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Test – The Silver Case 2425 : aux origines de Suda51


Fiche jeu

  • Editeur:NIS America
  • Developpeur:Grasshopper Manufacture
  • Supports:Nintendo Switch
  • Genres:Visual Novel
  • Nombre de joueurs:1 joueur
  • Date de sortie:09/07/2021

The Silver Case 2425 est une compilation regroupant deux visual novels: The Silver Case et The 25th Ward: Silver Case. Si le premier est sorti sur PlayStation en 1999, le second, lui n’a connu que les honneurs du mobile. Les deux sont ressortis sur PS4 il y a quelques années et arrivent maintenant en une seule cartouche sous l’appellation The Silver Case 2425. Derrière cette œuvre, Goichi Suda, dit Suda51, l’homme derrière Killer7, No More Heroes ou encore Killer is Dead. L’occasion de découvrir les débuts du bonhomme.

The Silver Case 2425 : rien ne va plus au 24 Wards

Dans The Silver Case, le joueur va enquêter sur une série de meurtres mystérieux. Ceux-ci semblent être perpétués par Kamui Uehara, un serial killer qui s’est forgé un nom dans le Ward 24, un quartier du Kanto. Vous, le joueur, incarnez un ancien des forces spéciales qui se retrouvent au sein d’une équipe d’enquêteurs au caractère bien distinct. Vous allez essayer de comprendre qui peut bien être derrière ces meurtres et si, contre toute logique, Kamui Uehara est de retour.

Le jeu est découpé en deux parties. D’une part vous suivez votre personnage et effectuez le travail d’enquêteurs. D’autre part, vous jouez en tant que journaliste et tentez de remettre les choses dans le bon ordre. Ces deux parties sont complémentaires car les moments où l’on joue en tant qu’agent sont un peu décousus. Il n’est pas rare de se perdre entre la narration des faits et la multitude de personnages présentés. Chose qui est plus ou moins mise en forme par les journalistes afin de retracer le parcours du tueur. Et le vôtre.

The 25th Ward : Silver Case

Le second jeu est une suite qui se déroule six ans après les faits du premier jeu. Et bien que l’on retrouve des personnages connus, il est tout à fait possible de jouer les jeux dans l’ordre que l’on souhaite. Pour les fans de Suda51 et de son studio, Grasshoper Manufacture, il est même possible de retrouver des personnages d’autres jeux. Comme Sumio, qui sera ensuite le héros de Flower, Sun & Rain, sorti sur DS chez nous. D’ailleurs, le titre du jeu se retrouve lui aussi évoqué au détour d’une ligne de dialogue.

Dans le second jeu donc, il y a trois scénarios distincts avec trois protagonistes. Au début ils suivent des chemins pour finalement converger vers un dénouement commun. Il est donc important de tous les faire si l’on veut saisir toute l’ampleur de l’histoire. Et heureusement, Goichi Suda était déjà bien inspiré à l’époque, au moins autant qu’aujourd’hui, pour pondre des scénarios aussi complexes que fascinants.

Pas qu’un simple visual novel

D’habitude quand on entend parler de visual novel, on pense faire défiler du texte en martelant le bouton A. Jusqu’à faire défiler le générique de fin et basta. Il peut parfois y avoir des choix (Ace Attorney), des interrogatoires (Famicom Detective Club) ou même quelques moments sous pression (les procès de Danganronpa). Pour The Silver Case, déjà en 1999, Suda51 avait trouvé un moyen de se démarquer. Comment ? En incluant des phases d’enquête à la première personne.

À quelques occasions, il est possible de diriger son personnage en vue FPS. Ne vous attendez pas à du Doom, il s’agit surtout de phases d’investigation. Vous vous déplacez dans un espace restreint, de case en case, à la recherche de points de contact. Une fois là, vous pouvez observer le point en question ou parler à vos collègues afin de faire progresser l’intrigue. Ces moments sont aussi l’occasion d’accéder aux paramètres afin de pouvoir sauvegarder.

