Test

Test de The World Ends With You -Final Remix- sur Switch : Shibuya à la vie à la mort


Fiche jeu

  • Editeur:Nintendo
  • Developpeur:Square Enix
  • Supports:Nintendo Switch
  • Genres:JRPG
  • Nombre de joueurs:1-2 joueurs en coop
  • Date de sortie:12 octobre 2018

The World Ends With You est un titre qui doit parler à certains joueurs car le jeu est à la base paru sur DS en 2008, soit il y a une bonne dizaine d’années. Lors de sortie il a connu un excellent accueil, que ce soit aussi bien critique que public, avec un gameplay adapté à la DS, un univers graphique proche de Kingdom Hearts et un scénario plus profond qu’il n’y paraît. L’annonce de son retour sur Switch est une excellente nouvelle, reste à voir comment a vieilli le titre.

Neku contre le monde

Comme tout bon JRPG qui se respecte, The World Ends With You commence avec un réveil et une amnésie partielle. Sauf qu’ici, on ouvre les yeux en plein Shibuya, le quartier hype de Tokyo qu’on a déjà pu visiter entre autres dans 428 Shibuya Scramble récemment. Le temps est venu de découvrir qui on est : Neku Sakuraba, jeune homme de 15 ans. Pourquoi on est là ? Mystère. Qu’est-ce qu’on doit faire ? Pareil. Tout ce qu’on a c’est un badge orné d’une tête de mort stylisée et un mystérieux compte à rebours sur la main.

Survient alors Shiki Misaki, une jeune fille qui vous explique ce qu’elle sait. Le badge permet de lire dans les pensées des gens autour de vous et le compte à rebours est celui d’une mission que vous devez remplir avant son arrivée à zéro. Très vite vous ferez la connaissance des Reapers à l’origine de vos malheurs qui vous expliqueront que vous devrez remplir des missions pour eux pendant sept jours sous peine de voir votre existence complètement effacée. Pourquoi ? Il faudra terminer le jeu pour répondre à cette question fatidique.

Les missions sont plus ou moins toujours les mêmes : vous devrez aller dans une zone définie par des murs invisibles, vous friter avec les Noises, les monstres ambiants, et résoudre le mystère du quartier pour atteindre le jour et la mission suivante. Arrivée à l’issue de la semaine vous pourrez enfin affronter le Reaper qui vous tourmente depuis 7 jours et passer à la journée d’après. Vous ferez ça avec votre coéquipier du moment, qui vous sera bien utile en combat et pendant les phases d’exploration. En effet, le jeu vous propose d’explorer une version édulcorée et colorée de Shibuya ou vous pourrez lire dans les pensées des PNJ (qui ne vous voient pas) et résoudre quelques petits mystères.

L’occasion pour Neku (vous) de s’ouvrir un peu car le garçon, très renfermé au début, à la limite du désagréable, n’est pas pour la coopération et préfère faire cavalier seul. Mais devant la tâche à accomplir il va vite se rendre compte qu’il vaut mieux privilégier le dialogue avec ses alliés et il changera ainsi de comportement. L’occasion pour nous de suivre l’évolution du personnage au fil des événements et de l’avancée du scénario.

Une prise en main peu évidente

On l’a dit en préambule, The World Ends With You est à la base un jeu DS, donc pensé pour deux écrans, dont un tactile. Le passage à la Switch éveillait donc une certaine curiosité concernant le gameplay car tout se retrouve sur un seul écran, certes tactile en mode portable mais quid du mode docké ? Sachez qu’un premier travail avait été fait en amont car le jeu était ressorti sur portable en 2014 dans une version nommée « Solo Remix ». Le Final Remix ici est donc plus une resucée de la version smartphone que du jeu original sur DS.

Ce qui donne sur la Switch un gameplay uniquement tactile, ne cherchez pas à jouer avec une manette ou les joycons accrochés à la machine. Et en mode TV vous devrez porter chacun des joycons au poignet et jouer en mode Wii en agitant les bras. C’est pour ma part là que réside l’énorme défaut de The World Ends With You car dans les deux cas la prise en main s’avère être tout sauf intuitive. En combat les attaques à base de badge où il faut glisser/tapoter sont imprécises à souhait, ce qui rend les affrontements brouillons.

