Test de Marvel’s Wolverine sur PS5 : la violence à l’état pur

Par Benjamin Barois , le 20 septembre 2026 - 11 minutes de lecture
Gros plan sur la tête de Wolverine avec le titre du jeu à côté de son visage

Marvel’s Wolverine, qu’on va juste appeler Wolverine pour la suite, est le nouveau jeu tant attendu d’Insomniac Games. Les développeurs derrière les derniers et excellents Spider-Man et Miles Morales, en plus de Ratchet & Clank et bien sûr Spyro the Dragon. Nous avons pu tester et terminer le jeu, voici notre avis.

Wolverine, une entrée en matière difficile

Je vais donner mon ressenti purement subjectif pour ce début de test : j’ai eu du mal à démarrer Wolverine. J’avais en tête les trois Spider-Man et donc le souvenir de titres très fluides, aériens. Quand Wolverine se lance, c’est l’exact inverse : le personnage offre une sensation de lourdeur, de pesanteur (même s’il fera des bonds de cabri plus tard) et est beaucoup moins agile que son pote araignée.

Wolverine se battant contre une sentinelle

De plus, le jeu n’offre pas d’introduction grandiloquente comme ont pu le faire les derniers jeux d’Insomniac Games, avec par exemple le combat contre l’homme sable dans Spider-Man 2 ou la parade dans Ratchet & Clank : Rift Apart. Le jeu commence dans le dur, avec une scène d’action où on se bat aux côtés de Raven et Dent-de-Sabre, histoire d’apprendre les bases. Et elles sont simples : carré pour donner des coups de griffe moyens, triangle pour des coups lourds, L1 pour parer et rond pour esquiver.

Il y a ensuite le fameux combo que vous allez masher pendant 95% du jeu : 3x carré puis triangle, ou triangle, 2x carré et triangle, et voilà. Car Wolverine est un jeu qui ne fait pas dans la dentelle et demande presque de mettre son cerveau en mode pilote automatique lors des phases d’action. Et si c’est ce qui m’a posé un problème au début, c’est ce qui a finit par me séduire par la suite.

L’histoire (déjà connue) de Wolverine

Si vous connaissez un temps soit peu les comics Marvel, ou même les films X-Men, vous savez que l’intrigue de Wolverine tourne souvent autour de son passé, qu’il a en partie oublié. Ici, c’est aussi le cas, et nous découvrons le mutant au sein de la Team X avec Raven, Dent-de-Sabre et elle est menée par un certain Nathaniel Essex. Et là aussi, si vous connaissez les comics, vous savez qu’il y a quelque chose qui cloche, mais n’en disons pas plus pour préserver le scénario du jeu.

Wolverine saute d'un bâtiment qui explose vers un héliporteur où l'attend Jean Grey

Celui-ci est assez cliché mais rentre bien dans les cases du moule Marvel/X-Men/Disney avec les humains qui ne veulent pas des mutants, des mutants qui veulent simplement exister et d’autres en guerre contre les humains. Une intrigue déjà vue dans la première trilogie de film, avec ici quand même quelques petits twists sympathiques, qu’on voit venir malgré tout.

Wolverine nous embarque dans plusieurs destinations autour du monde : le Canada, le Japon ou encore Madripoor, pour le côté fictif. Ne vous attendez pas à des environnements ouverts, ce sont de grandes zones où on avance tout droit, avec parfois quelques possibilités d’exploration mais elles ne sont pas gigantesques et servent juste à chercher les quelques collectibles du jeu. Dans l’ensemble, c’est un jeu couloir et de toute façon, dès qu’on se met à fouiller un peu le décor, Logan nous dit à voix haute où il faut aller pour continuer l’histoire. Le train ne doit pas dérailler.

Un système de combat bourrin et jouissif

Au début, le système de combat peut paraître bas du front, mais il gagne un peu avec le temps. Pas en subtilité, mais en possibilités. Au fil du jeu, on va gagner de l’expérience, monter en niveau et recevoir des points de compétence. Points qu’on va ensuite dépenser pour débloquer de nouveaux coups, combos et aptitudes. Que ce soit pour accélérer la guérison rapide, renforcer la puissance de certains coups ou activer des coups spéciaux. Pour ces derniers, il y en a six en tout, et vous pouvez en activer quatre dans le jeu. Pour les déclencher, il faut appuyer sur L2 et soit croix, carré, triangle ou rond.

