Test

Test de Yesterday Origins : vivre, mourir et tout recommencer sur Switch


Fiche jeu

Aaah les point’n’click, ce genre si particulier qui a du mal à trouver son public (alors qu’il existe !). Il a connu un véritable âge d’or dans les années 90 grâce aux productions de Lucasarts et Sierra puis une seconde jeunesse dans les années 2000 avec notamment Pendulo Studios et sa série des Runaway. C’est d’ailleurs à Pendulo que l’on doit Yesterday et sa suite dont on va parler aujourd’hui : Yesteday Origins.

Comme si c’était hier

Yesterday est sorti pour la première fois sur PC en 2012. Le studio Pendulo, auréolé du succès de la trilogie Runaway et de The Next Big Thing décide de lancer un tout nouveau titre : Yesterday. Si le mot signifie « hier » en anglais, il s’agit aussi du nom du personnage principal, prénom John. Le titre raconte l’histoire de cet être immortel condamné à vivre éternellement. A chaque fois qu’il meurt il perd la mémoire et son corps reprend l’apparence qu’il avait au moment où cette malédiction l’a frappé. Si le jeu a été salué pour l’originalité de son scénario, il a été décrié pour sa durée de vie qui n’excédait pas les 3h.

Envers et contre tout, Pendulo a annoncé la sortie d’une suite en 2016. Baptisée Yesterday Origins, elle se passe cependant bel et bien après le jeu original. Nous reprenons donc l’histoire avec un John Yesterday conscient de son « pouvoir » accompagné de sa petite amie qui a été transmutée également. Le titre va donc nous raconter comment John, alias frère Yago, a été transformé à l’époque de l’inquisition espagnole.

Le titre a connu un petit succès d’estime, avec un titre toujours aussi sombre mais plein d’humour, un scénario cette fois plus long (comptez 6/7h selon votre progression dans les énigmes) et un système de réflexion intéressant et original. Du coup, un portage sur Switch est de mise ! Voyons donc ce qu’il apporte (ou pas).

Bon jeu, service minimum

Disons-le d’entrée de jeu, le portage de Yesterday Origins ne paye pas de mine. Identique aux versions PC et consoles (dans ce type de jeu ce ne sont jamais des graphismes de fifou), on retrouve donc cette petite patte graphique propre à Pendulo. Même s’il s’agit d’un point’n’click ici on déplace directement notre personnage pour l’amener où on veut sur l’écran. A l’approche des zones interactives celles-ci se dévoilent avec la touche A qui apparaît à l’écran et qui permet d’interagir avec. Pas de tactile en mode tablette, tout se fait aux sticks et aux boutons. Pas étonnant, vue qu’il s’agit parfois de faire la chasse au pixel afin de trouver les objets qui nous intéressent.

Là où Yesterday Origins est innovant c’est dans l’utilisation de l’inventaire et la résolution des énigmes. En effet vous devrez justifier au jeu chacune de vos actions : vous voulez utiliser tel objet à cet endroit ? Pourquoi ? Pour cela, le jeu distingue l’inventaire matériel et l’inventaire des indices. Il faut donc avoir tous les éléments en main avant de lancer une action. Il vous manque quelque chose ? Observez vos objets, observez votre personnage, vos interlocuteurs, creusez vos indices et de nouveaux apparaîtront.

C’est ça aussi qui est appréciable avec Yesterday Origins : les énigmes sont logiques. Il n’y a pas d’association farfelue d’objets à la McGyver où un trombone et un chewing-gum vous permettront de fabriquer une grenade. Ici, la solution est logique et si elle ne fonctionne pas, c’est que vous n’avez pas encore tout ce qu’il faut. Continuez à chercher ! Ce qui fait qu’avec un peu de jugeote et de bon sens, on progresse plutôt vite dans le jeu.

On change de tableau régulièrement, on passe entre différentes époques également. Il arrive même que l’on contrôle brièvement d’autres personnages. L’intrigue se déroule sous nos yeux avec un savant mélange d’ésotérisme et de thriller. On prend vraiment du plaisir à avancer dans l’histoire d’autant plus que le titre est intégralement doublé en français ! C’est un vrai plus pour l’immersion et un bonheur pour le joueur que de s’entendre parler dans sa langue.

Malgré tout, on reste sur une petite impression de bâclé : au final pas de bonus pour ce portage, rien à débloquer, même pas des petits croquis préparatoires ou quoi. Rien. Si vous aviez fait le jeu sur d’autres plateformes avant, la version Switch ne vous apportera rien si ce n’est le plaisir de jouer en nomade. En plus le jeu n’est pas très gourmand avec la batterie, ce qui permet d’en profiter vraiment pleinement.

Bref, Yesterday Origins est un jeu au-dessus de la moyenne mais un portage Switch un peu fainéant. Se contentant du service minimum, il permet tout de même de (re)découvrir cette aventure bien ficelée avec des personnages attachants et un univers unique. Bien sûr, faire le premier jeu est un plus pour comprendre l’histoire, mais le titre regorge de petites infos concernant son aîné afin que le néophyte ai le tableau d’ensemble sur John Yesterday et son destin tragique.

Points positifs

  • Une aventure immersive
  • Le doublage intégralement en français
  • Un système original de résolution d'énigmes original

Points négatifs

  • Pas de bonus par rapport aux autres versions
  • Le déplacement de John un peu erratique

Note

Graphisme 70%
Bande-son 76%
Prise en main 72%
Plaisir de jeu 79%
Durée de vie 72%
Conclusion

Yesterday Origins est un bon jeu mais un portage fainéant. On prend plaisir à suivre les aventures de John Yesterday, déjà parues en 2016. Sauf que voilà, il n’y a pas le moindre petit bonus, le moindre petit ajout de gameplay adapté à la Switch… Du coup on est mitigé sur ce jeu. Bien sûr la cible n’est pas ceux qui ont déjà fait le titre : ceux-là, à moins d’être atteints de collectionite aigüe, passeront leur chemin. Les autres peuvent foncer sur ce titre vraiment bon qui nous prouve que le point’n’click a encore de beaux jours devant lui.

Note finale 74% Cool

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