Un parti pris visuel

La chose qui saute aux yeux en jouant à The Silver Case 2425 c’est le choix visuel. En effet, le jeu ne prend jamais la totalité de l’écran. En gros, celui-ci est divisé en carré/rectangles de tailles différentes afin de mettre en avant qui parle. Et même quand on passe en mode FPS, on reste dans une fenêtre réduite. Tout cela est un héritage de la PlayStation de 1999 et des astuces qu’ont dû trouver les développeurs pour que le titre rentre sur un CD. Et comme il ne s’agit ni d’un remaster, ni d’un remake, ces défauts sont toujours présents.

Bien sûr le titre est plus fluide et jouable qu’à l’époque. Et il faut dire que les visual novels sont un genre qui vieillit plutôt bien, si tant est que l’histoire et les dessins de base étaient bons. Mais cela peut surprendre, d’autant que le style néo-futuriste apporte un petit côté kitsch au jeu. Les personnages sont assez caricaturaux et on retrouve ce qu’on est en droit d’attendre dans un tel jeu. Il y a le vieux de la vieille qui jure comme un charretier, le novice un peu zélé, le flic faussement cool qui cache un lourd secret, la femme dénuée d’émotions, alors qu’en fait c’est une carapace…

Cela peut paraître désuet aujourd’hui mais cela permet de bien identifier les personnages. Ce qui peut s’avérer très pratique lors des phases de dialogue quand on ne sait pas trop qui est qui. D’autant plus que l’indicateur pour savoir qui est la personne qui parle est très discret à l’écran.

Pour qui sonne le glas

Finalement, à qui s’adresse The Silver Case 2425 ? Déjà, aux amateurs du genre. Cependant, si c’est votre premier visual novel, essayez quelque chose de plus traditionnel. Entre l’apprêté dû à l’âge du titre et la complexité du scénario de Suda51, ce n’est peut-être pas la meilleure porte d’entrée. Ensuite, si vous aimez l’œuvre de Goichi Suda, bien sûr, il faut foncer. On retrouve tout ce qui fait le succès de ses autres jeux, cette ambiance particulière, et la noirceur du scénario.

Les dessins, les personnages, tout est sombre. Et on ne ressort pas indemne du jeu. Il est oppressant, parfois angoissant, et sait tenir le joueur en haleine lors des phases de FPS. On sait qu’on ne va pas tomber sur un monstre au détour du prochain couloir. Mais la vision d’un cadavre énucléé ou décapité, d’une femme qui crie « KILLMEKILLMEKILLME » en boucle sur tout un écran : ça marque.

Enfin, le fait de pouvoir accéder à ce jeu en version portable sur Switch est un vrai plus. Le visual novel est un genre qui se prête bien au côté nomade de la console. Il est plus dur de se poser devant un écran de télé géant pour seulement y faire défiler du texte. Alors que se blottir sous la couette le soir venu et lancer une partie de The Silver Case 2425, c’est certainement le meilleur moyen d’en profiter. Ah, et le jeu est intégralement en anglais.

Points positifs

  • Une ambiance poisseuse au possible
  • Découvrir les débuts de Goichi Suda
  • À déguster la nuit

Points négatifs

  • Les phases de FPS pas toujours lisibles
  • Une histoire brouillonne

Note

Graphismes 59%
Bande-son 69%
Prise en main 65%
Plaisir de jeu 79%
Durée de vie 68%
Conclusion

The Silver Case 2425 regroupe deux jeux, qui peuvent se jouer indépendamment mais qui se complètent malgré tout. Parus en 1999 et 2006, ils reviennent sans grande amélioration visuelle ou de gameplay. Mais ce n’est pas grave tant le matériau d’origine a bien vieilli. On retrouve la patte de Goichi Suda, alias Suda51, tant dans l’ambiance que dans les personnages développés. L’oeuvre répond à d’autres titres du réalisateur, et si vous aimez ce qu’il a fait récemment, vous devez absolument sauter sur cette occasion inédite d’en apprendre plus sur ses débuts. Il s’agit d’un titre un peu vieillissant mais qui se joue encore très bien aujourd’hui. À condition d’insister un peu afin de pénétrer dans cet univers bien particulier.

Note finale 68% Intriguant

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