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Test : MotoGP 18, véritable révolution ou poudre aux yeux ?


Fiche jeu

En amont de la sortie de MotoGP 18, Milestone nous a bien vendu son soft en évoquant les nouvelles techniques de capture des véritables environnements ou encore, la présence inédite de l’Unreal Engine 4. L’ennui, lorsque l’on en fait autant, c’est que les joueurs s’attendent forcément à un résultat stratosphérique. Est-ce le cas ? Réponse dans notre test de MotoGP 18, réalisé sur consoles Playstation 4.

MotoGP 18 : de nombreux -gros- sacrifices…

Avant toute chose, que les puristes du deux roues et de son histoire soient prévenus, Milestone a tout bonnement supprimé toutes les motos et catégories d’antan…En clair, seules les quatre catégories actuelles (Red Bull Rookie Cup, Moto2, Moto3 et MotoGP) sont de la partie et uniquement la saison en cours (2018). Vlan, grosse douche froide pour les anciens fans de Loris Capirossi, Max Biaggi et autre Regis Laconi….

Ici, seul le mode carrière, le mode championnat et les classiques modes de jeux sont au rendez-vous. Et pour couronner le tout, plus possible non plus de jouer à deux via un écran splitté ! Le mode management introduit dans la dernière version ? Aux abonnés absents ! Vraiment, on a le sentiment que l’équipe de développement a complètement sacrifié son contenu sur l’ hôtel de l’amélioration technique et visuelle. Difficile à avaler malgré tout.

Pas de révolution graphique, malgré l’ Unreal 4

Alors, compte-tenu de ces sacrifices, l’on imagine que MotoGP 18 est une authentique perle vidéoludique sur tous les autres plans !? Malheureusement, non. Graphiquement, l’amélioration par rapport au précédent opus n’est pas flagrante. Toutefois, les rendus de pistes mixtes, c’est à dire humide mais s’asséchant; et même du tarmac totalement mouillé sont très réussis (ainsi que les effets de pluie, de manière plus générale), mieux que dans MotoGP 17. On note aussi, de nouvelles animations dans les gradins avec notamment des fumigènes, qui offrent un peu plus de dynamisme et une meilleure atmosphère, sans pour autant révolutionner son style initial. Concernant les décors, dans certains cas, ils se sont bien améliorés, comme le Grand-Prix de France. Dans d’autres, on a quasiment le sentiment d’un copié collé, comme l’épreuve du Qatar et quelques autres. Bon, pour l’heure, on est sur du Milestone donc, comme toujours, un certaine inégalité visuelle règne dans le soft.

MotoGP 18 : des tracés plus fidèlement retranscrits

En revanche, effectivement, la fidélité des circuits, de leurs surfaces (type de tarmac, aspérités, etc.) et de leurs environnements ont bien progressé, offrant un degré de réalisme très satisfaisant. Beau boulot sur ce plan, donc. Les motos, de leur côté, étaient déjà bien réalisées auparavant et elles gagnent un iota de finesse, du moins en mode plan serré. Car à distance, on reste déçu du rendu visuel, surtout lors des replays. Milestone annonçait aussi avoir retravaillé les pilotes et leurs visages. Là encore, progrès il y a, bien que, à nouveau, une certaine inégalité soit à dénoncer. Mais clairement, les têtes des compétiteurs sont plus facilement reconnaissables et offrent d’avantage d’expressions. Encourageant.

Par contre, de vrais déchets techniques sont encore de la partie, avec des bugs visuels parfois gigantesques et franchement indignes d’une telle licence. Clairement, Milestone a été trop ambitieux et a manqué de temps pour boucler son soft. Dommage, mais l’on espère que l’équipe en charge du développement se servira de cet opus 2018 pour produire un MotoGP 19 irréprochable. Autre désagrément, les temps de chargements, vraiment trop longs…

Autre amélioration annoncée, la physique des deux roues. Sur ce point, nous allons dans le sens de Milestone qui a retouché, tout d’abord, la gestion des contacts entre pilotes. Tenter un dépassement suicidaire ou un freinage de folie en s’appuyant sur un concurrent n’est plus aussi facile à réaliser qu’au préalable, bien que toujours possible (avec un peu de finesse et un angle d’attaque moins franc).

Un gameplay retravaillé, boulot qui porte ses fruits

Mais c’est surtout dans le domaine de la prise en main que le travail de Milestone se ressent. Les sensations, sans être comparables à celles délivrées par une pure simulation, se montrent bien plus réalistes. Nous avons noté, en particulier, le travail (réaliste) des suspensions, qui se constate facilement sur les pistes bosselées. Une facette très importante puisque susceptible de vous mettre au tapis en cas de mauvais réglage, en particulier sur un sol humide. Surtout, cet aspect confère une importante dose de plaisir, de nature à faire oublier les défauts du soft.

