Test

Test de Syberia 3 sur Switch : sauvez les nomades en nomade


Fiche jeu

Un an et demi après sa sortie sur PC, PS4 et Xbox One, le troisième volet de Syberia atterrit enfin sur Switch.
Soit un an également après le portage des deux premiers volets dont vous pouvez retrouver les tests ici et ici. L’occasion pour les joueurs Switch amateurs de jeux d’aventure de découvrir cet opus qui peut tout aussi bien se savourer seul qu’en tant que suite des autres.

Kate Walker, avocate

Resituons très vite l’action de Syberia. Il s’agit d’une saga de point’n’click débutée sur PC en 2002 et créée par Benoît Sokal. Dessinateur et scénariste de bandes-dessinées, Sokal est l’homme à qui l’on doit les excellents Canardo, Paradise, Kraa et côté jeux vidéo L’Amerzone et bien entendu Syberia. Nous y suivons les aventures de Kate Walker une jeune avocate new-yorkaise venue dans un petit village des Alpes françaises pour négocier le rachat d’une usine d’automates. Seulement voilà, la propriétaire vient de mourir et le seul héritier est perdu dans la nature à la recherche de Syberia, une contrée mythique où vivent les derniers mammouths.

Kate va donc se mettre à la poursuite de cet homme, Hans Voralberg, et ses péripéties sont racontées dans les deux premiers jeux. Sachez juste qu’au fil de ses rencontres, elle changera sa vision du monde et décidera de se ranger aux côtés de Hans pour l’accompagner dans sa quête. Survient alors ce Syberia 3 qui commence au moment où Kate a été recueillie par une tribu de Youkols alors qu’elle était inconsciente dans la neige. Ceux-ci l’ont transportée à l’hôpital et c’est là que l’aventure commence.

On retrouve donc notre héroïne aux prises avec un personnel hospitalier des plus suspects et un Youkol amputé d’une jambe qu’il faut aider. Cela marque le point d’une nouvelle aventure aussi baroque que les précédentes et rien que pour ça, ça vaut le coup de lancer le jeu. Sokal réussit à faire baigner ces jeux dans une ambiance unique qui donne envie de se pelotonner dans un plaid auprès du feu tandis qu’il neige dehors et de lancer Syberia. On aime ces personnages atypiques, marqués, avec un doublage VF de qualité. Ce scénario qui nous emmène dans des décors uniques, des villes fantômes d’un autre âge… Il n’y a pas à dire, baroque est le terme qui colle le mieux à ce Syberia 3.

Techniquement faiblard

Ce genre de jeu vaut par son scénario et pour ne pas en dévoiler trop ici, nous allons passer à l’aspect technique du titre. Si la différence avec les deux premiers titres est flagrante (en même temps plus d’une décennie les séparent), on se retrouve face à un titre qui accuse un poil le coup en termes d’animations. Certains personnages, de près, ont l’air d’être taillés à la serpe. Les déplacements également sont raides et Kate Walker va souvent se heurter à des murs invisibles ou de tout petits obstacles qui l’empêcheront d’avancer.

Côté gameplay on oublie le point’n’click pour un contrôle direct de l’héroïne. Les déplacements, malgré les problèmes cités plus hauts, sont ainsi plus agréables et plus rapides. La progression se fait toujours à base de résolution d’énigmes et de dialogues avec des PNJ pour récolter des informations capitales. Pas de choix qui forgent le destin, pas de dilemmes moraux, on est ici devant du classique et disons-le : ça fait du bien. Les énigmes sont logiques, il ne faut pas se creuser les méninges pendant des heures pour les résoudre même si certaines demandent de faire des allers/retours un peu longuets.

Mais au final on se retrouve devant un titre très plaisant qui nous embarque dans un voyage dépaysant. Avec un doublage français qui fait intervenir la très talentueuse Françoise Cadol, connue pour avoir été notamment la voix de Lara Croft dans les premiers Tomb Raider. La musique n’est pas en reste et la B.O. composée par Inon Zur est tout simplement un petit chef d’œuvre. On regrettera aussi que le titre ne tire pas partie du tactile de la Switch, surtout qu’il faut par exemple ouvrir des tiroirs en faisant glisser le joystick vers le bas, ça aurait été sympa de le faire avec le doigt.

Au final Syberia 3 s’adresse aux amateurs de jeux d’aventure à l’ancienne et/ou à ceux qui ont fait les deux premiers jeux. Sans révolutionner le genre il vient apporter sa pierre au mythe qui s’est construit autour de l’œuvre de Sokal, à mi-chemin entre le film et la bande-dessinée. Clins d’œil, moments forts, paysages enchanteurs, on en prend plein les mirettes tout au long de l’aventure et si on arrive à passer outre les quelques défauts du jeu, nul doute qu’on arrive à passer un moment inoubliable.

Points positifs

  • Une aventure toujours aussi ennivrante
  • La VF d'excellente facture
  • Les musiques d'Inon Zur

Points négatifs

  • Des personnages graphiquement datés
  • Les murs invisibles
  • Les animations un peu raides

Note

Graphismes 62%
Bande-son 80%
Prise en main 67%
Plaisir de jeu 74%
Durée de vie 72%
Conclusion

Syberia était et reste un grand jeu d’aventure, scénaristiquement parlant. Les fans de cette saga seront ravis de retrouver Kate Walker dans une ultime aventure qui suit les traces des deux précédentes. Plombée par des animations datées, celle-ci se laisse toutefois parcourir avec plaisir car elle propose des décors avec la touche de Benoît Sokal qui paraissent sortir tout droit d’une bande-dessinée. Sans parler de la voix de Françoise Cadol et de la musique d’Inon Zur qui sont de vrais régals pour les oreilles.

Reste que cette version Switch n’apporte rien en terme de gameplay inhérent à la machine et on se retrouve avec exactement le même jeu sorti il y a un an et demi. Notons bien sûr l’ajout du chapitre supplémentaire qui était proposé gratuitement et qui permet de jouer avec Oscar l’automate le temps d’un court chapitre. Alors si vous découvrez la trilogie sur Switch cet opus est indispensable, si vous êtes fans, le fait de le faire en mode portable à son charme (mais vaut-il le coup de payer le jeu au prix fort ?). Et si vous voulez vous lancer dans un jeu d’aventure vraiment bien raconté, jetez-vous dessus. D’autant plus qu’une option sur le menu principal permet de se faire raconter les événements des deux premiers jeux.

Note finale 71% Convaincant

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