de la grande époque, la modernité en plus. Les effets lumineux sont du meilleur effet, les décors sont soignés, vivants et on peut, en frappant l’adversaire au bon endroit, passer à une autre partie du décor.

La musique, impossible de ne pas en parler, car c’est un véritable sans-faute. Chaque personnage a son thème, qui correspond très bien à son style. Du métal pour Ghost Rider a des morceaux plus pop pour Ms Marvel, il y en a pour tout le monde. Et ça frappe à chaque fois assez juste. Moi qui ai tendance à rapidement baisser le son de la musique dans les jeux, là je n’en ai jamais ressenti le besoin. La musique accompagne très bien les combats, sans se faire envahissante pour autant.
En plus, au fil des combats, il est possible de débloquer des bonus sympathiques : des artworks, des musiques ou encore des cinématiques. De quoi faire de belles captures d’écran pour les mettre ensuite sur son PC. Ou juste laisser tourner la musique en fond, même si rien ne vaudra l’excitation du champ de bataille. D’ailleurs en parlant de ça, il est peut-être temps de s’y mettre.
Le 4v4 de Marvel Tokon peut faire peur, mais ça fonctionne très bien
Parce que si Marvel Tokon : Fighting Souls a un peu de mal à raconter une histoire intéressante, il sait au moins faire une chose : nous donner envie de distribuer des mandales. Sur le papier, le jeu propose des affrontements à 4 contre 4. Dit comme ça, on pourrait craindre un joyeux bazar, avec des personnages qui apparaissent de partout et des effets spéciaux qui empêchent de comprendre ce qu’il se passe. Et honnêtement, pendant les premières parties, c’est un peu le cas. Ça explose dans tous les sens, les héros traversent les décors, les attaques spéciales remplissent l’écran et on se demande parfois comment on a réussi à placer ce combo. Mais après quelques combats, tout devient beaucoup plus clair.

Chaque équipe partage la même barre de vie. Impossible donc de mettre Hulk de côté le temps qu’il récupère pendant que Captain America prend les coups à sa place. Ici, changer de personnage sert surtout à garder la pression, à surprendre l’adversaire ou à utiliser le bon combattant au bon moment. Spider-Man sera par exemple plus à l’aise pour tourner autour de son ennemi et enchaîner rapidement, alors qu’un Hulk ou un Black Panther pourra faire beaucoup plus mal une fois au contact.
Le jeu ne donne pas non plus accès aux quatre personnages dès le début du combat. On commence avec son leader et un premier allié, puis les deux autres viennent progressivement grossir les rangs. Il faut pour cela réussir certaines actions, comme envoyer son adversaire à travers un mur, ou perdre une manche. Une idée plutôt maligne, puisque les combats gagnent en intensité au fur et à mesure. Au départ, on prend ses marques. Puis l’équipe se remplit, les possibilités se multiplient et la moindre ouverture peut rapidement se transformer en énorme punition.

L’autre bonne idée, c’est le système d’assistance. Les personnages qui ne sont pas directement sur le terrain peuvent intervenir pour lancer un projectile, attaquer depuis les airs ou donner un coup de main dans le feu de l’action. Et selon la position choisie dans l’équipe, l’aide apportée ne sera pas la même. Il ne suffit donc pas de mettre ses quatre héros préférés ensemble et de foncer tête baissée. Il faut aussi réfléchir un minimum à l’ordre dans lequel on les place, surtout si l’on veut aller chercher un peu plus loin que les combos de base.
La bonne nouvelle, c’est que Marvel Tokon reste très accueillant pour les joueurs qui, comme moi, ne maîtrisent pas les manipulations compliquées. Les commandes sont simples à prendre en main, les enchaînements sortent assez facilement et il est possible de faire de très jolies choses sans passer trois semaines dans le mode entraînement. Mais derrière cette accessibilité se cache quand même une vraie marge de progression. Les joueurs les plus sérieux pourront apprendre à mieux gérer leurs assists, prolonger les combos et exploiter les forces de chaque équipe. De mon côté, j’ai surtout apprécié de pouvoir prendre une manette, choisir Ghost Rider ou Spider-Man et m’amuser immédiatement, sans avoir l’impression de devoir réviser avant chaque combat.
Des modes solo qui font le travail
Une fois le mode Épisode terminé, Marvel Tokon : Fighting Souls ne nous laisse pas complètement seul avec nos quatre personnages. Il y a bien sûr le mode Combat classique, qui permet de lancer des affrontements contre l’IA ou contre un ami sur le même canapé. Rien de révolutionnaire, mais c’est exactement le genre de menu dans lequel on retourne facilement pour faire quelques parties rapides, tester une nouvelle équipe ou régler un vieux différend avec un pote qui pense vraiment que le Bouffon Vert est plus fort que Wolverine.