Wolverine a les griffes planté dans un ennemi et est plein de sang

Il y a ensuite un cooldown pour pouvoir les réutiliser et plus tard dans le jeu, on débloque les griffes Hélix avec R1 qui permettent de donner un coup ravageur devant soi. Mais ce n’est pas tout : en trouvant des collectibles et en essayant de faire retrouver les mémoires à Logan, on peut aussi débloquer des brins d’ADN qui, au bout d’un certain nombre, permettent d’activer des capacités latentes.

Et là c’est un peu plus tactique puisqu’à chaque nouveau brin activé (il y en a 10 en tout), vous débloquez quatre capacités mais ne pouvez en choisir qu’une. Il va donc falloir réfléchir en fonction de votre façon de jouer, même s’il est possible de revenir dans ce menu à tout moment pour désactiver un gène et en activer un autre. Vous savez quoi ? Au bout d’un moment, ça fonctionne, on se prend au jeu et les combats deviennent vraiment fun, avec des gerbes de sang dans tous les sens et un Wolverine en lambeau qui se bat, l’adamantium aux quatre vents.

Du gore, du fun, du défouloir

Wolverine est un véritable défouloir. Chacune de mes sessions, pourtant limitées à 1h, 1h30 grand max, se terminaient par des mains moites et des douleurs au niveau du pouce. Parce que le jeu est composé à 80% de combats et qu’il faut s’accrocher à son collant en lycra pour en voir le bout. Les ennemis ne font pas sagement la queue comme dans un Batman Arkham pour vous coller une dérouillée : ici, ils tapent tous en même temps et ils y vont fort.

Entre ceux qui sont au corps-à-corps (les malheureux), ceux qui font des attaques imparables mais qu’on peut esquiver et ceux qui tirent à distance, il faut avoir les yeux partout. Des signaux lumineux indiquent s’il faut appuyer sur rond ou L1, sinon la plupart du temps on martèle les boutons carré et triangle, parfois avec L2 pour déclencher un pouvoir et se sortir d’une situation délicate.

Les tenus de Wolverine

En haut de l’écran, deux jauges : une barre de vie et une barre de rage. Quand la première tombe à 0, Logan se retrouve au sol mais peut se relever une fois (par combat) pour un baroud d’honneur, où sa vie remonte à 100%. Sinon, à quoi ça servirait d’incarner un mutant qui peut se régénérer ? L’autre jauge, la rage, se remplit en combattant et quand elle passe un certain stade, vous devenez une vraie bête sauvage et pouvez tuer des ennemis instantanément en appuyant sur L2 et R2.

Tout ça s’effectue dans un bain de sang décomplexé où vos griffes rétractiles trifouillent allègrement dans les corps humains ou robotiques de vos ennemis. Logan est en permanence recouvert du sang, parfois le sien, ça gicle dans tous les sens, ça démembre, ça hurle et c’est extrêmement défoulant. Parfois, un autre mutant vous aide au combat, selon le scénario, pour permettre quelques exécutions spéciales, mais généralement, on est mieux servi par soi-même.

Le design de Wolverine est particulièrement réussi

Visuellement, ça claque. Wolverine, Logan, est réussi : Hugh Jackman n’a pas repris le rôle, c’est l’acteur australien Liam McIntyre qui prête ses traits au personnage. Et ça fonctionne très bien, surtout qu’en VF, c’est Jérémie Covillaut qui double Wolverine, personnage qu’il doublait déjà dans Logan et dans Deadpool & Wolverine. Autant dire que nous sommes gâtés et que l’acteur fait un travail particulièrement réussi.

Wolverine avec le visage déchiqueté

En plus, ils ont choisi de faire un Wolverine plus proche des premiers comics, à savoir un personnage particulièrement trapu et velu. Ses poils, nom de Zeus, il en a partout. Quand il est en tenu avec les bras à l’air ou en marcel, il a des poils qui lui sortent de partout, c’est techniquement très impressionnant. Et assez cocasse dans les scènes avec les autres personnages où il est toujours le plus petit du groupe. Mais ça ne fait que renforcer son côté bestial et, quelque part, notre empathie.

Les autres personnages ne sont pas en reste, notamment Essex et Walter (Sasquatch). Jean Grey, bien que très bien interprétée et doublée à l’écran, a un design plutôt quelconque et ne dégage pas particulièrement de charisme, malheureusement. Et c’est dommage, car le jeu a souvent l’occasion de la mettre en scène et on aurait aimé qu’elle prenne plus de place. Notez que le jeu se déroule sur Terre-1048, la même que celle des jeux Spider-Man, ce qui ne nous met pas à l’abri d’un crossover potentiel dans le futur.

