Test

Famicom Detective Club sur Switch : test de l’épopée visuelle


Fiche jeu

  • Editeur:Nintendo
  • Developpeur:Nintendo
  • Supports:Nintendo Switch
  • Genres:Visual Novel
  • Nombre de joueurs:1 joueur
  • Date de sortie:14 mai 2021

Famicom Detective Club est apparu lors du dernier Indie World et a un peu surpris tout le monde. Assez discret, le titre est en fait une duologie remasterisée sortie à la base sur Famicom Disk System à la fin des années 80. Pari osé pour l’époque de lancer un visual novel sur console de salon. Qui plus est, le titre n’était pas sorti de l’archipel nippon. Voilà que les deux jeux : The Missing Heir et The Girl Who Stands Behind arrivent sur Switch en bundle. Nous y avons joué, voilà ce que nous en pensons.

Famicom Detective Club, la double aventure

Avant toute chose, précisions que Famicom Detective Club est le nom de la compilation regroupant les deux jeux. Les titres sont : The Missing Heir pour le premier. Soit l’héritier manquant (ou héritière). Et pour le second, The Girl Who Stands Behind, ou la fille qui reste en retrait. Sachez que le second est en fait un préquel du premier, mais il est préférable de les lancer dans leur ordre de sortie.

Au début de The Missing Heir, notre personnage se réveille amnésique et est secouru par un homme qui passait par là. Nous ne savons rien de notre passé, jusqu’à avoir oublié notre nom. L’occasion de donner au personnage votre propre patronyme ou de lui en inventer un. Sachez par ailleurs qu’en lançant le deuxième jeu, vous pourrez importer ces données pour commencer l’aventure.

Vous apprenez que vous avez été appelé au village de Myoujin à la suite de la disparition de Kiku Ayashiro. Cette femme était la directrice d’un grand groupe industriel. Mais aussi la propriétaire d’une vaste propriétaire. C’est le majordome, Zenzou, qui vous a contacté car il trouve la mort de sa patronne suspecte. Et alors que vous aviez rendez-vous avec quelqu’un sur une falaise pour une découverte primordiale, voilà que vous tombez, d’où l’amnésie. Il faut donc reprendre l’enquête depuis le début et interroger tout le monde.

The Girl Who Stands Behind, la suite qui se passe avant

The Girl Who Stands Behind reprend le même héros que le premier jeu. Mais les faits se déroulent avant. En effet, dans le premier jeu vous apprenez que vous faites partie d’une agence de détective. Et bien ce titre permet de découvrir comment vous y êtes entré. Et quelle était la première affaire sur laquelle vous avez travaillé. Il s’agit d’une affaire de meurtre en série sur des lycéennes.

Les deux affaires contiennent leur part de surnaturel, en apparence. Mais tout se résout au fil de la progression. Il y a bien sûr tout un lot de rebondissements et de révélations. Nous n’en parlerons pas ici car ils font tout le sel de ces visual novel vraiment plaisants à parcourir. Et cela même s’ils sont uniquement sous-titrés en anglais. Il est toutefois possible de changer la langue du doublage de l’anglais au japonais. Car un grand nombre de dialogues sont parlés, ce qui renforce très bien l’immersion.

Une construction classique

Revenons-en maintenant au genre. Il s’agit de visual novels, c’est-à-dire que 95% du temps, vous allez lire du texte. Ce sont des dialogues, parfois les pensées du personnage, ses réflexions. Et le reste du temps, vous allez le passer à vous déplacer entre les différents lieux pour rencontrer et discuter avec tous les protagonistes. De son grand âge, Famicom Detective Club garde des mécaniques de gameplay classiques. Ainsi, sur chaque tableau visité il est possible de choisir un verbe d’action. Parler, appeler/engager la conversation (quand il y a plusieurs personnages à l’écran, afin de choisir son interlocuteur), montrer, prendre, regarder, examiner…

Bref, il faut explorer et interagir avec un maximum de choses et de personnes pour progresser. Lorsque de nouveaux sujets seront disponibles, ils apparaissent en jaune. Mais il est aussi possible de choisir plusieurs fois le même sujet pour l’essorer complètement avec votre interlocuteur. Le jeu ne vous le dit jamais, c’est donc à vous de savoir, en fonction des infos lâchées, s’il vous faut creuser encore ou pas.

