Test

Test de Kingdom Come: Delivrance, une simulation médiéviste ?


Fiche jeu

Il est enfin temps de rentrer dans le vif du sujet, pour un jeu qui avait fait grandement parler de lui sur les salons. En effet, Kingdom Come: Delivrance avait reçu les éloges du public lors de la Gamescom. Une ovation méritée à la vue du pied de nez choisi par ses développeurs. Ici des donjons, des chevaux et des quêtes, mais ne vous attendez pas à y trouver des dragons ou autres pouvoirs divins. Kingdom Come: Delivrance a été rendu possible par la réalisation d’une campagne Kickstarter en 2014. Le Studio slave de Warhorse nous promet à cette époque, une expérience de jeu difficile et exigeante sous de nombreux aspects que nous vous révèleront au travers de ce test.

Kingdom Come: Delivrance va plus loin que le simple RPG

Notre aventure commence bien. Nous découvrons une vidéo introductive d’une belle qualité. Les décors sont somptueux, l’éclairage dynamique crée une ambiance réelle à son paroxysme. L’immersion est bien là dès les premières minutes. Nous entrons en Bohème en l’an de grâce 1404 et découvrons Henry, le héros de cette aventure qui n’a décidément rien d’ordinaire pour nos mains de joueur expérimenté. Faisant suite à un dialogue entre le protagoniste et sa mère nous nous retrouvons illico presto en vue subjective et là on peut le dire, le travail a été plutôt bien réalisé.

Toutes les animations sont présentes et nous voyons clairement la main se poser sur une poignée pour ouvrir la porte, en vue d’ une meilleure immersion. S’ajoutent à cette dimension, un certain survivalisme qui sera primordial dans notre progression. En effet la fatigue, la faim entrent en jeu et nos statistiques sont rapidement altérées si Henry manque de quelque chose. Et si la boisson permet de résoudre certaine situations, il faudra par la suite faire face à la gueule de bois qui va avec. Vous êtes prévenus, chacun de vos choix aura des répercutions sur la suite de l’aventure. Des solutions existent par le biais de votre inventaire, pouvant recueillir bon nombre d’objets et denrées, mais ici aussi les développeurs ont poussés le vice. Si vous mangez trop, vous ne serez plus très réactif. de plus, il faudra faire attention à la nourriture qui se périme dans votre sacoche. Nous sommes bien loin de ses alter egos Skyrim ou The Witcher mais plus dans une simulation de vie.

Le gameplay exige aussi un certain réalisme de votre part. Il est en effet possible d’acheter et vendre chez les marchands mais avant de concrétiser l’échange, une phase de marchandage est possible. Il faudra bien étudier la réaction du vendeur pour ne pas le froisser et briser la vente. Mais d’autres facteurs influent sur votre aventure et cela sur bien des aspects. En effet la couleur de votre tenue agira sur votre résultat en terme d’infiltration. Oubliez le fuchsia ou l’armure de plate pour passer discrètement dans le dos d’un ennemi. Il en va aussi de votre crédibilité auprès des gardes, si vous ne souhaitez pas passer pour un mécréant ou un bouffon. Il en sera de même, également, pour vos promenades nocturnes. La torche est de mise et l’absence de cette dernière vous fera clairement passer pour un coupe jarret par la milice qui veille sur le royaume. Si vous ne respectez pas le jeu, vous irez droit au cachot et attention aux répercutions physiques et sur votre réputation. Il faut donc toujours veiller à sa tenue si on souhaite « tapper » la discussion avec un seigneur, en allant jusqu’à décrotter ses pompes.

Nous découvrirons aussi rapidement que les combats sont extrêmement exigeants. Si vous avez pour habitude d’agiter votre épée dans tous les sens pour dézinguer vos ennemis, ici, il faut clairement faire attention à votre jauge d’endurance. Chaque attaque doit être mesurée et dans le bon angle, si vous voulez passer les défenses adverses. Trop d’effort et nous ne sommes pas loin du blackout et donc, clairement, à la merci des nos assaillants sans moyen de défense. De même, ne comptez pas non plus vous battre contre dix hommes, deux seront amplement suffisants. Réalisme oblige, il est impossible de bloquer toutes les attaques simultanées sur 360 degrés avec une épee.

Revenons en aux prémisses de notre aventure. Nous sommes définitivement bien loin de tout aspect Fantasy et de prophétie. Henry entamera donc une quête de vengeance suite à l’attaque de son village et la mort de ses parents. Et c’est sous la poupe du seigneur Rattay qu’il faudra faire vos marques et évoluer de simple garde à chevalier qui parcourra le monde à dos de cheval. Les sauvegardes ne sont, quand à elles, que peu maîtrisables. En effet il faudra attendre une ouverture de quête ou la résolution d’une étape avant d’y avoir droit. Il en va de même pour vos choix qui seront donc inscrits dans le marbre sans pour autant pouvoir tester chaque possibilité.

