Test

Test de Shadow of the Tomb Raider sur PS4 : une Lara bien sombre


Fiche jeu

Initié en 2013, le reboot de la saga Tomb Raider a su redonner à cette série sa gloire d’antan. Lara était devenue une parodie d’elle-même dans les derniers jeux PS2 parus et il a fallu le talent de Crystal Dynamics pour qu’elle remonte au firmament. Ce coup de maître fut suivi par Rise of the Tomb Raider, suite logique des évènements qui déplaçait l’action du Japon à la Sibérie. Et nous voilà aujourd’hui avec le troisième volet de la trilogie du reboot : Shadow of the Tomb Raider.

Lara Croft versus l’apocalypse

L’histoire contée par le titre prend place au Pérou alors que Lara n’a encore que 23 ans. Elle va se retrouver encore et toujours face aux Trinitaires mais cette fois elle s’approche de leur chef, le docteur Dominguez. Le tout sur fond de dague magique qui a le pouvoir de déclencher l’apocalypse afin de refaire le monde à son image. Ce dernier volet représente donc l’affrontement ultime de Lara Croft, accompagnée de Jonah, contre les Trinitaires. Il s’agit également de la fin de la mue de Lara en véritable aventurière, et pas des moindres.

Lara Croft dispose de l’équipement et des compétences qu’elle a acquis dans les deux précédents volets, notamment son arc et son piolet. Le premier sera toujours son arme de prédilection lors des assauts sur les camps des Trinitaires tandis que le second sera votre meilleur ami lors des phases d’escalade. Et il va y en avoir, bien plus que de fusillades d’ailleurs.

C’est en effet l’un des changements notables qui nous a sauté aux yeux durant notre test. Shadow of the Tomb Raider mise plus sur l’aventure en elle-même que sur les phases d’action. Il y en a quelques-unes d’imposées mais mises à part une ou deux, vous pouvez toutes les passer en infiltration/élimination silencieuse. L’accent est au contraire mis sur les plateformes et surtout l’exploration des tombeaux, cryptes et villages visités. Ils regorgent de collectibles à trouver et propose même quelques quêtes annexes qui viennent apporter un peu de variété à l’aventure.

Les tombeaux de la muerte

Shadow of the Tomb Raider reprend la formule des précédents jeux en disséminant dans la nature des tombeaux inexplorés qui vous débloqueront de nouvelles habilités. Les développeurs ont eu la bonne idée de leur donner à chacun une thématique ou un environnement particulier ce qui leur confère une saveur unique lorsqu’on les parcourt. Certains sont liés aux éléments de la nature, d’autre à la vitesse, etc. C’est un véritable plaisir d’entendre cliqueter les cloches qui annoncent la proximité d’un de ces tombeaux car on sait qu’on va passer un excellent moment à les explorer.

En plus de ça il y a également des cryptes. Celles-ci sont aussi éparpillées dans le jeu et si elles ne sont pas aussi travaillées que les tombeaux, elles permettent de trouver pas mal de ressources, de documents et autres monolithes à déchiffrer. C’est une des nouveautés du titre, les monolithes écrits en langue péruvienne ou autre qui demande à être déchiffrés pour afficher une énigme avec une belle récompense à la clé. Pour cela, il faut ramasser des documents qui traînent dans les niveaux afin de parfaire ses compétences en langues et ainsi déchiffrer les écrits anciens.

Avec tous les éléments que vous récupérerez en fouillant le jeu, en chassant et en pillant vous pourrez crafter tout un tas de choses. Des améliorations pour vos armes, des tenues, des flèches, du soin… Le surplus pourra être vendu dans les magasins et l’or récolté servira à acheter des tenues antiques avec des propriétés particulières, des armes ou encore des objets nécessaires à débloquer de nouvelles zones comme les crochets ou l’ascenseur à corde. Et pour améliorer/crafter tout ça, dépenser vos points de compétences gagnés avec l’XP de vos aventures et utiliser le voyage rapide il faudra trouver les fameux feux de camp.

Donde esta le uzi ?

Côté technique le jeu est, comme ses prédécesseurs, intégralement doublé en français. Notons toutefois le changement de doubleuse pour Lara : on passe d’Alice David à Anna Sigalevitch, la doubleuse officielle d’Alicia Vikander à l’affiche du film Tomb Raider. Bien que le travail sur Shadow of the Tomb Raider soit remarquable, on sent un petit manque d’implication chez Lara de temps en temps qui nous font sortir un peu du jeu.

En parlant de ça le jeu a la (fausse) bonne idée de proposer un mode audio immersif où les autochtones parlent la langue locale. Tandis que Lara, elle, continue de parler français. Oui, comme vous pouvez le deviner cela donne lieu a des situations très cocasses où Lara parle avec un indigène péruvien et où lui s’exprime dans sa langue, Lara en français et les deux se comprennent miraculeusement. Saluons tout de même l’initiative qui, si elle est maladroite, a le mérite d’exister.