Le jeu propose aussi une All-Star Arena, qui remplace en quelque sorte le traditionnel mode Arcade. Le principe reste très simple : on enchaîne les combats contre l’ordinateur, mais la progression prend la forme de parcours à embranchements. À certains moments, on peut choisir son chemin et donc les adversaires que l’on souhaite affronter. Ça donne un peu plus de variété qu’une succession de matchs imposés, surtout quand on cherche simplement à jouer sans se prendre la tête.
Il y a également un mode Survie, où l’objectif est de tenir le plus longtemps possible avec la même barre de vie. Là encore, c’est efficace, mais assez classique. Le mode peut donner envie de recommencer pour aller chercher quelques combats supplémentaires, notamment lorsqu’on commence à mieux connaître son équipe. En revanche, les joueurs qui espéraient un gros contenu solo capable de les occuper pendant des dizaines d’heures risquent de rester un peu sur leur faim.
Arcadia Rumble, une idée sympa qui manque de folie
Le mode le plus original de Marvel Tokon s’appelle Arcadia Rumble. Ici, on laisse de côté les combats classiques pour contrôler un petit avatar dans une arène, avec l’objectif de récupérer des bonus, de mettre des coups aux autres joueurs et de marquer un maximum de points. Entre deux manches, on peut aussi partir se battre avec son équipe de super-héros. Sur le papier, le mélange entre mini-jeu de baston et jeu de combat semble plutôt amusant, surtout à plusieurs.

Dans les faits, c’est clairement le mode qui dépend le plus des personnes avec qui on joue. Avec des amis, ça peut donner lieu à quelques bons moments de chaos, de mauvaise foi et de petites alliances qui ne durent jamais bien longtemps. On retrouve un peu l’esprit d’un Smash Bros plus bordélique, avec des avatars chibi qui courent dans tous les sens pendant que l’on essaie de comprendre pourquoi on vient encore de se faire envoyer au tapis.
Mais seul, Arcadia Rumble perd rapidement de son intérêt. Le concept amuse quelques parties, sans vraiment réussir à devenir un rendez-vous incontournable. C’est une bonne idée pour apporter un peu de légèreté entre deux combats plus sérieux, mais pas forcément un mode dans lequel on passera des heures. On sent qu’Arc System Works a voulu proposer autre chose qu’un simple menu de combats, ce qui est toujours appréciable, mais il manque peut-être un peu de profondeur ou de récompenses pour avoir envie d’y revenir régulièrement.
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Marvel Tokon propose un bon mode entraînement, heureusement
Comme tous les jeux de combat, Marvel Tokon : Fighting Souls propose un mode entraînement. Et c’est une très bonne nouvelle, parce que derrière son côté accessible, le jeu peut vite devenir assez technique. Entre les changements de personnages, les assists, les projections à travers les murs et les combos à rallonge, il y a largement de quoi faire si l’on souhaite progresser un peu.