Alors on s’en sort à force d’appuyer sur son écran dans tous les sens, le titre étant relativement facile, mais on regrette le manque de tactique possible au profit d’un matraquage en règle. Parce qu’en plus de tout ça il faut déplacer Neku sur la surface de jeu, ce qui implique de devoir toucher l’écran également. Bref, un bien beau bazar. Ajoutez à ça que les combats étant le cœur du jeu, vous en ferez ad nauseam donc à moins de kiffer et maîtriser le gameplay tactile du jeu, vous serez vite écœuré par le titre, privilégiant ainsi les courtes sessions.

Mais on dirait que le jeu a été pensé pour ça puisque vos badges de combat gagnent de l’XP lorsque vous relancez le jeu, se basant sur le temps non-joué. Ainsi, si vous recevez un nouveau badge niveau 1, équipez-le, éteignez votre console et revenez quelques jours plus tard pour le voir augmenté de plusieurs niveaux. Cette technique doit être faites pour éviter le farm redondant mais elle apparaît plus comme une excuse pour palier à un gameplay approximatif qu’autre chose. Elle rend par ailleurs le jeu plus facile qu’il n’est déjà.

Mais c’est bien, quand même ?

Avec tout ce que je viens de dire on pourrait croire que The World Ends With You est un mauvais jeu, ce qui est faux. Le jeu est vraiment bon : le scénario réserve son lot de rebondissements, les personnages sont plutôt attachants même si au début Neku mériterait quelques baffes. Graphiquement c’est très très joli, les couleurs sont vives, ça ne bave pas, le trait est incisif et net et ça flatte la rétine. Et la bande-son reste dans l’ambiance avec ses sons J-Pop qui tournent en fond et collent bien avec l’ambiance générale du jeu.

En plus le titre est intégralement écrit en français avec un langage axé « djeun’s » et des formulations qui, parfois, frôlent la caricature. Mais qu’importe, on est devant des jeunes entre 15 et 20 ans, la musique est bonne, le langage fleuri, tout ça sert à poser un décor unique sur un jeu pétri de qualités. Malgré ses défauts apparents, le jeu propose une aventure profonde et qui sort un peu des clous sur JRPG. Et l’originalité est une chose qui se fait rare dans le paysage vidéoludique actuel, ce serait donc bête de cracher dessus.

Points positifs

  • Un scénario intéressant
  • Des graphismes léchés
  • Le texte en français
  • Les bonus (coop, chapitre bonus)
  • La bande-son J-Pop

Points négatifs

  • La prise en main
  • Répétitif
  • Les combats brouillons
  • Le jeu en mode Wii, pas précis

Note

Graphismes 84%
Bande-son 82%
Prise en main 40%
Plaisir de jeu 70%
Durée de vie 70%
Conclusion

Difficile de noter The World Ends With You -Final Remix-. Alors que le matériau de départ est excellent, le passage successif sur smartphone puis sur Switch n’a pas fait que du bien au titre. Visuellement, scénaristiquement et musicalement on reste sur le haut du panier avec ce qui se fait de mieux dans le genre. En plus on a droit à quelques bonus sympa comme la coop (même si elle n’est disponible qu’en mode TV, pas portable) et un chapitre exclusif qui ravira les fans en attendant une éventuelle suite au jeu. Mais de l’autre côté le gameplay purement tactile en portable ou avec les joy-cons en mode Wii sur la télé est clairement à côté de la plaque. Imprécis et brouillon, il rend les combats assez rébarbatifs et c’est dommage car c’est quand même le cœur d’un JRPG. Toutefois, avec un peu de pratique et/ou en bombardant son écran avec ses doigts (prévoyez une protection en verre trempé et un chiffon sur le long terme) ça passe tout seul et on enchaîne le tout pour avancer dans le scénario.

The World Ends With You -Final Remix- est malgré tout une bonne pioche qui ravira les joueurs Switch et qui donnera l’occasion à ceux qui ne l’ont pas connu sur DS de découvrir un titre atypique.

Note finale 69% Game over

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