Ce n’est d’ailleurs pas les seuls moments de surréalisme du jeu puisque Lara Croft devient vraiment une aventurière de l’extrême à la limite de la divinité. Bon certes passons sur le scénario et la présence d’une dague capable de provoquer la fin du monde. Arrêtons-nous plutôt sur les capacités physiques de Lara poussées à leur maximum dans ce jeu. Notre héroïne dispose de 8 poumons pour nager en apnée pendant plusieurs minutes… Les muscles de ses bras renferment une force surhumaine pour pouvoir s’accrocher en mode Tom Cruise au début de Mission : Impossible 2… Bref, on a beau savoir que c’est un jeu et que tout est possible, parfois on sent que ça va un peu trop loin, même pour servir l’aventure.

Il fait sombre ici

Si vous vous souvenez dans le précédent jeu, il suffisait d’appuyer sur une touche pour que Lara sorte une torche de son sac, l’allume, et on y voyait comme en plein jour. Ce système a été troqué ici contre une lampe torche qui s’allume automatiquement dès qu’il fait trop sombre. Sauf que… ça ne fonctionne pas. C’est en partie dû au fait que le jeu est très, très sombre dans ses intérieurs. Même avec les rideaux tirés en plein jour on n’y voit pas grand-chose et il a fallu pousser la luminosité et le contraste à fond dans les options pour s’y retrouver. Et si les grottes et tombeaux deviennent jouables, ça part en cacahuète quand on se retrouve dehors.

Comme la luminosité redevient normal, les options poussées à fond donnent au jeu une apparence horrible avec une Lara Croft qui vire au roux, des murs presque fluos… Bref, on passe son temps à jongler avec la luminosité dans les options et on aimerait bien qu’un patch vienne régler ça rapidement. C’est, pour l’instant, LE gros reproche que l’on peut faire au jeu. Et c’est assez handicapant pour nous ressortir régulièrement du jeu.

Pour le reste le jeu est VRAIMENT plaisant. On navigue entre les missions principales, les missions annexes et l’exploration de façon tout à fait fluide. Les tombeaux et cryptes sont intégrés naturellement dans le jeu et on y rentre sans avoir la sensation de s’éloigner de la trame principale. Le jeu enchaîne les panoramas à couper le souffle et le fait que l’accent soit mis sur l’aventure plutôt que sur les affrontements est vraiment un point positif. On se sent touriste aux côtés de Lara, malgré qu’elle défouraille à tout va, qu’elle nettoie le Pérou de sa faune et de sa flore et qu’elle pille toutes les maisons dans lesquelles elle rentre.

Au final Shadow of the Tomb Raider s’inscrit parfaitement dans la continuité de ses deux prédécesseurs et boucle magistralement la boucle amorcée en 2013. Lara achève sa transformation en héroïne de l’extrême dans un décor propice aux pillages de tombes. C’est beau, c’est fluide, c’est prenant, et s’il n’y avait pas ce problème de luminosité on serait devant un jeu qui frôlerait l’excellence.

Points positifs

  • L'exploration mise en avant
  • Les tombeaux et les cryptes, plus nombreux
  • Lara Croft gagne en puissance
  • Les panoramas somptueux

Points négatifs

  • Beaucoup trop sombre
  • Le mode immersif, fausse bonne idée
  • Lara Croft gagne (trop) en puissance

Note

Graphismes 83%
Bande-son 81%
Prise en main 80%
Plaisir de jeu 80%
Durée de vie 83%
Conclusion

Shadow of the Tomb Raider est sans conteste un excellent jeu d’action/aventure. Il clôt la trilogie de la renaissance de la saga avec maestria dans un environnement propice aux temples, prophéties et tombeaux à visiter. Ces derniers sont d’ailleurs très bien intégrés aux jeux et proposent des parenthèses à l’aventure principale très agréables à parcourir. Malgré quelques défauts, notamment ces problèmes de luminosité, c’est un vrai plaisir de parcourir Paititi et ses alentours. Il y a toujours quelque chose à voir, à découvrir, des habitants à aider, des cryptes à visiter… La trame principale, loin d’être inintéressante, passe souvent au second plan tant on a envie de vider à 100% chaque zone visitée.

Crystal Dynamics a opté pour retirer tout aspect multi du jeu et s’est focalisé sur les tombeaux. Ce sont d’ailleurs eux qui seront mis à l’honneur dans le Season Pass qui en proposera à intervalles réguliers pendant six mois. L’occasion parfaite pour revenir sur le jeu et se replonger dans la jungle péruvienne une nouvelle fois. Bref, une excellente pioche en attendant de voir ce que l’avenir de Lara lui réserve.

Note finale 81% A tomber

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