Le mode est particulièrement complet et permet de régler plein de paramètres pour répéter une situation précise. On peut travailler ses combos, apprendre à sortir d’une pression un peu trop agressive ou simplement comprendre pourquoi on se fait ouvrir en deux en ligne par un joueur qui semble avoir passé sa vie avec Iron Man. Les données de frames sont aussi présentes pour les plus motivés, même si je vous avoue que ce n’est pas forcément ce qui m’a le plus servi pendant mes parties.
Plus intéressant pour les joueurs comme moi, le jeu propose aussi des leçons dédiées à chaque personnage. C’est une bonne façon de découvrir le style de combat de chacun sans passer deux heures à appuyer sur tous les boutons en espérant trouver quelque chose qui marche. Ces tutoriels permettent de mieux comprendre les forces de Wolverine, de Spider-Man ou de Ghost Rider, et surtout de savoir vers qui se tourner selon sa façon de jouer. Ce n’est pas toujours très fun, mais c’est bien fait, utile, et ça évite de se faire humilier trop longtemps avant de commencer à prendre du plaisir.
Le multijoueur, là où le jeu prend tout son sens
Soyons honnêtes : même avec quelques modes solo sympas, Marvel Tokon : Fighting Souls a surtout été pensé pour les affrontements contre d’autres joueurs. Le jeu propose des matchs classés, des combats amicaux et des salons personnalisables. De quoi jouer tranquillement avec des amis, tenter sa chance contre des inconnus ou aller chercher des adversaires un peu plus sérieux si l’envie vous prend de monter dans le classement.
Les combats en ligne fonctionnent bien dans l’ensemble. Lors de mes parties, je n’ai pas rencontré de problème particulier qui viendrait gâcher l’expérience. Quand les deux joueurs ont une bonne connexion, le rythme reste nerveux et les affrontements gardent toute leur lisibilité, ce qui est franchement important dans un jeu où quatre personnages peuvent intervenir dans le même combo. Le netcode semble donc tenir la route, même s’il faudra voir sur la durée si la communauté reste suffisamment active pour trouver facilement des adversaires à tous les niveaux.
Le seul vrai souci, c’est que le matchmaking en partie amicale peut parfois envoyer des joueurs débutants contre des personnes bien plus expérimentées. Autant dire que ça peut piquer sévère. Marvel Tokon est accueillant, oui, mais il ne fait pas de miracle non plus : quand on tombe contre quelqu’un qui maîtrise son équipe, on peut vite avoir l’impression de regarder une cinématique dont on est la victime. Les parties classées permettent logiquement de mieux se situer, mais elles demandent aussi d’accepter de perdre, beaucoup, avant de commencer à comprendre ce que l’on fait.
Un lobby vivant, mais pas indispensable
Le jeu possède aussi un lobby en ligne dans lequel on se déplace avec un avatar chibi. On peut y croiser d’autres joueurs, lancer des défis, observer des combats et accéder à quelques mini-jeux. C’est toujours sympathique d’avoir un espace un peu plus vivant qu’une simple liste de menus, surtout dans un jeu qui cherche à créer une vraie communauté autour de ses affrontements.
On peut aussi se poser devant des bornes d’arcade pour attendre un adversaire, comme dans les salles de jeu d’autrefois. C’est un petit détail, mais ça donne un côté plus convivial à l’ensemble. Les joueurs qui aiment traîner dans les lobbys, discuter entre deux parties ou regarder les autres se mettre sur la tronche devraient y trouver leur compte.
Pour ma part, j’y ai surtout vu un endroit pratique pour rejoindre des parties et faire quelques activités à côté. Le lobby est agréable, mais il ne changera pas la vie de ceux qui veulent juste lancer un combat rapidement. Après tout, quand on a envie d’envoyer Hulk contre Carnage, on n’a pas forcément besoin de faire une balade en version chibi avant de commencer.
Marvel Tokon : Fighting Souls, un très bon premier round
Marvel Tokon : Fighting Souls réussit là où on l’attendait le plus : sur les combats. Arc System Works livre un jeu nerveux, spectaculaire et beaucoup plus accessible qu’il n’en a l’air. Le système 4 contre 4 apporte une vraie personnalité au titre, les personnages ont chacun leur style et les combats donnent rapidement envie de relancer une partie, même après avoir pris une grosse correction.

Tout n’est pas parfait pour autant. Le scénario est anecdotique, le mode Épisode manque un peu d’ambition et les activités solo restent globalement assez limitées une fois que l’on a fait le tour. Arcadia Rumble est une idée sympa, mais pas forcément assez solide pour devenir une raison de revenir tous les jours. Le roster de départ est lui aussi très bon dans ses choix, avec quelques personnages moins attendus, mais vingt combattants restent un chiffre qui peut sembler un peu léger pour un jeu de combat pensé pour durer.
Malgré ça, difficile de ne pas recommander Marvel Tokon : Fighting Souls aux fans de Marvel et aux amateurs de jeu de combat. Il faut accepter d’apprendre quelques mécaniques, de perdre quelques combats et de voir son équipe se faire balayer avant de vraiment maîtriser le sujet. Mais une fois qu’on a compris les possibilités offertes par les assists et les changements de personnages, le plaisir est bien là. Un jeu qui ne détrône pas forcément les plus grands du genre dès son premier essai, mais qui pose des bases très solides pour devenir l’un des nouveaux rendez-vous du tag fighting.
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Article publié le 03/09/2026 à 5h37
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