Quelques réserves, notamment sur le rythme

Avant même de lancer le jeu, j’ai pu avoir connaissance des tests de mes confrères sur d’autres sites, et je dois avouer que j’en partage certain. Le jeu fait assez série B dans son ensemble, malgré un vernis triple A. Et au-delà de proposer des ennemis par grappes de 12, il n’a pas grand-chose à offrir, si ce n’est encore plus d’ennemis. Mais le point qui nous a le plus frappé, c’est qu’il manque parfois de rythme.

Wolverine en plein combat contre des ennemis

Les cinématiques sont top, pas de soucis, elles permettent de faire avancer l’histoire et sont souvent bien jouées. Mais elles tombent toujours à un moment où on est prêt à en découdre. Le pire étant les portes cauchemardesques qui servent à remplir des défis pour débloquer les souvenirs de Logan. Elles prennent la forme de portes oniriques qui apparaissent au beau milieu d’un niveau, comme un cheveu sur la soupe. Et sur les cauchemars qui durent longtemps, comme ceux où il faut affronter 25 vagues d’ennemis et qui durent parfois plus de 30 minutes, quand on revient au scénario, on a totalement oublié ce qu’on devait faire.

Les collectibles que sont les caisses d’équipement et les bouteilles de whisky ont aussi l’air d’avoir été intégrés au chausse-pied. Une énorme aura bleue apparaît à l’écran, ou une odeur à suivre, qui permet de les trouver. Les caisses permettent de crafter de nouvelles tenues iconiques et faire progresser la barre de vie. Les bouteilles de whisky, une fois toutes ramassées, permettent de débloquer un costume inédit.

D’ailleurs, un petit mot sur les bonus : il y a pléthore de costumes et de griffes à déverrouiller, qui n’ont qu’un aspect esthétique. On retrouve des tenues iconiques depuis la première apparition de Logan jusqu’aux plus récentes, y compris le costume de Tokon ou du film Deadpool & Wolverine. Les descriptions des griffes sont savoureuses et on aurait aimé que chacune d’elle s’accompagne d’aptitudes particulières, comme les costumes du premier Marvel’s Spider-Man, mais force est de constater que ce n’est pas le cas.

Wolverine : un bilan plus positif que prévu

Si l’histoire est téléphonée, l’action redondante et les à-côtés un peu chiches, force est de constater que le jeu m’a eu à l’usure, dans le bon sens du terme. Preuve en est que j’ai tenu à le platiner avant de rédiger ce test, afin de retrouver les sensations de griffes qui lacèrent des corps par dizaines. Parce qu’il y a une vraie sensation de puissance quand on contrôle Wolverine, une sensation animale qui demande de marteler la manette pour se sentir aussi bestial que lui.

Le scénario se laisse suivre agréablement même si on aurait aimé voir plus de personnages importants, parmi les X-Men les plus connus. Ce jeu n’a pas pour vocation d’être une origin story mais présente Logan sous un nouveau jour, surtout dans son lien avec Jean Grey. Wolverine est parfaitement représenté, son côté humain et son côté animal. Les tenues qui se déchirent au fil des blessures, la peau qui s’arrache et laisse apparaître le squelette en adamantium : un vrai régal.

Il ne faut pas faire comme moi et le lancer en pensant retrouver les sensations d’un Spider-Man. C’est un personnage à la physique différente, dont le style ne pourrait pas s’adapter à un open world. La progression se fait plus sur le ton d’un God of War 2018, avec un peu plus de verticalité mine de rien. La PS5 m’annonce 18h de jeu pour le platine, ce que je trouve cohérent avec mon expérience. Et au final, si je l’ai un peu boudé au début, j’y ai pris beaucoup de plaisir à la fin et c’est sur ce sentiment que je souhaite rester.

Marvel’s Wolverine est une exclusivité PlayStation 5 disponible en version physique standard pour 59,99 €. Ou sur le Store PlayStation à 79,99 € en version standard et 89,99 € en Digital Deluxe Edition comprenant cinq tenues exclusives avec les cinq griffes qui vont avec, 4 points techniques à utiliser dès le début et des avatars PlayStation.

Benjamin Barois

Rédacteur, traducteur et occasionnellement designer graphique Je joue donc je suis. Ne se prend pas au sérieux depuis 1985. Joue sur : PS5, Switch, 3DS, Vita et retro gaming Rédacteur freelance depuis plus de 10 ans, je mets mes compétences éditoriales au service de la tech, du gaming et de l’électroménager, avec un goût prononcé pour les bons plans et les contenus utiles. Mon parcours m’a permis de collaborer avec des sites reconnus comme Frandroid, Clubic, Écran Large, Jeuxvideo.com, ou encore Le Mag Jeux High Tech.

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