The Sinking City prépare son E3 Test

Test de The Sinking City sur PS4 : le détective prend l’eau


Fiche jeu

L’été est là et alors que la canicule battait son plein la semaine dernière, nous nous mettions au frais en jouant à The Sinking City. Présenté à la presse il y a peu, le jeu s’est enfin laissé approcher dans sa version finale. Basé sur les romans et nouvelles de H.P. Lovecraft, le titre promettait une enquête libre, ne tenant pas le joueur par la main pour une aventure en monde ouvert où folie et santé mentale sont les deux facettes d’une même pièce. Bienvenue à Oakmont.

The Sinking City : la ville submergée

Charles Reed est un détective de Boston pendant les années 20. Cette période historique sous-entend pas mal de problématiques liées à cette époque, comme le racisme et la prohibition. Et ces deux thèmes sont assez présents dans le jeu comme nous le verrons par la suite. Mais revenons-en au scénario. Charles Reed est hanté par des visions qui le conduisent à accoster à Oakmont, ville fictive en proie à une mystérieuse inondation.

L’homme est là pour d’une part enquêter sur ces visions étranges et d’autre part sur cette inondation qui a mis la moitié de la ville sous l’eau. Déjà on sent l’inspiration de Lovecraft. Dans L’Appel de Cthulhu, le narrateur fait mention d’hallucinations collectives faisant apparaître aux victimes des créatures immondes venues d’ailleurs. Il faut savoir que le bestiaire lovecraftien est différent des monstres que l’on peut apercevoir dans la pop culture. L’auteur faisait apparaître ses monstres d’autres planètes, d’autres dimensions ou, comme c’est le cas ici, des abysses de nos océans.

Bref, revenons à l’histoire. Charles Reed se retrouve donc à Oakmont et va mener sa petite enquête en allant au cas par cas résoudre des mystères qui en dévoileront d’autres plus épais encore. Qui sont « ceux d’Innsmouth » aux visages poissonneux qui peuplent la moitié de la ville ? D’où viennent ces malbêtes, les créatures que vous affrontez, et pourquoi s’en prennent-elles aux habitants ? Et d’où viennent ces fichues visions qui vous hantent tout au long du jeu ?

Charles-ock Holmes

Niveau enquête, Frogwares sait y faire avec une dizaine de jeux Sherlock Holmes à leur actif le joueur est servi. Le titre comprend des quêtes principales et secondaires délivrées par les PNJ du coin. Il ne s’agit pas du pequin qui passe mais de la bibliothécaire, du médecin en chef de l’hôpital, etc. Dans les deux cas cela se passe toujours plus ou moins de la même façon. On vous donne une vague indication de là où il faut enquêter. Vous allez sur place et débarrasser l’endroit des monstres qui y sont. Vous récupérez tous les indices, faites vos conclusions et vous passez à la suivante.

Commençons par la map du jeu : on l’a dit, les indications sont vagues et il va falloir trouver vous-même où aller. Rien de bien compliqué, les indices vous donneront le nom du quartier et des rues, à vous de placer le point sur la carte pour vous y rendre. Si vous ne les avez pas, allez menez l’enquête aux archives des différents bâtiments municipaux pour trouver les indices manquants. Voilà ce que les développeurs sous-entendaient quand ils disaient que le joueur ne serait pas pris par la main et devrait réfléchir par lui-même. En soi l’idée est bonne mais les indices sont tout de même beaucoup trop flagrants pour réellement poser un problème.

Concernant l’enquête : il suffit de passer au peigne fin chaque pièce des bâtiments explorés pour en récolter tous les indices et ainsi assembler les pièces du puzzle. Parfois il faudra faire appel à votre sens de détective, représenté par une barre de santé mentale car déclenchable grâce à vos visions pour trouver des indices. Quand vous avez tout, vous devrez rejouer les scènes dans l’ordre chronologique afin de comprendre ce qu’il s’est passé afin d’avoir accès à de nouveaux éléments qui font progresser l’enquête.

J’ai vu une grosse bête

Vous vous en doutez mais se promener à Oakmont n’est pas une balade de santé. Déjà comme la ville est inondée il va falloir alterner entre vos pieds et les bateaux à moteur disséminés partout pour traverser certains canaux. Oui, comme à Venise, mais une Venise bien plus glauque. Les monstres étant apparus avec l’inondation, certains quartiers sont infectés et y pénétrer se fera à vos risques et périls. C’est faisable mais les monstres à l’intérieur ne vous feront pas de cadeau. Et pourtant Charles Reed a un arsenal des plus riches dans son sac à dos.

Et il en a bien besoin car les monstres sont coriaces, tout comme les quelques humains que vous croiserez. Vous commencez l’aventure avec un pistolet puis au fil de vos missions vous acquérez un révolver, un fusil à pompe, un fusil et une mitraillette. Côté accessoires vous avez des pièges à loup, des grenades, des cocktails molotov et des briques à lancer. Et on n’oublie pas les fameuses trousses de soins pour le corps et pour l’esprit. Vous êtes à court ? Pensez à en ramasser ou à en crafter avec les composants trouvés en route ou offerts en fin de mission.