Au freinage aussi, la physique des motos s’est bien améliorée, les deux roues faisant étalage de ce que représente le transfert des masses, avec une machine qui louvoie, part en dérive, mais jamais de manière excessive. Enfin, à moins d’une erreur de pilotage, mais vous en porterez toute la responsabilité ! Résultat, même avec un simple pad, on découvre des sensations vraiment trippantes, dans ce MotoGP 18, notamment dans les courbes rapides, sur piste humidifiée, un véritable régal. Et puis, pour les « vrais », un passage par la case réglages offre des solutions en vue d’améliorer sa machine car, en difficulté maximum, il va falloir vous accrocher pour battre vos adversaires. Heureusement, un ingénieur traduira votre ressenti au guidon, grâce à un ingénieux système de questions vous permettant de rester dans votre rôle de pilote, sans lorgner sur celui de l’ingénieur de piste. Pratique, rapide, on LIKE.

Mais pour vraiment mettre toutes les chances de votre côté, il vous faudra développer votre machine en passant par différents postes tels le moteur (poids, puissance), les freins ou encore, l’aéro. Mine de rien, bien que le menu des améliorations soit un peu trop basique à notre goût (s’inspirer de F1 2017 serait une brillante idée…), ces modifications se ressentent immédiatement sur la piste. Alors, pour aller plus haut (rien à voir avec Tina…), il faudra signer les meilleurs résultats possible, histoire de remporter suffisamment de points d’expérience, utiles pour développer votre machine. Et évidemment, moins vous activerez d’aides au pilotage, plus les gains seront conséquents.

Toujours concernant ce mode histoire, détail d’importance, il est possible de passer d’une catégorie à une autre en cours de saison. A titre d’exemple, nous avons eu 4 propositions de contrats en Moto2 après avoir remporté les quatre premiers Grand-Prix de la saison en Moto3. Bonne chose ? Mauvaise chose ? Dans le domaine, chacun aura son avis. De notre côté, nous avons trouvé cela plutôt fun, sachant qu’il est toujours possible de refuser les contrats en question.

Toujours est-il que, Si MotoGP 18 manque clairement de contenu en matière de modes de jeux et de motos, la carrière fait parfaitement le job, avec de petites améliorations qui la rendent plus accrocheuse et excitante qu’auparavant. Rien de révolutionnaire mais le résultat final nous a convaincu. Evoquons, enfin, l’ Intelligence Artificielle, un poil plus subtile et surtout, qui a bien élevé son niveau de jeu. Plus pugnace, elle reste toutefois à l’origine de quelques comportements irréalistes. Imparfaite, donc, mais de meilleure facture.  Les amateurs de courses à la TV apprécierons, aussi, le respect des qualités de certains pilotes sous la pluie. Ainsi, dans des conditions humides, les Crutchlow, Miller et autre Marquez seront régulièrement devant, comme dans la réalité…Sur le sec, en revanche, les classements ne sont pas toujours 100% fidèles au réel. Pour pinailler, abordons le sujet du « flag-to-flag », toujours absent de la licence mais aussi des choix de gommes, l’ I.A procédant toujours à la même sélection, par défaut.

Points positifs

  • Des sensations de pilotage (physique des motos) en net progrès
  • Superbe rendu des courses sous la pluie
  • Mode carrière amélioré et fun à pratiquer
  • Tracés très fidèles au réel, dans leurs contours et aspérités
  • Meilleure gestion des chocs
  • I.A moins stupide et surtout, plus accrocheuse, mais encore perfectible

Points négatifs

  • Des bugs visuels voire, sonores
  • Les temps de chargements...
  • Certains environnement encore trop vides et simplistes
  • Disparition totale des catégories et motos "historiques"
  • Plus de mode deux joueurs en écran splitté
  • Pas assez de modes de jeux/défis

Note

Graphismes 71%
Bande-son 77%
Prise en main 83%
Plaisir de jeu 90%
Durée de vie 62%
Conclusion

En sacrifiant une bonne partie du contenu de sa licence, Milestone a pris un gros risque. Car celles et ceux affectionnant plus que tout le pilotage d’anciennes Motos issues de la 500cc ou encore, de la 250cc, seront très déçus, ces machines et leurs pilotes ayant tout bonnement disparu. Autres absents, le mode deux joueurs en local ou encore, me mode management…Pourquoi tant de suppressions ? Question de temps, probablement…

Car cette année, le studio anglais souhaitait se concentrer sur le rendu des circuits et environnements mais aussi, sur l’amélioration de la physique, du gameplay et de l’intelligence artificielle. Dans tous ces domaines, du mieux est à noter, en particulier en matière de sensations de pilotage. le Transfert des masses est plus réaliste que jamais et le comportement des deux roues sur des bosses, sous la pluie ou au freinage sont vraiment de bonne facture.

Graphiquement, une amélioration est notable mais elle reste très légère. Mention spéciale, à nouveau, pour le rendu de météo, souvent le point fort de Milestone. Nous déplorerons tout de même la présence de bugs visuels (voire, sonores…) et de temps de chargements vraiment longuets. Néanmoins, les aficionados apprécieront le rendu des moteurs, plus proches du réel ainsi que le mode carrière, point d’orgue d’un soft très économe en matière de contenu.

Pour atteindre une meilleure note, un mixage entre le contenu de MotoGP 17 et les améliorations techniques de MotoGP 18 aurait été idéal. Rendez-vous l’an prochain ?

Note finale 77% Mieux, mais moins étoffé...

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