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Nintendo : et si la Switch pro (ou 4K) n’était plus une hybride/portable ?


Cela bouge, sur le marché des consoles de jeux vidéo, depuis les annonces liées aux sorties prochaines des PS5 et XBox Series X. Et de son côté, Nintendo ne semble pas décidé à rester les bras croisés. Puisque tout porte à croire qu’une console Switch améliorée verra le jour ces prochains mois. Mais au final, ne nous trompons-nous pas sur son concept ?

Nouvelle Switch : combler un vide sans concurrencer la « famille » ?

Depuis que nous savons qu’une console Switch plus puissante verra le jour, nous tentons de la positionner, stratégiquement, par rapport à ses soeurs, les Switch et Switch Lite. La première est une console hybride, la seconde une console portable exclusivement. Alors, s’il y a bien une (mince) fenêtre qui permettrait à deux consoles hybrides de cohabiter à Kyoto (comme expliqué dans une récente analyse, à lire ici), une solution plus simple, plus radicale aussi, existe.

En effet, lancer une Switch 4K ou Pro qui disposerait exactement des mêmes fonctions que la Switch classique (c’est à dire, une console hybride portable/de salon) resterait dangereux. Avec le risque de voir disparaître le tout premier modèle, si le tarif est proche. Car à moins de proposer la next-gen de Nintendo au-delà de 500 euros l’unité, il y aura concurrence entre les deux machines. Sachant qu’à terme, à fonctions identiques, tout le monde voudra le modèle le plus puissant.

Autre problème qui vient d’apparaître, la concurrence de Microsoft. En effet, la firme américaine va proposer un modèle en entrée de gamme à 299 euros. Soit le prix de la Switch actuelle. Qui devra donc baisser nécessairement de tarif, plus ou moins tôt. Le gouffre de puissance entre les deux étant ce qu’il est. Bien que Nintendo puisse s’appuyer sur un concept que personne d’autre que lui ne met en oeuvre.

Mais cela signifie aussi qu’avec sa Switch 4K ou Pro, Big N ne pourra pas abuser sur le prix. A moins que cette console ne dispose de performances similaires à celles de la Xbox Series X. Ce sont nous doutons grandement. Aussi, nous devons miser sur un hardware dont le tarif n’excédera pas les 399 euros. Soit plus cher que la Xbox Series S, qui devrait être plus puissante. Mais qui ne disposera pas de la ludothèque de jeux Switch, extrêmement vaste. Puisque les jeux seront compatibles d’une console à l’autre. Attention toutefois car, à 399 euros, il y aura aussi la PS5 d’entrée de gamme.

Nintendo Switch Pro : une console plus « classique » ?

Et dans cette équation difficile à résoudre pour la firme de Kyoto, Nintendo va peut-être devoir faire de sa Switch next-gen une console « différente » des autres. Alors nous avons eu une idée brillante (non, non, nous n’avons pas le melon, c’est du second degré assumé, d’autant que « l’idée » en question n’est pas fraîche). Et si cette Switch pro n’était tout bonnement plus portable du tout ? Ainsi, au lieu de concurrencer la Switch classique et la Switch Lite, Nintendo dédierait sa troisième console exclusivement aux gamers souhaitant jouer à domicile.

L’intérêt, en perdant la fonction nomade, étant aussi d’optimiser la résolution et la fluidité des jeux sur écran de TV, peut-être avec de la 4K (native ou non) en supplément. Surtout, c’est l’amélioration de la capacité de stockage, la mémoire, qui permettrait d’offrir des jeux plus costauds techniquement. Car, si certains studios sont parvenus à faire des miracles (Doom, Wolfenstein, The Witcher 3), beaucoup de portages zappent la console hybride, en raison de l’important travail d’optimisation à réaliser, pour faire tourner des jeux gourmands sur la console de Nintendo.

La capacité de stockage, le nerf de la guerre

Et, nous le savons toutes et tous, Big N a la volonté dé séduire à nouveau tous les gamers, avec les jeux matures que proposent les éditeurs tiers. Reste à définir si cela passerait par une modification du support cartouche actuel. Un nouveau format, additionné à un port acceptant les jeux Switch et Switch Lite ? Difficile à imaginer, car alors, les possesseurs de Switch actuelles ne pourraient pas jouer aux jeux next-gen. Il faudra donc bien se débrouiller avec les cartouches actuelles, en offrant un réel supplément de stockage aux éditeurs/développeurs tiers. A ce niveau, donc, difficile de savoir ce que Kyoto a prévu de faire. On espère juste qu’il fera le bon choix.

Alors, pensez-vous peut-être, une Switch Next-gen qui ne serait plus portable serait une idée saugrenue ? Pourquoi ? La Switch Lite a bien cassé le concept initial de l’hybride, pour devenir une console purement portable. Alors, oui, nous y croyons, surtout que l’abandon de la fonction nomade permettra aussi de réduire les coûts (développement et production notamment). Une économie non-négligeable qui se reportera inexorablement sur le prix de vente de la console.

Nintendo Switch Lite et Switch Classique, le duel

La difficulté de se positionner au « juste prix »

Du coup, le tarif de 400 euros évoqué plus haut pourrait devenir nettement moins. Sachant que cela dépendra aussi de la tarification des autres consoles de la gamme. Et si la version Lite devrait conserver son prix de 199 euros, la version classique a de bonnes chances de passer à 249,99 euros. Ce qui laisserait un créneau à la Switch next-gen, pour attaquer sur du 349,99 euros. Voire moins, sachant que l’entrée en jeu de Microsoft a peut-être incité Nintendo a modifier ses plans et donc, ses marges. Ou pas, selon les choix techniques de Nintendo. Effectivement, si la Switch Pro/4K venait à se contenter d’approcher les capacités d’une PS4 Pro ou d’une Xbox One X, alors l’affrontement technique n’aurait tout bonnement pas lieu. Mais dans un premier temps, cela serait sans doute suffisant pour disposer de jeux next-gen (PS5/Series X) sur Switch.

D’autant que Nintendo a récemment confirmé que sa console actuelle n’en était qu’à son milieu de vie. Autrement dit, pour découvrir une toute nouvelle machine, offrant une architecture inédite et un concept novateur, il faudra sans doute attendre au moins 3 ans. Ce qui laisse du temps et de la place pour une ou plusieurs déclinaisons de la Switch actuelle.

Toujours est-il que, pour revenir à notre sujet, nous aurions alors trois consoles aux prix différents et aux fonctions/cibles distinctes. Une portable à moins de 200 euros, une hybride à 250 euros (avec des graphismes moindres que la pro, mais capable de jouer en déplacement) et une console de salon pure, beaucoup plus puissante, vendue -en étant larges- entre 299 et 399 euros. Maintenant un risque subsisterait à savoir, celui de nuire tout de même à la Switch classique en tentant les joueurs de s’offrir une Switch Pro + une Switch Lite. Ce qui rendrait la Switch classique obsolète.

Nintendo dans un numéro d’équilibriste

Et puis, surtout, le hardware en question ayant obtenu sa réussite populaire et historique essentiellement grâce à son concept hybride, les joueurs pourraient se sentir perdus et même, trahis. Aussi, quelle que soit l’architecture de sa prochaine machine, Nintendo a un vrai problème à résoudre (qui est, d’ailleurs, peut-être déjà résolu), entre ses consoles déjà en vente et la concurrence. Avec cette difficulté à trouver un bon équilibre entre performance pure, prix et innovation. Aussi, sommes-nous bien curieux de découvrir comment le père Mario va s’y prendre pour gagner cette partie, bien délicate à négocier…