D’ailleurs vous devrez songer à économiser vos munitions car celles-ci sont (très) limitées. Vous pouvez baisser le niveau de difficulté des combats et des énigmes (cela n’affecte pas les trophées) pour être sûr de toujours en avoir sous le coude. Au début de The Sinking City on nous explique que les dollars n’ont plus cours à Oakmont et que tout se monnaye en cartouches. L’idée est bonne mais elle s’arrête là puisqu’aucun marchand n’est présent dans le jeu pour vous vendre des composants en échange de cartouches. C’est bête.

Quelques points noirs

Ce n’est pas le seul bémol de The Sinking City. Souvenez-vous en introduction nous vous parlions de racisme et de prohibition dans le titre. Ces thèmes sont si importants qu’il y a même un disclaimer au début du jeu qui précise qu’il faut replacer tout ça dans le contexte de l’époque. Et effectivement dans le jeu Reed est en permanence traité d’étranger, comme « ceux d’Innsmouth », et les habitants vous enverront des piques bien senties si vous venez les bousculer. Même les PNJ qui viendront vous demander de leur rendre service n’hésiteront pas à vous malmener verbalement, c’est dire ! Malheureusement cela n’aura aucune incidence sur le gameplay, les gens se contentent de mal vous parler. Certes cela renforce le sentiment d’exclusion du jeu et l’appartenance à son époque, mais on aurait aimé plus de répercussions.

Côté technique nous sommes mitigés. La ville est poisseuse à souhait, bien glauque comme il faut, mais est plombé par un clipping extrêmement prononcé. Les éléments du décor popent à quelques mètres devant vous lorsque vous avancez et les PNJ apparaissent aléatoirement. Faites un 360° avec la caméra pour voir de nouvelles têtes ! Gros point noir aussi sur les temps de chargement quand on appuie sur le tactile ou sur Options pour aller au menu : le temps de latence est hallucinant. Niveau maniabilité Reed est agréable à contrôler dans ses phases d’enquête mais la rigidité des combats en fait un argument de plus pour les fuir : les créatures bondissent pour vous éviter tandis que vous galérez à les suivre au viseur pour les mettre au tapis. Heureusement qu’on peut taper au corps à corps.

Enfin, le jeu est un poil trop sombre, même si cela est voulu pour la direction artistique. Alors oui on a une lampe torche mais elle ne sert pas à grand-chose dans les rues par exemple. Le cycle jour/nuit est assez bizarre, avec des jours qui durent quelques minutes et des nuits interminables. La pluie est sans cesse de la partie mais cela ne pose pas trop de problème vu que c’est la thématique du jeu. On notera l’absence de collectibles (hors ceux réclamés en quête) et la présence de costumes alternatifs qui n’ont d’autres buts que de changer l’aspect physique de Reed. Cela peut donner des situations cocasses : quand on le voit avec sa tête de dépressif surmontée d’un bob de marin détrempé on ne peut s’empêcher de rire !

Un bon jeu malgré tout

En conclusion, The Sinking City est un bon jeu d’enquête qui tente quelques incursions dans l’action avec plus ou moins de succès. Les différentes intrigues, primaires comme secondaires, sont bien ficelées et on aime les suivre jusqu’à leur dénouement. Comme les indices sur les prochaines choses à faire se cachent dans les documents on les lit tous et on découvre que les développeurs ont beaucoup bossé sur le background du jeu. L’univers de Lovecraft est bien là et transpire par les pores de la peau à chaque décor du jeu. Certes le titre n’est pas exempt de défauts et avec le temps certains confinent à la lourdeur. Mais dans l’ensemble si vous aimez vous laisser emporter comme devant un bon livre, alors il s’agit très certainement d’une bonne pioche.

Points positifs

  • Une enquête très prenante
  • Une ville poisseuse à souhait
  • L'univers de Lovecraft très présent
  • Le jeu est localisé en français
  • Les passages sous-marin

Points négatifs

  • Du clipping à tout va
  • La rigidité des combats
  • Les temps de chargement

Note

Graphismes 65%
Bande son 70%
Prise en main 66%
Plaisir de jeu 74%
Durée de vie 69%
Conclusion

The Sinking City tente le pari d’allié enquête et action pour un résultat mitigé. On sent que les développeurs viennent des jeux Sherlock Holmes car l’histoire et les phases d’enquête sont aux petits oignons. A contrario, les phases d’action pêchent un peu et dans la plupart des cas on préférera fuir les combats superflus. Notons tout de même que le jeu est intégralement localisé en français et que le jeu d’acteur est convaincant. Reste quelques petits défauts qui viennent plomber le résultat global et qui à force peuvent devenir énervant.

Mais au final si vous aimez mener des enquêtes atypiques et que l’univers de Lovecraft vous titille, vous devriez trouver votre compte avec ce titre. On plonge rapidement dedans et même si on met un petit temps à comprendre les mécaniques du titre, on se prend vite au jeu. La ville semi-ouverte devient notre terrain de jeu et on a envie d’en lever tous les mystères alors que ceux-ci deviennent de plus en plus épais.

Note finale 69% Allô à l'eau

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