Sachez que vous ne pouvez pas progresser tant que vous n’aurez pas déclencher les bonnes interactions. Parfois il suffit d’épuiser les options de dialogue. Ou encore, il faut observer la personne en face, les alentours… Ou essayer de se souvenir. Bref, il faut tout déclencher pour passer au script suivant. Et le jeu ne vous donne aucun indice là-dessus. Ce qui peut amener, parfois, à vite tourner en rond.

Simple mais efficace

Famicom Detective Club est vraiment très joli. Que ce soit à la télé ou en mode portable, le jeu ressemble à un bel animé interactif. Les personnages sont des modèles 3D plaqués sur des décors 2D. Ils bougent parfois un peu et ne reste pas fixes comme d’autres titres du même genre. Le rythme est lent, posé, à tel point qu’on a parfois l’impression de lire un roman noir. On enchaîne les interrogatoires, nos réflexions grandissent avec celles du protagoniste… Et clairement on passe un excellent moment avec ces deux jeux, même si parfois on aimerait que ça aille plus vite.

On retrouve tous les codes du visual novel. C’est-à-dire qu’on commence avec des faits simples et plus on avance plus on découvre des ramifications à l’histoire. Des nouveaux personnages, de nouveaux faits, des retournements de situation, des mensonges… Le style évolue constamment entre le vaudeville et le whodunit que l’on aime parcourir. En plus, les jeux bénéficient du charme désuet de la fin des années 80. Pas de smartphone, d’Internet ou autre pour mener l’enquête. Tout se fait façon old school et ça a quelque chose de rafraîchissant.

Bref, Famicom Detective Club est un excellent bundle pour qui aime le genre du Visual Novel. Pas de chichis, pas d’ajout de gameplay ou de phases autre : il n’y a que la narration. Cela est dû à l’âge du jeu de base, bien sûr. Mais parfois il est bon de revenir aux sources, surtout lorsque c’est fait avec passion et une refonte graphique aussi réussie que celle-là. Comptez une durée de vie un peu en deçà des standards actuels, une fois encore parce qu’à l’époque on ne pouvait pas faire de jeux très longs. Mais comptez environ 7 ou 8h par jeu, un peu plus si votre niveau d’anglais n’est pas suffisant, ou si vous passez trop de temps à tourner en rond.

Ce qu’il faut en retenir

Famicom Detective Club est un bon remaster. Le matériau de base était excellent, car l’histoire tient vraiment bien la route en 2021. Et graphiquement c’est tout ce qu’on aime pour ce genre d’ambiance. Pas de science-fiction ou de murder-game à la Danganronpa ou World End’s Club. Nous sommes sur une enquête un peu plus terre à terre, mais qu’on parcourt avec beaucoup de plaisir. Certaines mécaniques sont un peu datées, mais en vérité cela fait partie du charme du jeu.

Alors si vous êtes sensible au genre, si votre anglais est correct et que vous aimez les histoires de détective à la Agatha Christie ou Sherlock Holmes : alors Famicom Detective Club vous ravira complètement.

Points positifs

  • Très joli visuellement
  • Une intrigue classique mais prenante
  • Deux aventures au prix d'une

Points négatifs

  • Parfois on ne sait pas quoi faire pour avancer
  • Dommage que les jeux ne soient pas en français

Note

Graphismes 80%
Bande-son 68%
Prise en main 72%
Plaisir de jeu 80%
Durée de vie 61%
Conclusion

Sorti de nulle part pour le public occidental, Famicom Detective Club est une bien belle surprise. Ce remake de deux jeux sortis exclusivement au Japon sur Famicom Disk System réussi son pari de retour sur le devant de la scène. Certes, il ne parle qu’à un public niche, c’est à dire les amateurs de visual novel ayant un niveau d’anglais capable de soutenir deux fois huit heures d’aventures. Mais si vous êtes dans ce cas, il y a de grandes chances que vous plongiez dans l’intrigue tête la première. Si vous ne connaissez pas le genre du visual novel, cela peut être une bonne porte d’entrée également. En effet, le jeu propose le minimum en termes d’interactions. Pas de mini-jeux, de procès ou autre. Tout au plus aurez-vous quelques énigmes à résoudre. L’aventure est classique mais plaisante, le scénario bien ficelé avec son lot de rebondissements et de révélations. Bref, un très bon moment pour qui cherche deux polars interactifs.

Note finale 72% Convaincant

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