Kingdom Come se veut très complet de toute part, l’immersion y est travaillée et explose dans ses mises en scène où les personnages apparaissent. Le doublage de qualité en anglais apporte une dimension bien réelle, même si de nombreux manquements subsistent dans les autres langues. En effet, certains dialogues ne seront pas complets sur la partie audio, en français par exemple. Mieux vaut maintenir notre aventure en VO avec les sous-titres. Il en va de même avec un moteur graphique qui peine de temps en temps à donner le meilleur de lui même. Certains éléments de personnages mettent du temps à charger, ce n’est pas très esthétique.  Mais il va sans dire que la modélisation des visages est de qualité et même si la synchronisation labiale n’est pas sans faille, on se retrouve face à des gueules d’époque fortes de réalisme. Kingdom Come: Delivrance se place néanmoins dans la série des beaux jeux mais reste perfectible. Peut être que certaines mises à jour amélioreront encore l’expérience.

Ce que nous apprécions dans le titre reste néanmoins cet aspect encré dans la réalité d’une époque historique. En effet l’absence de magie et de fantaisie apporte de la nouveauté au genre et ce n’est pas pour nous déplaire. Si certaines quêtes peuvent sembler un peu décousues on ne se souvient, au final, que d’une aventure dans la vrai vie d’un jeune paysan du 15ème siècle. Nous sommes face à univers pensé le plus réel possible où chaque chose a sa place et chaque place sa chose. Rien n’est laissé au hasard et un bâtiment est forcément installé de la manière la plus logique possible par rapport à sa fonction.

Ne vous attendez pas non plus à une quantité faramineuse de quêtes secondaires. L’éditeur se veut privilégier la qualité à la quantité. Cela est fort appréciable et on remarque clairement l’envie de ne pas proposer de simples quêtes FedEx. Plus fort encore, il est possible de résoudre une quête de nombreuses manières et ce choix aura toujours une répercussion sur le reste de notre périple. Persuader de baisser les armes ou tuer, créer de fausses preuves d’un assassinat pour sauver la cible. A vous de voir quel héros vous êtes. Mais attention, un choix fait en début de partie peut avoir des répercussion des dizaines d’heures plus tard et pourra corser un peu plus votre mission.

Il vous faudra compter une trentaine d’heures de jeu pour venir à bout de cette simulation médiéviste dans sa quête principale en ne s’écartant pas des sentiers. Beaucoup plus d’heures de jeu sont encore à découvrir si on se penche sur les « à côté ».

Néanmoins cet aspect tellement complet et réel à aussi ses travers et de trop nombreux bugs viennent ternir le décors élogieux qu’il est capable de nous servir. Problèmes de caméra, physique parfois aléatoire et chargements très longs vous suivront tout au long de votre aventure (Et nous ne feront pas une liste exhaustive des bugs de quêtes obligeant à tout recommencer une partie ou tout son déroulement). Nous en parlions précédemment aussi, le jeu propose un grand nombre de langues de doublage qui ne semblent pas complets, un dialogue démarre en français, le PNJ ne répond pas et Henry continue en Anglais. De même pour certaines indications textuelles qui se retrouvent en anglais alors que le jeu est configuré en français. C’est assez déroutant et on choisit rapidement de se laisser porter par la VO globale. Le mieux aurait été certainement d’activer ces langues via des mises à jour futures, une fois finalisées. Tous ces petits tracas entachent un peu l’immersion même si; en général; il ne s’agit pas de problèmes bloquants.

Points positifs

  • L'aspect Historique et Réaliste à son paroxisme
  • Une profondeur inégalée
  • Un doublage anglais exemplaire
  • Une durée de vie démesurée
  • Des décors à couper le souffle
  • Chaque acte à ses conséquences et même bien plus tard dans l'aventure
  • Des quêtes cohérente avec le réalisme visé (pas de FedEx)

Points négatifs

  • Encore beaucoup de bugs apportés par la complexité du titre
  • Très exigent et l'effet papillon pas toujours mesurable
  • Des chargements très longs
  • Des graphismes perfectibles
  • Pas de niveaux de difficulté
  • Des combats par fois rageants
  • Des doublages incomplets dans les autres langues
  • Le prologue un peu long
  • On attend des mises à jour correctives

Note

Graphismes 70%
Bande-Son 78%
Prise en main 70%
Plaisir de jeu 75%
Durée de vie 95%
Conclusion

Warhorse Studio a fait le choix de proposer un titre sans concession. Jusqu’au boutististe, Kingdom Come: Delivrance est exigent avec les joueurs. Chaque action aura sa conséquence et les combats demandent calme et maitrise. Il faudra faire attention à son apparence suivant les circonstances, et ne comptez pas approcher un seigneur avec de vieilles guenilles ou passer furtivement avec un pyjama blanc. Les quêtes sont recherchées et ne se limitent clairement pas à des livraisons comme d’autres jeu du même genre ont l’habitude de faire.

Néanmoins cette aventure n’est pas sans embûches et de nombreux bugs restent présents que ce soit graphiques, ou au niveau des traductions. Des chargements souvent trop longs cassent aussi un peu le rythme de ce périple explosant de réalisme. L’absence de tout aspect de magie et de créatures légendaires offre un nouveau souffle au RPG. Il faudra prendre Kingdom Come: Delivrance comme une grosse simulation médiéviste plutôt qu’un alter égo de Skyrim.

Note finale 78% Réaliste

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